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Jeudi 14 mai 2009 Le lendemain comme prévu, Annie me téléphone en fin d’après-midi et nous convenons de nous retrouver du côté de Saint-Michel à 21h00. Je dois dire que j’aime assez cette vive et spontanée progression des choses : mercredi, je tchatte avec elle. Jeudi, nous déjeunons ensemble. Et vendredi, je l’embrasse ? Je repense à mon « guide pour débutant(e) » écrit en 2005 (un autre temps) où j’y conseille le « bisou » à la seconde rencontre. Epoque où cette vive suggestion était pour moi le fruit de réflexions issues de nombreuses expériences et discussions sur le sujet, devenu une forme de théorie conclusive qui m’apparaît aujourd’hui comme beaucoup plus évidente. Ce qui ne signifie pas que je vais à mon rendez-vous les mains dans les poches : un premier bisou, c’est toujours un peu angoissant, non ? Même si les choses nous apparaissent acquises, elles le semblent toujours beaucoup moins une fois en situation. Et se déclarer, cela m’apparaît toujours comme un plongeon dans une eau froide du haut d’un haut rocher : le vertige me tétanise et noie mes envies sous un flot de pensées contradictoires.
Pendant mon trajet en métro, juste avant de la retrouver, j’envoie un SMS à Annie :

Je me demande si nous allons nous embrasser dès le moment de nous retrouver, en tout cas je l’envisage. Je n’ai plus envie d’attendre le dernier moment (dernier moment ou jamais !) comme j’ai pu le faire il y a quelques années, c’est vraiment trop bête. Je suis arrivé, je sors du métro et aperçois Annie. J’essaie d’être attentif à ce que je peux deviner chez elle au moment où je la retrouve mais je sens que c’est simplement une bise qu’elle attend. OK… plus tard, alors ! Elle me propose d’aller au Paradis du Fruit, et nous nous installons confortablement à une petite table près de la terrasse où nous sommes tranquilles. La nuit tombe, la fin du mois de mai est chaude et nous sommes biens. Nous discutons de choses et d’autres pendant que nous goûtons mutuellement nos cocktails. Je la trouve toujours aussi souriante et spontanée. Elle a un côté ingénu qui la rend attendrissante et craquante.
Une heure ou deux passent, lorsque je lui propose d’aller nous balader le long de la Seine pour profiter de la douceur printanière. Nous nous levons et partons marcher. Ca me laisse l’occasion de reluquer avec plus d’aisance sa silhouette et ses jolies fesses. Elle me raconte sa vie, ses déboires familiaux (c’est fou d’ailleurs à quel point nous avons tous très souvent des climats familiaux préoccupants), ses péripéties de provinciale exilée à Paris, et j’écoute tout ça avec mon insatiable curiosité. Je finis par jouer le jeu de l’horrifié qui n’attend qu’une chose : fuir par la première bouche de métro venue. Elle fait semblant d’être vexée et j’en profite pour me rapprocher d’elle pour la réconforter. Je lui lâche la taille et nous nous prenons par la main. C’est un peu plus loin que nous nous arrêtons pour nous embrasser. Sa timidité lui colle un sourire gêné.
Il est un peu plus de minuit lorsque nous rejoignons la station de métro Châtelet. Je lui demande si elle veut venir terminer la soirée chez moi. Elle hésite… et finalement me dit qu’elle va rentrer chez elle. Dommage ! Je me conforme à son choix et n’insiste pas. Nous nous embrassons une dernière fois et nous séparons. Les premiers bisous, c’est euphorisant. Je lui envoie un petit SMS (image à droite) pendant que j’attends mon métro. Toujours le dilemme féminin : faut-il coucher ou pas le premier soir ? Tiraillées entre le désir naturel d’un côté et les morales culturelles (serais-je une salope ?) et l’envie de se faire désirer de l’autre, les femmes hésitent. Je ne suis pas à quelques jours près, de toute manière. Se découvrir progressivement, ça fait partie du jeu et ça participe au plaisir.
Je suis encore dans le métro lorsqu’un peu plus tard, je reçois un SMS d’Annie (image à gauche) qui m’annonce qu’elle est arrivée chez elle. Nous avons eu le temps pendant la soirée de rediscuter du petit épisode d’Hiroshima. Sans lui dire que ça m’avait choqué, je lui ai expliqué où je voulais en venir (si j’avais su que ça ferait autant débat sur ce blog, j’aurais retenu ce qu’elle m’en a dit !). Je n’aurai donc pas l’occasion de voir ce soir l’étendue des dégâts chez elle, ce pour quoi je me serais volontiers porté volontaire.
Je suis vraiment ravi de cette rencontre qui s’est admirablement bien passée. Pour une première depuis des années (2005, tout de même !), cela me redonnerait presque une foi aveugle dans les sites de rencontres. « Presque », heureusement.
Trop d’attente sur le panneau d’affichage lumineux. Je sors du métro pour terminer à pieds. Il fait encore chaud et une petite promenade me permettra de me laisser immergé un peu dans le doux enthousiasme que m’a laissé notre baiser. Je reçois un nouveau SMS d’Annie :

Quand même, j’aurais bien aimé qu’elle rentre avec moi. Nous aurions même pu dormir ensemble sans forcément faire l’amour. Ca peut être très amusant. Je ne le lui ai pas proposé, je n’avais pas envie d’être insistant là dessus, cela m’aurait paru lourd. Et puis, c’est une grande fille : c’est à elle de savoir ce qu’elle veut. Je rentre chez moi et pose mes affaires. J’allume une lumière tamisée et m’étends sur mon canapé. Je prends mon téléphone et envoie un SMS à Annie pour lui dire que je suis rentré :

Quelle délicate attention qui, si elle est virtuelle, n’en est pas moins délicieuse. Je lui réponds dans la foulée :

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