|
Mardi 07 avril 2009 Le suspens est entier, lorsque connecté sur AdopteUnMec, on reçoit une alerte nous prévenant que quelqu’un est en train de visiter sa page. Une petite carte apparaît sur le côté avec un pseudo et une photo. C’est à ce moment que l’on retient son souffle et que l’on espère avoir la chance qu’il se passe (enfin) quelque chose : que l’on soit ajouté au panier ou que l’on reçoive une autorisation de contact : bref, que l’on nous sorte du monde du silence auquel on est condamné sinon.
La première visite que je reçois me ravit comme un enfant qui découvre que son jouet à piles fonctionne. Je n’ai plus qu’à attendre et à regarder, ou visiter quelques profils et griller les cinq « charmes » quotidiens auxquels j’ai droit en choisissant des filles qui me plaisent. Le pouvoir étant entier entre les mains des femmes, quand on reçoit une visite mais qu’on n’est pas ajouté au panier, le message est clair et sans ambiguïté : on n’a pas assez plu… Du coup, quelque part, toute visite qui reste sans suite revient à être éconduit ! Ce qui n’est pas le cas des femmes qui, lorsqu’elles ne reçoivent pas de « charme » de la part d’un visiteur, peuvent très bien se dire que c’est juste parce qu’il ne lui en restait plus en réserve… AdopteUnMec est définitivement un site pour les femmes, elles y sont érigées en reines.
C’est au bout de deux ou trois visites le jour de mon inscription que je reçois ma première alerte d’ « ajout au panier ». Arf, je ne pensais pas que ça irait si vite ! Coup de chance ? Je m’empresse d’aller visiter le profil de la demoiselle : Annie. C’est une fille de 23 ans, mince et de taille moyenne. Elle est jeune mais j’aime bien. Elle a l’air particulièrement jolie sur ses photos : elle a un côté pur, teenager, très « sucré ». En plus, ses photos sont nettes et belles, comme sur Badoo. Ca me change des photos blafardes d’apprenti-monstres de JeContacte. Pas de texte d’annonce sur son profil, mais quelques champs renseignés sur ses goûts artistiques : si nous n’avons pas forcément les mêmes goûts, ils ne m’apparaissent en tout cas pas incompatibles.
Puisque je suis ajouté à son panier, je peux supposer que je lui plais et qu’elle va donc être motivée à me répondre. Comme elle est en ligne et que j’ai désormais le droit de la contacter, je passe par le tchat et lui envoie un petit mot. Le tchat sur AdopteUnMec était (et est toujours, je crois) une hécatombe : d’une part, les messages n’arrivent pas forcément correctement, il faut actualiser sans cesse la page en recliquant sur les alertes de messages. Donc bonjour la communication et les quiproquos. D’autre part, il y a (avait) des problèmes avec les caractères : « j’ai l’impression » apparaissait de part et d’autre comme ceci : « j\’ai l\’impression » ! Sympa… Avec tout ça, une des réactualisations du module de tchat m’a fait perdre les tous premiers mots que nous nous sommes échangés. Mais en substance, ça s’est passé de la façon suivante :
Je l’ai abordée par quelque chose du genre : « Tu es ma première cliente ». Elle m’a répondu que j’étais son premier produit dans son panier et qu’elle venait de s’inscrire. Je lui ai demandé si cela lui plaisait de pouvoir mettre des hommes dans un panier, elle m’a répondu que oui mais qu’elle était sceptique vu les profils qu’elle visitait. Je lui ai demandé ce qu’ils avaient, s’ils faisaient « premier prix ». Le style d’AdopteUnMec est un joli prétexte pour trouver un premier sujet de discussion original et jouer sur le second degré du site. Je trouve même que cela facilite une certaine spontanéité et un ton léger qu’on ne trouve pas sur Meetic, par exemple, où il est difficile de trouver une accroche un peu originale lorsque la personne que l’on aborde n’a pas d’annonce sur son profil. La conversation se poursuit dans le même ton :

