Ma cam à tout prix (1)

Au mois de mai 2008, pendant que je découvrais et testais le site de rencontres JeContacte, j’avais essayé de trouver quelques rares profils qui me semblaient un peu intéressants. Et entre les profils au physique repoussant et les autres dont il était difficile de faire la part entre l’illettrisme et la sottise, la tâche me semblait herculéenne. C’est ainsi que j’étais tombé sur FemmeMariée et c’est également comme cela que je suis tombé sur le profil de L.

L. est une jolie brune de 37 ans dont la fraîcheur que ses photos laissent transparaître tranche énormément avec l’austérité des autres femmes inscrites, en particulier de son âge. Son annonce plutôt bien écrite dévoile une femme passionnée et à la « sensibilité à fleur de peau », ce qui sont plutôt des choses que j’apprécie. Je lui envoie un petit message et, par chance, elle me répond. S’ensuit un échange de quelques mails au bout duquel elle me donne son adresse MSN. Je l’ajoute à ma liste de contacts et lorsque nous nous croisons sur MSN, je l’aborde sur le tchat :

Continuer la lecture de « Ma cam à tout prix (1) »

Anadema.fr, une santé de fer !

Après six ans et demi d’anadema.free.fr, voici venu anadema.fr qui prend le relais d’Anadema’s Story ! Mettez sans plus tarder vos favoris et vos flux RSS à jour !

anadema.free.fr, c’est fini ! Ce n’est pas un divorce, c’est un au revoir. Après six ans et demi de bons et loyaux services de la part de Free pour héberger mon blog, je me suis enfin décidé à m’acheter comme un grand un unique, un beau .fr tout neuf pour poursuivre avec vous l’aventure d’Anadema’s Story.

Depuis la naissance de mon blog en avril 2003, Free m’a permis d’avoir un espace web gratuit, performant, et sans aucune publicité (ce qui reste quelque chose de rare !). Certes, il y a parfois eu quelques déconvenues, quelques blackouts (pendant plusieurs heures voire… plusieurs jours), parfois quelques mauvaises surprises (comme des changements des conditions d’utilisation des pages persos avec banissement brutal de mon espace sans aucun avertissement) mais globalement je suis plus que satisfait de ce qu’a été le fonctionnement de mon blog pendant ces longues années, blog qui a accompagné tout ce temps ma vie sentimentale et mon plaisir d’écrire. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi comme nouvel hébergeur Online qui est une filiale du groupe Iliad (dont Free est la filiale principale).

Mon blog se poursuit donc sur cette nouvelle adresse. Je n’ai rien changé à la formule mais j’en ai profité pour faire des mises à jour techniques importantes et terminer par un petit rafraîchissement graphique pour cette rentrée 2009, ce qui ne fait pas de mal (les curieux qui voudraient voir la liste des modifications peuvent s’amuser à cliquer ci-dessous !).

[spoiler effect= »blind » show= »Liste des modifications »]Partie technique :
– Passage de la version 2.0.2 à la dernière version de WordPress : 2.8.4
– Passage en UTF-8 (enfin !)
– Modification des URLs en free.fr dans la base de données.
– Nettoyage de la base de données et notamment de la table wp_options
– Mise à jour de mes plugins Get Recent Comments, Exec-PHP et Peter’s Custom Anti-Spam
– Corrections techniques sur mon thème.
– Changement de la structure des permalinks en /MOIS/TITRE-ARTICLE et correction de l’incidence sur les liens des articles et des images.
– Suppression de la fonction d’historique des articles, suppression de la sauvegarde automatique de WordPress via le plugin Disable Autosave
– Ajout du plugin Advanced Spoiler pour m’amuser (comme là, yeaaah !)
– Mise à jour des compteurs Xiti, Extreme Tracking et Google Analytics
– Ouverture d’un flux RSS via FeedBurner
– Modifications du code de WordPress pour : 1) permettre de faire s’afficher une page de validation des commentaires, 2) corriger un problème d’affichage des liens dans les commentaires, 3) que les commentaires en attente de modération ne restent pas visibles à leurs auteurs via cookie, 4) augmenter le délai minimum autorisé entre deux commentaires.

