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Dimanche 19 août 2007 Généralement, quand on décide de contacter un(e) inconnu(e) sur un site de rencontres et que l’on possède un cerveau de plus de 100 grammes, on tente de s’accrocher à la seule ressource vraiment personnelle à laquelle on ait accès, à savoir la fameuse annonce écrite. Ca permet d’avoir autre chose à dire que des banalités, ça prouve qu’on s’intéresse un peu à l’autre (par opposition à ceux qui ne se donnent même pas la peine d’aller lire (mieux : comprendre) ce qu’on s’est évertué à raconter) et surtout, ça fait un minimum impliqué. En effet, rien n’est plus désagréable que l’impression de recevoir un mail copié-collé pour la centième fois. Ca fait bâclé, impersonnel, égocentrique (« c’est à toi de t’intéresser à moi »), avant de laisser une âcre saveur de foutage de gueule.
J’avais écrit mon annonce en 2004 et je ne l’ai jamais changée par la suite, au risque qu’elle se retrouve au fil des ans un peu plus en décalage avec ma personnalité. J’avais choisi à l’époque d’écrire une annonce longue (1871 caractères sur les 2000 maximum autorisés par Meetic !) mais aérée en paragraphes afin de laisser la possibilité de la parcourir partiellement. Après des lignes au fond assez fleurs bleues, je terminais par un petit post-scriptum un peu plus hardi :

Je ne ferais probablement plus mon annonce de la même façon aujourd’hui. Je risquerais d’être plus cynique, plus pragmatique, peut-être aussi plus imperméable. J’ai dû perdre une partie de l’enjouement spontané (naïf ?) qui pouvait m’accompagner lors de mes premières pérégrinations meeticiennes, je ne sais pas s’il faut s’en réjouir.
En général, si les meetic-girls qui appréciaient mon annonce me félicitaient entre autres pour sa longueur (est-ce pourtant si incroyable d’avoir quelque chose à dire qui tient en plus de dix lignes ?), la plupart rebondissaient sur mon post-scriptum. En fin de compte, dans une annonce, quelques lignes franches valent tous les beaux discours.
Les onze mails ouverts grace au sacrifice de mes 2.62€ m’a permis de me délecter de quelques mails tous neufs, en attendant de lire ceux d’encore_une_lea :

Voilà l’exemple même d’un mail très court mais personnel : ça ne prend pas beaucoup de temps à écrire mais c’est fait avec attention et finesse, et c’est irremplaçable. En trois lignes seulement, je suis renseigné sur tout ce qui m’intéresse : elle a de l’esprit, du style et de l’humour, et elle est sur la même longueur d’ondes. Si je n’avais pas lu le mail de cette Claire avec cinq mois de retard, je lui aurais sans nul doute répondu.
Le second mail – une fille du même âge – est un peu moins original mais très direct :

La stimulation et la surprise de la rencontre rapide… Mais évidemment, c’était sans compter sur ma frilosité grandissante à l’égard d’hypothétiques pisteuses de blogueurs.
Le troisième mail est nettement plus long :

Vu l’absence totale de référence à ma fiche, le caractère impersonnel du mail, le côté formaté et le coup suspect du c-est-pas-ma-fiche, on peut supposer sans gros risques qu’il s’agit là d’un beau copié-collé que la demoiselle envoie en masse en prenant soin en ligne 22 de mettre le pseudo du garçon contacté. Voilà le type même de mail énervant !
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