Ahah ! Voilà qui ne peut que me faire rire, moi qui suis obsédé par ces caricatures de garçons capables de raconter tant de choses affligeantes pour arriver à leurs fins.
Je vois tout à fait ce qu’elle veut dire. Rencontrer quelqu’un, ça implique déjà plus de choses et il peut être difficile et fastidieux de devoir faire face à quelqu’un d’insistant qu’on ne voudrait plus revoir. Peut-être qu’un certain nombre de garçons veulent griller les étapes en avançant le rôle de chacune d’elles : ce n’est plus à la première rencontre qu’on voit si ça colle mais dès les échanges sur le net. Et donc, si on prévoit de se rencontrer, c’est pour qu’il y ait quelque chose à la clé. Et dans la même logique, inutile de perdre du temps en paroles : on regarde le profil, on dit si ça colle. Et si oui, on se voit et on couche ensemble. Définition basique du plan cul où la part de relation humaine est réduite à sa plus simple expression.
D’ailleurs, peut-être cette lourdeur des hommes est-elle à l’origine (entre autres) du zapping irrespectueux des filles qui ne prennent pas la peine d’expliquer leurs intentions et de dire au revoir lorsqu’elles souhaitent supprimer un contact de leur liste. Mais évidemment, ça n’excuse rien. Tous les hommes ne sont pas comme ça. Il ne viendrait à l’idée de personne de trouver normal d’être méprisant vis à vis d’un mec de banlieue au prétexte qu’en banlieue on trouve en effet beaucoup de racailles. Et de la même manière que ces premiers sont énervés à raison quand ils sont victimes de ce genre de préjugés, je ne trouve pas plus acceptable et correct d’être zappé sans mot dire.
Cela dit, elle n’a pas dû tomber sur beaucoup de garçons intéressants pour en avoir un tel avis général négatif. Mais si elle n’y a pas été longtemps inscrite, il est probable qu’elle est tombée en priorité sur des serial-contacteurs, ceux qui sautent sur tout ce qui est du sexe opposé. Par contre, elle a l’air d’avoir un avis précis sur le problème de l’après-rencontre-réelle. Est-ce que ça colle avec le fait qu’elle m’a dit qu’elle n’avait jamais rencontré personne par ce biais ?
En tout cas, cette Annie me plaît, et en plus elle écrit bien : c’est ponctué, accentué et orthographié. Ca me change de ce que j’endure ailleurs, où le simple fait de voir une suite de plus de cinq mots constitue déjà une prouesse intellectuelle.
Pour répondre à sa petite tirade sur les implications sous-jacentes à la rencontre, je lui fais mon petit numéro de blaireau que j’aime tant :

Nous parlons un peu de nous et de ce que nous faisons dans la vie. Elle est hôtesse dans une boîte, se passionne en parallèle pour quelques activités créatives. Elle me parle de ses origines du sud ouest de la France et de son arrivée assez récente en Île-de-France. Elle me donne le lien de son blog où elle y expose ce qu’elle fait. Evidemment, je ne lui donne pas l’adresse du mien…
Cela fait déjà deux heures que nous tchatons ensemble lorsque je profite d’une mièvrerie de ma part pour recommencer à jouer à faire le blaireau :

Nous nous mettons au point sur l’heure et le lieu où nous allons nous retrouver le lendemain et terminons notre conversation :

Je suis vraiment content de me retrouver avec un rendez-vous avec cette charmante Annie. Ca a été rapide et spontané. J’espère qu’elle ne tombe pas dans le piège de l’idéalisation. Je suis en train de me demander si je n’ai pas mis une « trop jolie photo » sur mon profil, qui est issue de la sélection des meilleures notes obtenues sur Badoo. Parce que je n’ai pas envie de me retrouver avec une grimace sur son visage lorsqu’elle va m’apercevoir… D’autant plus que je n’ai pas fait de rencontres virtuelles classiques (via des sites de rencontres) depuis… aaaah… novembre 2005 !! Une éternité ! Pas sûr que je sache encore m’y prendre (si tant est qu’on puisse considérer que je savais déjà m’y prendre à l’époque…).
Entre parenthèses, il me faudra tout de même par la suite apporter quelques bémols au fonctionnement d’AdopteUnMec, histoire que l’on ne croit pas que le site est à ce point « efficace ». C’est sans doute ici un ensemble de circonstances qui ont joué en ma faveur.
Mais bon tout de même : classe, AdopteUnMec ! Design. Gratuit. A peine inscrit que j’ai déjà un rendez-vous avec une jolie fille le lendemain midi… Je suis… épaté !
|