 
Partie graphique :
– Elargissement de l’épaisseur du blog.
– Modification de la taille et du graphisme des boutons-icônes et passage de 4 à 6.
– Modification du graphisme de la barre du blog.
– Elargissement de ma photo.
– Modification de la présentation des informations sur la barre gauche.
– Ajout de 3 icônes avec mes informations principales : Facebook, Email et flux RSS
– Modification complète de la présentation des commentaires.
– Inclusion du système d’avatars Gravatar dans les commentaires.
– Le champ d’écriture des commentaires passe de 20 à 22 lignes.
– Changement graphique de la page de validation des commentaires.
– Petite modification des graphismes de présentation des Pages WordPress.
– Modification de l’ordre et de la présentation des archives.
– Ajout d’infobulles en CSS sur les bannières des blogs et les icônes
– Ajout de Copyright et d’une page de mentions légales.

[/spoiler]

Lorsque j’ai commencé ce blog en 2003, je ne me serais jamais imaginé qu’il me mènerait si loin en terme d’écriture, de discussions et de rencontres et j’en suis vraiment comblé. Je n’aurais jamais pu deviner non plus qu’il ferait parfois à ce point polémique et je me rends compte comme il reste difficile de parler de ses sentiments et de ses convictions, même sur un blog, sans susciter souvent une certaine forme d’incompréhension et d’indignation. Mais l’ensemble de ces échanges, entre nous tous, reste un terrain d’étude et de réflexion fascinant pour qui se passionne, comme moi, pour les relations humaines.

L’intello-bandante

Lorsque je me suis inscrit sur AdopteUnMec en mai 2008, je ne savais pas encore exactement où je mettais les pieds et je me suis contenté dans un premier temps, pour que mon profil soit tout de suite fonctionnel, d’y coller les photos et le texte d’annonce que j’avais mis sur le site de rencontres JeContacte. Mon annonce, très ordinaire, était un petit texte de moins de cent mots plutôt jovial et invitant à la discussion. Si elle pouvait paraître correcte sur JeContacte, elle ne collait pas du tout à l’esprit d’AdopteUnMec, y apparaissant comme beaucoup trop classique. J’en avais bien conscience et j’avais prévu de la refaire un peu plus tard dès que j’aurais fait le tour du site. AdopteUnMec est un site de rencontres non conforme, avec une ambiance particulière et il faut en tenir compte lorsque l’on écrit son annonce. Jouer sur le second degré du supermarché, par exemple, est courant et assez bienvenu.

Je ne m’attendais pas en revanche à faire une première rencontre dès le soir de mon inscription : la rencontre virtuelle d’Annie et les premiers baisers deux jours plus tard. Du coup, je me suis retrouvé piégé avec mon annonce temporaire sur AdopteUnMec : Annie étant susceptible de revisiter ma page, cela aurait quand même été sacrément mal venu et peu délicat qu’elle y découvre une nouvelle annonce ajoutée entre-temps, mieux ficelée et détaillant mes envies, alors même que nous nous voyions et que nous étions a priori censés être ensemble. Certes, j’aurais pu simplement l’effacer. Mais il me semblait qu’il valait quand même mieux avoir une annonce ordinaire mais rendant compte du fait que je ne m’exprimais pas comme un demi-handicapé mental (ce qui constitue rapidement un atout majeur sur un site de rencontres) que pas d’annonce du tout.

Et là dessus, voilà que je reçois un jour un message d’une certaine C. :

« Niaise » ?! Argh ! Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère et malheureusement je ne peux qu’acquiescer. Curieusement, même en sachant que son annonce est mauvaise, cela reste assez vexant de se le voir reprocher.

Je pars visiter le profil de C. pour voir à qui j’ai affaire : une jolie brunette de 21 ans. Quatre photos dont une exhibant une piercing à la langue (pfff !) et une autre une cigarette (beurk !). Pas très souriante mais un joli décolleté et un air assez glamour. Une annonce bien écrite comme pouvait le suggérer son mail et où elle s’y décrit comme bohème et fêtarde. De bons choix culturels. Par contre un poids de cinq en dessous des deux derniers chiffres de sa taille en centimètres, ce qui est quand même un peu juste à mon goût. Globalement, j’ai affaire à une jeune femme charmante, intelligente et intéressante, je ne vais donc pas avoir à lui sous-titrer mes propos et j’en suis ravi.

Pour répondre à sa petite pique, je choisis de reprendre la structure de son mail et de lui écrire en conséquence :

Sur mon profil, je m’étais domicilié dans un arrondissement aléatoire de Paris, ce qui a pu lui faire croire que nous étions voisins. Je lui ai donc précisé un peu les choses dans mon mail en en profitant pour relativiser les distances. A Paris, tout le monde habite à côté de tout le monde, de toute façon. Non ?

