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Mercredi 25 février 2004 8ème contribution à la rubrique « L’expérience des autres », voici le récit de Sollisa, jeune femme de 31 ans partie à la quête de l’âme soeur sur internet !
« Pour parler de mon expérience Meetic, je suis toute débutante sur le sujet… Je me suis inscrite mi novembre 2003.
Je sortais d’une rupture amoureuse quelque peu douloureuse. Je commençais à me sentir réellement « libre » et je m’apercevais petit à petit de grands changements dans ma façon d’être : je devenais quelqu’un de plus original que les gens de mon entourage. Entourage trop classique à mon goût. A ce moment là, j’ai eu envie de rencontrer quelqu’un qui correspondait plus à mes nouvelles aspirations.
Sachant que :
- Les discothèques, ce n’est pas mon truc.
- Discuter avec des inconnus dans un bar sympa… Difficile pour moi.
- Les amis de ses amis, on en a vite fait le tour.
- Une vie professionnelle palpitante et prenante, une parfaite executive woman… Peu de temps libre en semaine sachant que j’en consacre déjà d’office un minimum pour faire du sport… alors pour le reste…
- Le boulot : pas question de mêler vie professionnelle et vie amoureuse malgré les opportunités qui s’y présentent régulièrement. Situation déjà vécue et absolument insupportable en cas de rupture.
Il fallait donc trouver un nouveau moyen de faire de nouvelles rencontres et surtout de rencontrer des hommes moins conventionnels que ceux qui m’entouraient : Internet s’est imposé ainsi comme un nouveau moyen pour multiplier ses chances : une démarche inconnue, nouvelle (pour moi), branchée et pleine de mystères…
« Connecting people », je me suis dit… Meetic faisait un matraquage publicitaire du tonnerre. Super efficace d’ailleurs car j’ai fini par m’y inscrire…
J’ai donc fait un bilan de mes atouts : pleine d’humour, plutôt cultivée, célibataire, bonne situation, épicurienne… Physique : quoi cocher ? Plutôt « agréable à regarder », on me le dit !
Je me suis retrouvée ainsi parachutée avec une annonce Meetic pour élargir mon cercle de connaissances et, qui sait, peut être rencontrer l’homme qu’il me fallait… avec quelques critères souhaités tout de même : plein d’humour, ouvert d’esprit, de préférence sportif, plutôt cultivé et avec un âge allant de 28 à 38 ans… Un homme à mon goût, plein de charme et avec lequel le courant passe bien, quoi !
Au début, je n’osais pas trop mettre ma photo, je n’étais pas à fond dedans… Et je me suis très vite aperçue que ne pas mettre sa photo était quelque chose de fortement rédhibitoire pour obtenir des réponses de jeunes gens… Mon orgueil en a pris un coup.
Photo + scan de la photo. On m’a suggéré le noir et blanc qui faisait plus glamour… alors photo sur Meetic en noir et blanc !
Quelques contacts par ci par là… Quelques phases de découragement… Je m’apercois que consulter trop souvent les annonces Meetic commence à me faire perdre les pieds de la réalité. En effet, je me suis surprise en train de commencer à faire des trucs que je critiquais :
- Ne pas répondre aux annonces sans photos.
- Par le fameux « meet shake », on a accès à certaines fiches répondant à ses critères et on a un arc-en-ciel de photos masculines ! Et au lieu de regarder toutes les fiches, je ne regardais que les fiches dont les photos me plaisaient. Du coup, prise la main dans le sac à ne regarder de prime abord que le physique alors qu’en réalité je suis essentiellement branchée par l’esprit et l’humour d’un homme… je commençais à avoir les mêmes types de comportements que ceux que je critiquais… Beurk…
Commençant à trop consulter Meetic, branchée sur mon ordi, je sortais moins… et je commence à me rendre compte que les rencontres internet peuvent si on n’y prend pas garde te faire perdre les pieds avec la réalité, te faire te comporter en « consommatrice » de rencontres…
Bilan de la démarche à l’heure actuelle après avoir osé mettre ma photo, début janvier 2004 :
- Des mails reçus d’une qualité parfois discutable… Sans être du même accabit que l’appât d’Anadema sur la fausse fille Meetic, je me suis retrouvée à recevoir quelques mails du même style qu’elle. Véridique… Voir « Une belette pour des blaireaux »…
- Des mails envoyés en prenant mon plus beau sourire devant l’écran et à mon avis plutôt originaux et marrants et… pas de réponses. Plutôt agaçant…
- Des mails envoyés et des réponses intéressantes : 2 rencontres sans suite. Un intense échange de mails suivi d’un silence total… Un truc absolument rocambolesque et assez déstabilisant.
