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Samedi 11 mars 2006 A la fin du mois d’octobre, j’ai fait la connaissance d’Alina, une fille de 26 ans, blonde et mince, pas trop mal, qui est venue me trouver sur le tchat de Meetic :

Nous parlons un peu de nous et de nos attentes respectives. Elle est psychomotricienne et inscrite sur Meetic dans l’espoir de faire une rencontre sérieuse. Moi-même, après mes dernières histoires biscornues, je ne suis plus sûr d’avoir envie d’autre chose que d’une vraie relation amoureuse. S’ensuit un bout de conversation sur le fait qu’elle s’estime « non pratiquante » parce que « pas croyante, mais plutôt catholique d’éducation ». Bon, non-croyante, ça me va. Ne pas être athée ou au strict minimum agnostique, c’est pour moi purement éliminatoire pour pouvoir postuler en tant que fille formidable. Nous partons donc dans un petit jeu de tests d’affinités :

« La vieillesse est un naufrage » est un aphorisme simple dont je raffole parce que je me suis rendu compte (soyons clairs) que les imbéciles sont infoutus de le comprendre ! Sur Meetic, ça peut donc être un précieux indicateur d’intelligence : si on me répond « Ouh là là, comment tu te prends trop la tête mdr », je sais que ça ne sert à rien d’espérer dans le futur de grandes envolées philosophiques et, compte tenu de ce que j’attends d’une relation humaine, je peux allègrement passer mon chemin. Beaucoup de gens sont absolument incapables de comprendre ce qu’est en soi la vieillesse, à savoir une lente décrépitude, un vice de la génétique qui contraint judicieusement les espèces à évoluer pour survivre mais qui apparaît particulièrement cynique aux yeux d’une espèce consciente de son existence.
S’il n’y a pourtant pas lieu de tergiverser, une partie de gens est persuadée que vieillir n’a rien de mauvais et refuse de concevoir la vieillesse comme une condamnation à mort à échéance exponentielle. Est-ce un manque de discernement ou un refus lâche de regarder les choses en face ? Une autre partie de gens encore moins enviable ne s’est simplement jamais posé la question de ce que pouvait être vieillir : c’est une étape dans la vie, c’est comme ça, point. Et puis, il y a les plus excusables sans doute qui se réfugient derrière la croyance religieuse pour tranquilliser leur existence et pour lesquels vieillir a un sens encore différent.
Toujours est-il que ne pas comprendre ce qu’implique de vieillir est à mon sens un vrai manque de discernement ou de questionnement et par delà… d’une certaine intelligence. Sur Meetic où il faut être capable de se faire une idée rapidement sur l’inconnu(e) qui se présente à soi, c’est un indicateur bien plus pointu qu’un « niveau d’études » ou une position sociale. Être bac+5 n’apporte malheureusement pas toutes les garanties qu’on pourrait être en droit d’attendre même si ça peut être un premier écrémage. Aussi, ce genre de débat en apparence anodin en révèle beaucoup sur la capacité de réflexion de l’autre.
Alina et moi passons sur MSN et concluons cette petite discussion :

Je ne sais pas si c’est une histoire d’inhibition ou d’un petit manque de questionnement, mais Alina a essayé de m’expliquer mon adage de façon pragmatique, en cherchant à décortiquer les mots, plutôt que de rester sur l’essence générale du propos. Peut-être aussi n’était-elle n’était pas dans le « trip » sur le moment. Toujours est-il que j’ai bien aimé son ton et ses paroles qui m’ont suggéré une jeune femme subtile et (somme toute) réfléchie.
Nous parlons un peu de nous et là… incroyable mais vrai : Alina m’apprend qu’elle est originaire de la même ville de province que moi (une ville de moins de 50.000 habitants !), qu’elle est allée dans le même lycée que moi et… nous constatons qu’elle était en seconde quand j’étais en terminale ! Et le délire ne s’arrête pas là : quand elle me dit que je connais peut-être son frère qui a mon âge et qui était également en terminale, son nom de famille (dans son adresse MSN) qui m’était familier me fait *tilt* : son frère était… dans ma classe ! Quelles extraordinaires coincidences !
Les jours suivants, nous continuons à chatter quand nous nous croisons sur MSN. Je ne suis pas transi d’amour sur le tchat mais je la trouve agréable. Cette fois, je me suis gardé d’aborder à l’avance avec elle la forme d’une relation, quelle qu’elle soit. De toute façon, je n’ai pas d’avis sur la question et rien dans son physique ou sa personnalité n’est là pour m’interdire d’envisager une relation sérieuse s’il s’avérait que nous nous entendions particulièrement bien dans la vie.
Nous décidons de nous rencontrer enfin le mercredi 2 novembre. Nous nous donnons rendez-vous à Daumesnil (pas top mais cela nous arrange tous les deux) en début de soirée. Nous ne sommes en retard ni l’un ni l’autre et je la reconnais assez facilement. Je la trouve plus jolie que sur ses photos (une agréable surprise !). Moi, je suis particulièrement fatigué par ma journée et risque de ne pas lui paraître au top de ma forme, tant pis. Nous discutons ensemble 2 petites heures, la conversation est agréable. Alina est une fille avec de la personnalité, du caractère et une certaine douceur. Pas de coup de foudre à l’horizon mais j’ai passé une agréable soirée. Même si nous n’avons pas du tout abordé le sujet de notre rencontre, il est vaguement question que nous nous reverrons…
(à suivre)
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