Une heure plus tard environ, je reçois un nouveau mail de sa part :

J’aime bien son ton et son côté espiègle et elle semble avoir autant d’humour que moi, ça me change des niveaux de conversation très « premier degré » que j’ai pu rencontrer sur les autres sites de rencontres gratuits.

Malgré tout piqué au vif par son tout premier mail, je me sens un peu obligé de rattraper le niveau médiocre de mon annonce en tentant de lui écrire dans l’inspiration du moment un mail un peu plus original et élaboré :

Le soir tard, je reçois un nouveau message de C. :

Ouf, me voilà lavé de mon annonce « niaise » ! Je suis content de ne pas avoir écrit dans le vide (ce qui arrive malheureusement trop souvent sur les sites de rencontres lorsque l’on est face à des métisses humains/mollusques) et d’avoir rencontré une jeune femme qui a l’air d’être un minimum dans mon trip (en appréciant une certaine forme de second degré).

Après cela, je lui ai envoyé mon adresse MSN et elle m’a ajouté le lendemain à sa liste de contacts. Notre premier échange a été très sympathique, me confirmant sa vivacité et son espièglerie. Comme cela arrive fréquemment avec les nombreux contacts que l’on se fait via les sites de rencontres, C. restera pour moi une demoiselle du virtuel et nous ne nous rencontrerons jamais. Au cours des deux mois qui ont suivi, nous avons tchatté ensemble une douzaine de fois, parfois pendant plusieurs heures. J’ai eu droit à deux reprises de la découvrir via sa webcam où, suivant son humeur coquine, elle m’a offert un petit strip-tease soft en me montrant ses seins et son petit minou unshaved. Dieu qu’on ne se lasse pas de ce genre de choses… ! Nous avions évoqué à plusieurs reprises l’idée de nous rencontrer mais nous n’avons jamais fixé de jour et ça ne s’est finalement jamais fait. Il n’y a pas de raison particulière à cela hormis le fait qu’il est vrai que j’étais tout de même déjà bien occupé entre Annie et Léa, et que ça n’a pas contribué à me rendre cette rencontre indispensable. Et C. avait aussi un côté un peu trop trash à mon goût pour me la rendre complètement attirante : un côté clopes/bières/fêtes qui ne me correspond pas trop et qui n’est pas ce que je préfère chez les femmes. Mais en dehors de ça, c’était une fille intelligente, vive, avec de l’humour. Et créative en plus, ce qui me plaît beaucoup. Ce n’est que le temps qui a espacé nos échanges jusqu’à ce que l’on arrête de discuter ensemble. Pour autant, et bien que nous ne nous soyons plus reparlés depuis le mois d’août 2008, nous ne nous sommes à ce jour pas encore retirés de notre liste de contacts MSN.

M. la maudite

Août 2008. En me baladant sur les différents profils de filles sur AdopteUnMec, je tombe sur celui de M. une brunette de 18 ans dont les jolies photos et l’annonce soignée captent mon attention :

Le ton piquant de l’annonce me semble largement contrebalancé par l’air doux et paisible qu’arbore la demoiselle sur ses photos et je cède à l’envie de lui envoyer un « charme » avant de poursuivre mon chemin. Il est vrai que 18 ans, c’est un peu jeune. Mais elle est vraiment charmante et avec en plus un tel niveau d’élocution, ça ne peut franchement pas me laisser indifférent.

Voilà que quelques minutes plus tard, je reçois de sa part une autorisation de lui parler :

Arf ! Quel privilège ! Certes, ce n’est pas un mail mais une solution de facilité que de simplement « autoriser » l’autre mais après tout, moi qui pensait que mon « charme » resterait perdu dans le néant comme la plupart, je suis ravi et je lui écris dans la foulée un petit mail pour entamer la conversation :

Ce qu’il y a de bien avec les annonces, c’est que leur niveau permet en général de se faire une petite idée de qui on a affaire et des capacités de discernement de notre correspondant. Je compte donc sur le fait que M. appréciera le ton de mon mail qui me semble répondre à celui de son annonce.

Un quart d’heure plus tard seulement, chouette, voilà que je reçois sa réponse :

Pffff, mais qu’est-ce que c’est que ce mail ? Voilà ce que c’est que de céder à ses instincts primaires en contactant des jolies filles toutes justes majeures sur AdopteUnMec, c’est prendre le risque de se faire avoir comme un bleu par des profils bidons qui ne sont là que pour distraire d’opaques utilisateurs. Certes, j’étais prévenu par le contenu de l’annonce que c’était « piquant » mais je pensais vraiment que c’était juste une figure de style ! En tout cas, le niveau de texte de l’annonce et le doux faciès de la demoiselle me semblent strictement incompatibles avec une pareille réponse et je ne serais pas étonné de ne même pas avoir affaire à une fille sur ce profil !