- Et quelques petits trucs en cours à voir… Sans compter la résolution de peut-être abandonner ce moyen de rencontres et surtout de me consacrer plus activement aux autres moyens pour faire intervenir Cupidon !
Meetic est UN moyen de faire des rencontres mais pas LE moyen de faire des rencontres. Pour entreprendre de rencontrer des hommes sur internet via un site de rencontres, il faut être suffisammant fort pour prendre assez de recul vis à vis de ses échecs relatifs. Voilà donc pour ma vision à l’instant T des rencontres internet… Peut être changerai-je d’avis ultérieurement ? En tout cas, j’ai décidé de prendre cela moins à coeur et de me concentrer plutôt sur ma « vraie vie », c’est-à-dire pratiquer plus d’activités concrètes : plus de sport en club car je suis une grande sportive (on rencontre beaucoup de gens en club…) et cultures via des séminaires sur ce que j’aime… Le but étant bien sûr de mieux m’épanouir moi-même afin de mieux pouvoir m’épanouir à deux. Je vais laisser faire le destin tout en le provoquant un peu.
Point positif, car je suis quelqu’un de « foncièrement » positif, je me sens actuellement réellement célibataire et prête à rencontrer quelqu’un… d’une façon ou d’une autre. »
Dimanche 22 février 2004 En nous quittant mardi, Lize et moi nous étions convenus de nous revoir dimanche (aujourd’hui même !). Elle ne pouvait pas de toute la semaine parce qu’elle partait deux jours à Strasbourg pour raison professionnelle et qu’une fois rentrée jeudi ou vendredi, elle voyait sa soeur la majeure partie du week-end.
Je lui ai donc promis de lui « réserver » mon dimanche.
Je lui ai passé un coup de fil, hier, vers 17h30 pour lui faire un petit coucou. Elle n’a pas décroché (ou n’a pas entendu son téléphone…). Je lui ai laissé un message, lui disant que j’essaierai de la rappeler plus tard.
Pas de nouvelles.
Je tente de la rappeler vers 22h30. Idem : 4 sonneries dans le vide et répondeur… Je n’ai pas laissé de message.
Elle ne m’a pas rappelé.
Ce matin, je reçois un SMS de sa part :

Pourquoi attend-elle dimanche matin pour me dire qu’elle n’est pas rentrée ? Pourquoi ne m’a-t-elle pas répondu ni rappelé, hier ? Pourquoi a-t-elle besoin de « pouvoir » me téléphoner ?!
Son « obligation » de rester à Strasbourg est crédible parce qu’elle y a vécu un certain temps et qu’elle a des choses à y faire.
Mais soyons honnêtes deux secondes : Si le cas était inverse et qu’il s’agissait du comportement d’un homme, par exemple de 45 ans, vis à vis de sa nouvelle copine, tout le monde crierait : « il est marié, c’est clair comme de l’eau de roche !!!!! ».
D’ailleurs, ça me rappelle qu’elle a déjà eu une liaison avec un homme marié de 45 ans… Il lui a peut-être filé des tuyaux ! Chez qui est-elle à Strasbourg durant toute une semaine si elle y est vraiment ? Tout est plus que flou !
Il est évident qu’elle me cache quelque chose et je le lui souhaite parce que ça voudrait dire sinon qu’elle a de sérieux problèmes dans ses relations aux autres…
Espère-t-elle tirer de ce jeu de cache-cache mon assujettissement ? Est-ce une façon de fuir ? Est-ce de la bête négligence ? Dans tous les cas, je n’ai définitivement plus aucun scrupule à ne considérer cette relation que comme une passade. Et pardon d’en avoir eu.
En conclusion : sur le moment, à la réception de son SMS, NON, je n’étais pas triste mais OUI j’étais énervé.
Ma quête active pour trouver la fille formidable se poursuit immédiatement, en parallèle avec cette relation à la petite semaine.
Etrange Lize… Au fait… J’attends toujours son coup de fil…
Jeudi 19 février 2004 Je n’ai pas répondu à ses mails mono-lignes… Lize ne m’a pas donné plus de signes de vie par la suite… Sans surprise, donc.
La tentation, dimanche dernier, de voir si je la croiserais sur MSN a été suffisamment grande pour que je mette mon Messenger en ligne. De plus en plus brûlé par la désir de connaître le fin mot de toute cette l’histoire, d’essayer de percer enfin le fond de ses pensées, mon émotion est grande lorsque je la vois enfin se connecter en fin d’après-midi…
Bien entendu, je feins de ne pas la voir et je reste muet ! Au bout de quelques minutes, Lize me décoche enfin le premier mot :

Nous nous quittons simplement. Elle m’invite dans le futur à lui proposer de boire un verre avec elle.
