Décalage horreur

Je vous ai déjà parlé de cette solitude de se sentir différent que je ressens souvent sur certains sites de rencontres comme JeContacte ou comme Badoo. Solitude essentiellement nourrie par un décalage intellectuel que l’on ressent entre soi et les autres comme étant un abîme absolument infranchissable. Au point de ne pas être loin de se sentir parfois comme un handicapé social, incapable de s’épanouir dans ses relations avec les autres. Oh, cela aurait vite fait de paraître prétentieux : s’agit-il de juger les autres comme stupides et méprisables simplement parce qu’ils ne sortent pas de Sciences Po ou parce qu’ils n’ont pas envie de discourir à 23h00 sur la contextualisation hégélienne ? Ah, si seulement, mes bons amis… Mais il ne s’agit pas la plupart du temps d’aller éprouver des points de convergence philosophique. On en est souvent rendu à simplement espérer trouver quelqu’un capable d’écrire et de comprendre des phrases… Une prouesse, déjà…

Les belles formules ne valant pas les démonstrations pratiques, après les jolies illustrations d’incommunicabilité que je vous avais montrées la fois précédente, en voici deux nouvelles dont je vous laisse juger de la valeur.

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Souvent femme varie (1)

Juste après ma rupture avec Annie, elle et moi ne nous sommes pas revus. Mais elle m’avait téléphoné une semaine après parce que son PC était tombé en panne. A défaut d’être informaticien, j’avais tâché d’essayer de la rassurer et de lui donner quelques conseils pour la soulager. Ce n’est jamais drôle d’imaginer voir partir en fumée tous ses documents personnels, ses photos et ses musiques. Nous étions revenus à cette occasion longuement encore sur notre relation et notre rupture et elle semblait prendre les choses avec philosophie.

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La solitude dans la différence

On parle beaucoup de la solitude qui pousse de nombreux célibataires à s’inscrire sur un site de rencontres. On parle aussi souvent d’une autre solitude, celle des hommes en surnombre sur ces sites qui peuvent rencontrer de réelles difficultés à entrer en contact avec l’autre sexe. Mais il en existe au moins une troisième, de solitude, une qui me touche personnellement souvent lorsque je vagabonde sur des sites de rencontres, celle de me sentir en profond décalage avec la plupart des autres. Décalage intellectuel quand j’y vois le niveau de conversation et de préoccupation des gens en général. Décalage syntaxique lorsque je vois d’innombrables quasi-analphabètes qui peinent à conjuguer le moindre verbe au présent de l’indicatif (dans les rares cas où ils ont quelque chose à dire). Décalage humain quand je mesure le degré d’empathie et de générosité du cyber-célibataire moyen qui a en général autant d’estime pour les autres que j’en ai pour l’emballage carton des yaourts de mon frigidaire. En somme, c’est un décalage intégral qui me fait souvent me sentir seul et qui me jette au visage combien j’ai peu d’affinités avec la majorité des gens.

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De quoi ai-je envie ?

De quoi ai-je envie aujourd’hui ? Voilà une question qui tient pour beaucoup de notre expérience personnelle et de nos réflexions sur la question des relations sentimentales. Notre conception des choses n’est pas immuable et dieu sait que la réponse a été fluctuante pour moi au cours de ces quinze dernières années.

A 18 ans, j’avais une vision très magnifiée, idyllique de l’amour. Celle des cartes postales. Pour moi, il n’était pas concevable de faire l’amour sans avoir de profonds sentiments pour l’autre ou du moins sans envisager le moindre potentiel dans une relation. Et un simple baiser suffisait à ratifier le commencement d’une relation. On était « célibataire » ou on ne l’était pas. Il n’y avait pas de place pour un entre-deux. Fort logiquement, je percevais l’infidélité comme le crime de lèse-majesté : horrible, monstrueux, impardonnable. Incompréhensible, aussi. Et il n’y avait pas besoin d’aller copuler ailleurs durant des heures pour que je considère cela comme criminel : le moindre échange de salive consentant valait pour une abominable trahison. Tous mes amis et amies avaient cette conception des choses et elle me semblait globalement l’unique acceptable. Oh, je savais bien qu’il y avait des couples libertins, des clubs échangistes et je voyais bien que l’expression de la sexualité dans « Basic Instinct » était assez particulière. Mais je ne me posais pas plus de questions que ça : je mettais ça sur le compte du Cinéma (qui intensifie les choses), et la sexualité « débridée » me semblait appartenir à un autre monde, celui des adultes (comprendre : les vieux de 30 / 40 ans). Comme un enfant qui ne soucie pas de payer sa redevance de télévision, je n’avais donc pas à me sentir plus concerné que cela.

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Annie – La rupture (2)

Si je n’ai jamais eu envie de construire une relation avec Annie, il faut bien reconnaître que, dans les faits, ça en a pris un peu la forme : SMS, coups de fil et moments ensemble suffisamment réguliers pour que ça ne se définisse pas comme quelque chose qui avait clairement pour vocation d’être éphémère. Et par effet miroir, quand elle me parlait du « nouveau copain » de sa meilleure amie (rencontré lui aussi sur AdopteUnMec), il ne faisait aucun doute que j’avais pour Annie le même statut que lui. Il est vrai que pour beaucoup, coucher ensemble correspond par défaut à « être ensemble ». Continuer la lecture de « Annie – La rupture (2) »

Annie – La rupture (1)

C’est sans doute un grand mot que de parler de « rupture » tant je n’ai jamais envisagé que ma relation avec Annie puisse se transformer en quelque chose de sérieux ni de près ni de loin. Et c’est peut-être aussi faire injure aux vraies, celles qui mettent un terme douloureux aux histoires en lesquelles on croyait. Malgré tout, c’est tout de même un événement à part entière qui a mis fin à notre relation puisqu’il a bien fallu que je finisse par dire à Annie ce que je pensais du potentiel de notre relation.

