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Vendredi 27 novembre 2009 C’est sans doute un grand mot que de parler de « rupture » tant je n’ai jamais envisagé que ma relation avec Annie puisse se transformer en quelque chose de sérieux ni de près ni de loin. Et c’est peut-être aussi faire injure aux vraies, celles qui mettent un terme douloureux aux histoires en lesquelles on croyait. Malgré tout, c’est tout de même un événement à part entière qui a mis fin à notre relation puisqu’il a bien fallu que je finisse par dire à Annie ce que je pensais du potentiel de notre relation.
Ma « relation suivie » avec Annie aura duré au final un mois et demi. Le hasard a fait que l’on ne se sera pas vus tant que ça durant cette période : il y a bien eu deux ou trois week-ends que j’ai passés en compagnie de Léa, un week-end où je suis parti en province chez de la famille (toujours avec Léa !) et un week-end où Annie était partie en vacances au soleil à l’étranger avec sa meilleure amie. Nous ne nous sommes donc vus que quelques week-ends et quelques courtes soirées en semaine. Ca a sûrement dû jouer dans le fait que je ne me suis pas lassé plus vite de notre relation et que je n’ai pas ressenti avant la fin du mois de juillet le besoin de tirer les choses au clair.
En dehors de l’immense décalage que je pouvais ressentir entre elle et moi, j’appréciais tout de même de passer des moments en sa compagnie. D’une part sexuellement, elle était assez délicieuse, même si je regrettais son manque d’attrait pour le cunnilingus et les préliminaires de manière générale. Elle avait eu beau me complimenter en me rapportant qu’elle avait avoué à sa meilleure amie qu’elle s’était rendu compte – avec moi – qu’elle aimait le cunnilingus, je voyais bien que ça restait malgré tout loin dans sa liste de préférences. Ah là là, quel dommage ! Mais ça n’avait pas lieu d’être une source de frustration à court terme. D’autre part, j’aimais beaucoup sa sensibilité et son honnêteté. Moi qui loue un certain nombre de valeurs humaines telles que la sincérité, la gentillesse ou l’intégrité, je savais les reconnaître chez Annie qui est une fille entière et constante. A l’opposé de tous ces gens égocentriques que je ne supporte pas, aussi empathiques qu’un geôlier chilien, et qui ont autant d’estime pour les relations humaines que j’en ai pour mon papier toilette. Annie fait partie de ces personnes pour lesquelles j’ai instinctivement de la considération et de la bienveillance. Elle accorde sa confiance avec bonne volonté et est ouverte vers les autres, autant de qualités humaines auxquelles j’accorde une importance particulière.
Malgré tout, cela ne suffit pas à faire une relation et notre manque d’affinités intellectuelles ne faisait que s’affirmer de plus en plus à mesure que notre découverte mutuelle, l’attrait du neuf, retombait, pour laisser place à un déséquilibre gênant dans nos centres d’intérêt et nos préoccupations. Et pour quelqu’un comme moi qui ne conçoit pas les relations amoureuses comme de simples cohabitations hétérosexuelles, cela me rendait les choses de moins en moins agréables, y compris sexuellement. Ce qui au départ était pour moi une rencontre agréable et spontanée et que je laissais courir sans y songer plus que ça commençait à se transformer doucement mais sûrement en une contrainte sans intérêt et il allait falloir prendre des mesures avant d’en arriver là.
Comme tout le monde, je ne sais pas vraiment quelle est la meilleure manière de rompre ou de manifester ses « doutes » (par euphémisme pour ses certitudes ) sur l’avenir d’une relation. Je ne suis juste pas lâche au point de me débarasser de la tâche par SMS ou par mail, ce qui est quand même le comble de la paresse et de la fuite, en plus de suggérer toute l’estime que l’on porte à l’autre (= je t’envoie sur les roses et je baille en même temps). Pendant le mois et demi de notre fréquentation, j’ai tout de même fait attention à ne jamais lui envoyer de signaux lui suggérant que j’attendais quelque chose de notre relation. Je ne lui ai par exemple jamais dit qu’elle me manquait, que j’avais envie d’elle ou que j’étais content de la voir. Ca n’a jamais empêché de passer des moments tendres et presque romantiques ensemble, simplement ça ne ressemblait pas à une histoire d’amour, seulement à une histoire d’attirance et de tendresse. Pendant qu’elle était en vacances à l’étranger, elle m’a envoyé une fois un SMS pour me dire que je lui manquais. Je ne sais pas si elle l’a fait pour la forme (attention gentille) ou si elle le pensait vraiment. J’ai dû lui répondre que je trouvais donc son attention gentille et que je lui souhaitais de bonnes fins de vacances mais je me suis bien abstenu de rajouter une couche de sentiments.
Vers la fin du mois de juillet, ma réserve vis à vis de notre relation commençait à prendre le pas sur mes envies de la voir et j’ai ressenti le besoin impérieux d’aborder le sujet de notre relation. J’ai profité d’une discussion sur MSN pour lui poser une première question.
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