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Jeudi 30 avril 2009 Pris dans l’enthousiasme de notre envie réciproque de nous revoir, notre conversation sur MSN devient légère et vire au zapping sommaire de nos goûts en musique et cinéma (elle m’envoie même une petite dizaine de MP3s). Du coup, Annie et moi ne parlons même plus ni de notre rencontre ni de notre prochain rendez-vous : les actes valent désormais mieux que les paroles. Au bout d’une heure, à minuit précisément, les portes s’ouvrent pour moi sur AdopteUnMec. C’est bien plus que les quarante minutes d’attente initialement annoncées. Il semble que ce ne soit plus les heures de pointe et que je sois désormais autorisé à me connecter. J’en profite pour l’annoncer à Annie :

Hein ? Je retourne voir ma page sur AdopteUnMec et je me rends compte qu’Annie est en train de m’y parler sur le tchat :

Je dois reconnaître qu’elle a de la répartie et qu’elle est sacrément douée ! Pendant que nous avons ce sympathique échange sur AdopteUnMec, nous poursuivons en parallèle notre conversation sur MSN :

Je dois avouer que cette histoire d’Hiroshima m’a assez choqué (en plus de me confirmer ce que j’avais tendance à craindre). Parce que ce n’était pas une manière pour moi d’essayer de la mettre en boîte : je voulais juste faire un trait d’esprit amusant en réponse au sien. Et je me souviens même avoir voulu écrire « en 1944 ou en 1945 ?! » et m’être dit, déjà, qu’elle risquait de prendre ça pour un piège, au cas où elle confondrait avec la date du débarquement… Du coup, mes dates rondes simplifiées 1940 et 1950 me paraissaient ne plus laisser de confusion possible, tant il me semblait que tout le monde savait situer le bombardement d’Hiroshima pendant la seconde guerre mondiale. Et même sans en connaître la date exacte, avec un peu de réflexion, il n’était pas bien difficile de voir où je voulais en venir. La conséquence de tout ça, c’est que ça m’oblige à adapter mon discours (cf. « Nagasaki ») et que ce n’est pas franchement stimulant.
Il est important de faire la distinction entre ce qui tient de l’érudition et ce qui tient de la culture générale basique. Parce qu’en deçà d’une certaine base, c’est la discussion elle-même qui est simplement impossible. Les lacunes et le manque de réflexion interdisent les conversations fines. Et le fait que je me sois retrouvé à hésiter sur le choix des dates sur MSN en dit long sur ce que je perçois déjà à travers elle.
Bien sûr, elle n’en est pas moins charmante et gentille. A défaut d’une pénétration d’esprit, peut-être est-ce par la pénétration de corps qu’Annie m’illuminera par son éloquence.
(à suivre)
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