Ce comportement teinté d’absences, de disparitions, de silences semble la norme pour elle… et je suis à peine sûr qu’elle ait saisi le sens de mon irritation. Pour ma part, je savais à quoi m’attendre puisqu’elle m’avait déjà fait des coups similaires auparavant…
Si je ne l’ai pas prise dans mes bras quand elle était venue chez moi, en dehors du fait qu’elle ne me fait pas tant craquer que ça, je pense que c’est lié au fait qu’elle avait repoussé 4 fois de suite mon invitation et que j’avais le sentiment – certes faux – qu’elle venait chez moi un peu à reculons.
Dès lors se dessinent devant moi deux choix :
- je laisse tomber tout de suite et définitivement cette relation.
- je tente malgré tout avec elle ce qui ne pourrait être qu’une petite relation amoureuse bancale.
Je décide d’opter pour la seconde solution : vraiment rien à perdre… Je décide, lundi, de lui envoyer un SMS pour lui proposer de boire un verre, mardi soir.
A ma grande surprise, elle accepte sans reports interminables…
LA QUATRIEME RENCONTRE (mardi 17 février)
Nous nous retrouvons comme les autres fois à Châtelet. Nous partons prendre un verre au Benjamin, rue de Rivoli… l’occasion de nous expliquer l’un et l’autre, confortablement installés, et de retrouver un peu de cordialité au cas où nous en aurions perdu. Je lui parle d’épilogue quand elle me parle de retrouvailles… mais l’ambiance est plutôt sur le ton de l’autodérision !
Nous nous levons 2 petites heures plus tard pour aller en quête d’un autre endroit. Nous traversons la Seine en direction de St Michel. Juste avant d’entrer dans notre crêperie attitrée, je la prends dans mes bras et l’embrasse. Je suis content de sentir qu’elle le souhaitait. Nous entrons dans la crêperie et nous trouvons un petit coin tranquille pour discuter. En tête à tête. Pas très pratique.
Sitôt régalés, nous partons à la recherche d’un troisième bar qui voudra bien nous ouvrir ses portes jusqu’à 02h00. Nous en trouvons un aussi sympathique que design avec une large banquette pour nous assoir l’un à coté de l’autre. L’occasion de pouvoir nous embrasser à volonté.
Nous nous revoyons dimanche.
Peut-être n’est-ce encore que de la timidité mais je ne la sens pas très câline. A confirmer…
« Petite » relation – sans doute – mais il me semble que j’ai bien le droit de m’accorder ça après ces longs mois de quête assourdissants…
Samedi 14 février 2004 Pffff… N’importe quoi cette Saint-Valentin… Vraiment qu’une fête commerciale ! :evil:
Vendredi 13 février 2004 En ouvrant le mail de Lize reçu lundi soir, je m’attendais à deux possibilités :
- Prise de remords à cause de son vilain comportement, elle s’était décidée à me faire une description laborieuse du pourquoi et du comment : « oui, tu comprends… je pouvais pas faire autrement… Je suis sûre que tu le savais bien au fond de toi que ceci que cela » …
- Parce qu’il n’y avait en fait aucune raison véritable pour expliquer ses absences et son SMS bidon (elle avait juste un peu trop fumé de marijuana et les heures s’étaient transformées en jours… ou bien, en zappant à la télé, elle s’était retrouvée devant le Bigdil et s’était retrouvée instantanément lobotomisée pour plusieurs jours, lui interdisant tout contact avec des proches), elle avait décidé de me supplier de revenir en trouvant une excuse imparable : « … j’étais en voyage d’affaire toute la semaine au Pakistan et comme j’étais qu’une femme, j’avais pas le droit de téléphoner ! Même mes SMS étaient sur écoute… ».
Mais à ma grande surprise, ce ne fut ni l’une ni l’autre… Non, inspirée sans doute par son DEA d’histoire de l’Art, j’eus plutôt le droit à du minimalisme conceptuel :

Un mail d’autant plus court qu’il fait suite à des jours de silence et qui me laisse entendre en substance que c’est moi qui ai disparu…
Une bonne surprise ne venant jamais seule, j’eus le plaisir de recevoir le lendemain même un second mail :

Que penser de tout ça… Peut-être que je devrais arrêter de me poser des questions et aller acheter une boîte de préservatifs.
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