|
Lundi 13 juillet 2009 Sans en être un utilisateur passionné, j’ai comme tout le monde mon profil personnel sur Facebook. Si j’aime beaucoup le principe du site et ce qu’il permet de faire, j’en ai toujours trouvé l’utilisation pénible et compliquée. Mais gageons que le manque d’intuitivité que je lui trouve s’arrangera avec le temps.
Pour le moment, ma politique en matière d’amis Facebook n’est pas le collectionnisme mais une sélection rigoureuse de gens avec lesquels j’ai des affinités particulières, qui comptent ou ont compté dans ma vie, ou qui font partie de mon présent. Ca m’a parfois amené à devoir refuser non sans une certaine culpabilité des demandes d’ajout : tantôt une vague copine de lycée désormais affublée sur sa photo principale d’un marmot bavouilleux et grimaçant, tantôt une vague connaissance que je ne serai pas amené à revoir, tantôt un ami d’ami dont je n’ai jamais entendu parlé de ma vie… Autant de spécimens qui ne me semblent pas avoir leur place dans ma liste d’amis que je n’ai pas envie de considèrer comme un vulgaire listing de noms, et dont je ne considère pas la taille comme une démonstration de valeur sociale.
Le 14 février dernier, jour de la Saint Valentin, voilà que je reçois une nouvelle demande d’ajout à ma liste d’amis. Comme ça arrive la plupart du temps, la demande d’ajout n’a été accompagnée d’aucun message personnel. Je me connecte donc sur Facebook et jette un coup d’oeil à l’extrait de profil qui m’est accessible : c’est une fille de 28 ans mais dont le nom ne me dit rien et dont la photo est un petit dessin qui ne me renseigne pas beaucoup plus. Une erreur, un genre de spam ? Une personne que j’aurais oubliée ou dont je ne connais pas le nom ? Je lui envoie un mot avant de passer à autre chose :

Quelques minutes plus tard, j’obtiens sa réponse :