Ma « relation suivie » avec Annie aura duré au final un mois et demi. Le hasard a fait que l’on ne se sera pas vus tant que ça durant cette période : il y a bien eu deux ou trois week-ends que j’ai passés en compagnie de Léa, un week-end où je suis parti en province chez de la famille (toujours avec Léa !) et un week-end où Annie était partie en vacances au soleil à l’étranger avec sa meilleure amie. Nous ne nous sommes donc vus que quelques week-ends et quelques courtes soirées en semaine. Ca a sûrement dû jouer dans le fait que je ne me suis pas lassé plus vite de notre relation et que je n’ai pas ressenti avant la fin du mois de juillet le besoin de tirer les choses au clair.

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Ma relation avec Annie (2) – Pratique

J’ai expliqué dans la première partie en quoi pouvaient être gênantes des différences intellectuelles dans une relation et ce qui pouvait à ce titre poser problème entre Annie et moi.

Mais en pratique, comment ce décalage entre elle et moi pouvait se manifester ? Je n’ai pas énormément d’exemples avec moi parce que je n’en ai pas notés à l’époque et que, faisant souvent un effort d’adaptation, je m’arrangeais pour qu’il y en ait le moins possible. En y repensant et en fouillant dans mes archives de conversations virtuelles, j’en ai tout de même retrouvés quelques uns.

Avant d’aller plus loin et de risquer de provoquer une levée de boucliers, je vous invite une fois de plus à vous servir de mon iconographie réalisée spécialement pour l’occasion afin de vous aider à vous orienter vers le texte qui vous sera le plus accessible. Les internautes qui ne possèderaient pas de télévision et qui pourraient se sentir lésés peuvent tenter de lire le premier paragraphe de la colonne de droite : s’ils sont outrés par sa lecture, il leur faudra changer immédiatement de colonne. Continuer la lecture de « Ma relation avec Annie (2) – Pratique »

Ma relation avec Annie (1) – Théorie

Après une première semaine plutôt savoureuse qui a ponctué ma rencontre avec Annie, ma relation avec elle est devenue par la suite, comme je pouvais m’y attendre, plus ordinaire. Rien n’est venu renouveler mon intérêt pour elle, et mon désir de la voir et de faire des choses avec elle a chuté en flèche. Quand le plaisir de la découverte et la tension sexuelle liée à la nouveauté retombent, tout ce qui manque pour qu’une relation fonctionne surgit et prend le pas sur tout le reste. Ca rend le tout du coup beaucoup moins glamour.

Ce n’est pas sexuellement que ça n’allait pas, même si je préfère les filles qui sont friandes de préliminaires et qui ne jurent pas que par la pénétration comme c’est malencontreusement le cas d’Annie. En dehors de ça, j’aimais bien son corps et ses réactions, sa sensualité et sa manière d’exprimer son plaisir. Etrangement, son apparente timidité voire naïveté des débuts de notre rencontre (le fait qu’elle ait préféré attendre un peu avant qu’on couche ensemble, le fait qu’elle ait été gênée par mes pourtant légères allusions grivoises, le fait que j’aie pu l’embarrasser par la simple évocation de faire l’amour avant notre première fois ensemble) tranchait énormément avec son expérience en pratique : elle avait déjà eu des relations d’un soir, elle avait déjà expérimenté le sexe à trois avec deux garçons, comme avec un garçon et une fille (ah les filles d’aujourd’hui…). Malgré son occasionnelle bisexualité (ou bi-curiosité, comme on dit), ça ne l’empêchait pas de me répéter quand je lui disais que ça me faisait fantasmer que ce n’est pas avec elle que je pourrais expérimenter ça ! Que la vie est injuste ! Etonnant d’avoir eu l’occasion d’essayer tant de choses par le passé et de vouloir à 23 ans déjà revenir vers plus de classicisme. Moi je conçois plutôt les choses à l’envers : mes envies et mes désirs sexuels ont plutôt tendance à évoluer avec le temps vers plus de variété et il y a des choses que j’aime aujourd’hui et que je ne recherchais pas à 20 ans.

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Ma cam à tout prix (2)

Revenu de mes premières impressions à chaud, j’écarte un peu l’idée que L. puisse être un genre de travailleuse du sexe, parce que ça me semble tout de même assez improbable. Mais je garde sur elle une impression étrange. Les photos de son profil montrent une femme nettement au dessus de la moyenne de JeContacte (en particulier dans sa tranche d’âge), ce qui en soi peut déjà être suspect. C’est susceptible aussi de la rendre quasi inaccessible. Qu’elle ne le soit pas et qu’elle se révèle aussi insistante avec moi pour que j’allume ma webcam me pousse davantage encore à être méfiant. Lorsque l’on est inscrit sur un site de rencontres, la méfiance est toujours prête à poindre au moindre surgissement d’un élément ou d’un comportement étrange. L’argument vaut bien sûr pour L. aussi et il est normal qu’elle exprime des doutes si elle trouve ma photo un peu trop belle pour être vraie, d’autant plus que j’ai souvent entendu parler de fausses photos d’hommes pour appâter les femmes. Encore une fois, il faut prendre en compte le contexte du site : ma photo n’a vraiment rien d’extraordinaire (d’ailleurs, Léa ne l’aime pas) et si elle apparaît comme ordinaire sur un site comme Badoo ou AdopteUnMec, je comprends qu’elle puisse trancher avec la médiocrité globale des photos de JeContacte. Comme on dit, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

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