Lize ? Celle de mon blog ?! Oh ben ça alors ! Lize est une fille que j’ai rencontrée sur Meetic en 2004, avec laquelle je n’ai pas été au delà du bisou avec la langue, et qui s’est caractérisée magistralement par ses annulations de dernière minute à répétition, ses disparitions continuelles et sa mythomanie en filigrane (vous trouverez le récit intégral de notre rencontre dans mon historique, mais un résumé plutôt complet est disponible ici !).
A l’époque, Lize, que j’ai tout de même fini par rencontrer quatre fois, m’a fait le coup de sept annulations en tout (et en deux mois, c’est beaucoup !) : respectivement à cause d’une panne de réveil, d’une rage de dents, d’une trop grande fatigue, d’un rendez-vous professionnel, d’une trop grande fatigue (à cause du rendez-vous professionnel), de la maladie grave d’un proche, puis d’un retour retardé de province. Ajoutez à cela que lorsque j’essayais de lui téléphoner, elle ne décrochait jamais et que quand je lui laissais un message, elle ne me rappelait pas. N’étant pas du genre à harceler les gens, je n’ai jamais insisté, mais elle revenait systématiquement à la charge (généralement au bout d’une semaine) en me retournant le truc, et en jouant les candides et les attachées : « je n’ai pas disparu », « tu n’es plus sur msn et tu dois avoir tes raisons… », « tu me manques », « Que de silences… »… Rien de tel pour me faire perdre la boussole ! A tel point que lorsque je recevais des appels ou des SMS d’amis avec lesquels j’avais quelque chose de prévu, j’avais le réflexe de m’imaginer que c’était pour annuler !
Bref, à cette époque, ce n’est pas que j’étais naïf (quoique), c’est juste que je manquais de courage et de fermeté pour l’envoyer chier une bonne fois pour toute et ne plus me laisser embarquer dans cette histoire.
Au final, après un mois sans nouvelles (j’avais fait la rencontre pendant ce temps d’Oona), Lize a tout de même le culot de m’envoyer un SMS à la fin du mois de mars 2004 à base de « Toujours sans nouvelles de toi » en essayant de faire croire qu’un problème technique me le fait recevoir avec vingt-huit jours de retard… Je n’y ai jamais répondu, l’histoire était close et je ne pensais pas que ça irait au delà. Et pourtant ! Neuf mois plus tard, le 25 décembre à neuf heures et demi du matin, ce n’est pas un petit Jésus bis qui me tombe sur les bras mais un SMS de Lize avec un « Joyeux noel » suivi de trois points de suspension. SMS absolument inattendu un jour pareil ! Heureusement que je n’ai jamais couché avec elle, sans quoi je me serais demandé si elle n’avait pas une (mal)heureuse nouvelle à m’annoncer. Lorsqu’elle m’a à nouveau envoyé un message dix jours plus tard et cette fois sur Meetic (finissant par « Je t’embrassse fort, je ne t’ai pas oublié »), je lui ai répondu, conformément aux requêtes d’un lecteur qui était prêt à parier sa chemise qu’elle referait encore surface, par un « Va te faire voir ! » court et sec. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles depuis ce jour !
Je ne me serais jamais imaginé la voir réapparaître un jour, quatre ans plus tard, sur Facebook et un jour de Saint Valentin en plus de ça ! C’est surréaliste ! Ainsi, après toute cette comédie où elle faisait mine de ne jamais comprendre ce que je lui reprochais et où elle inversait les rôles en me glissant que je la laissais sans nouvelles, elle reconnaît enfin aujourd’hui un « certain manque de tact » ! Quel pas, mes enfants ! Il a tout de même fallu qu’elle se souvienne de moi et de mon nom de famille pour me retrouver sur Facebook. Peut-être l’avait-elle noté quelque part (sur son téléphone) ? En tout cas, ce n’est pas via mon adresse email qu’elle m’a retrouvé car celle que j’utilise sur Facebook n’est pas celle qu’elle a peut-être conservée. Mais quand même, comment se fait-il qu’elle m’ait cherché après tout ce temps, alors même que j’avais presque oublié son prénom ?
Attisé par la curiosité, je réponds à Lize dès le lendemain :

J’avoue que j’ai du mal à comprendre ce qui peut bien la conduire à me contacter sur Facebook. Ce ne sont pas deux mois de médiocres échanges et quelques bisous avec la langue sur la fin qui justifient qu’on ait envie de reprendre contact avec quelqu’un cinq ans après. Surtout vu la façon dont ça s’est passé et terminé. On pourrait invoquer la simple distraction facebookienne de courir après quelques fantômes du passé mais ça ne me semble pas coller au style de la demoiselle, capable de refaire surface comme si de rien n’était après des mois de silence.
Fidèle à elle-même, elle ne répondra pas tout de suite et il me faudra attendre treize jours avant d’obtenir une réponse en vingt mots seulement :

Treize jours d’attente pour répondre ça ?! Quelle blague ! Inutile de fustiger son niveau intellectuel et son manque d’inspiration (certaines filles n’ayant rien à dire simplement parce qu’elles sont stupides), Lize est au contraire une fille réfléchie et très intelligente. Incroyable et déprimant de voir à quel point elle n’a pas changé ! S’arranger pour me contacter un jour de St Valentin (je ne crois pas aux coincidences) pour en fait ne rien avoir à me dire, c’est au delà de mon entendement. Faisait-elle un inventaire d’exs ce jour-là ?
Je me suis en tout cas bien gardé de lui faire quelques commentaires que ce soit en me contentant d’une réponse dont le minimalisme frise la grossiereté. Je pensais que l’insipidité de mon message la ferait un peu réagir, l’obligerait à sortir de sa torpeur ou la ferait s’arrêter là. Mais non, même pas… Lize m’envoie un nouveau message… vingt-trois jours plus tard :

Non mais vraiment… A croire que les gens confondent Facebook avec Twitter. Je n’ai rien répondu et je n’ai rien reçu depuis. End of the story?
|