Bref, inutile de tomber dans le panneau en tentant de prostester, je renvoie tout de même dans la foulée un mail pour clôturer l’histoire :

Sans doute par politesse et courtoisie, « elle » me répond à nouveau :

Si vous doutiez encore que les hommes puissent être traités comme des objets sur AdopteUnMec, c’est maintenant chose réparée.

Si c’est dans le panier, c’est dans la poche ?

Je n’ai jamais tari d’éloges à chaque fois que j’ai pu parler d’AdopteUnMec. C’est un site de rencontres que je trouve beau, innovant, intelligemment conçu, fun avec un côté chaud et décalé, et, comme si ça ne suffisait pas, il est gratuit. En six ans, c’est le premier site de rencontres que j’ai découvert à avoir su proposer des éléments de solution à l’énorme problème que j’ai toujours dénoncé : des femmes en minorité, harcelées par des hommes en surnombre. Et, comme pour ne pas saper mon enthousiasme, mes premiers pas sur le site ont été particulièrement concluants : un premier ajout au panier quelques heures seulement après mon inscription par une jolie jeune demoiselle, un premier déjeuner avec elle le lendemain même, et un premier bisou le surlendemain. Bref, AdopteUnMec me paraissait être l’eldorado.

Malheureusement, c’est loin d’être tout rose et les choses méritent aussi d’être nuancées : un certain nombre de problèmes viennent entacher le bel échaffaudage d’AdopteUnMec. A commencer par le fait qu’un homme, de par le principe du site, est condamné à attendre, attendre, et attendre encore sans aucune garantie qu’il se passe quoi que ce soit au bout du compte si aucune fille, dans sa clémence, ne vient lui offrir la possibilité d’entrer en contact avec elle. En conséquence, en plus d’être noyé dans la masse, réduisant de fait les chances d’être ne serait-ce qu’aperçu, si sa photo n’est pas suffisamment attractive et si son profil ne suit pas, un homme n’a aucune chance d’entrer en contact un jour avec le sexe opposé sur ce site. Il m’est arrivé de resté connecté des heures durant sans que je ne reçoive la moindre visite. Et quand on sait qu’une visite, ça n’est pas une promesse de vente, cela donne une bonne idée du challenge. Ca ressemble à la gérance d’une boutique de mangas en version originale dans un bled paumé du fin fond du Limousin.

Les hommes, pour patienter, sont donc condamnés à errer parmi les profils tels des zombies à la recherche de chair fraîche. On clique, on se balade, on bave devant des profils alléchants et on tente d’économiser les cinq précieuses cartouches quotidiennes auxquelles on a droit : cinq « charmes » que l’on peut envoyer à cinq filles dont on veut (tenter d’) attirer l’attention. Chose qui a vite fait de dresser la raison contre le désir : faut-il céder à l’envie et « charmiser » cette bombe atomique qui cumule déjà des centaines (voire des milliers) de charmes de mecs hypnotisés ou faut-il se résigner à la stratégie en bipant cette autre sans photo et peu sollicitée mais avec une annonce intéressante ?

Parfois, le miracle se produit et l’on reçoit une visite sur son profil. Comme une araignée qui perçoit la vibration dans l’air des ailes d’une mouche qui approche de sa toile, on se surprend à observer en silence la nouvelle « visiteuse » et le bas de l’interface d’AdopteUnMec pour surveiller si le surgissement d’une alerte va nous annoncer enfin le tant attendu ajout au panier ou autorisation de contact.

Au bout des trois premières semaines de mon inscription sur AdopteUnMec en 2008, j’avais reçu 42 visites pour un total de 6 ajouts au panier/autorisation de contact. On pourrait facilement imaginer que si c’est dans le panier, c’est dans la poche, mais ce serait aller au devant de grosses déconvenues. D’abord, au milieu de cette faune de profils féminins, il faut retrancher les « collectionneuses de panier ». Elles sont assez facilement reconnaissables, vu que leur nombre d’ajouts au panier est affiché sur leur profil. Aucun intérêt à répondre à une fille qui a plus de cinquante ou cents ajouts au panier, on est à peu près sûr qu’elle est juste là pour s’amuser et probablement pas pour rencontrer. Il faut ensuite retrancher éventuellement les faux profils. Les faux profils sont parfois reconnaissables à leur aspect suspect : une bombe atomique qui a envie de « profiter de la vie » et dont la pratique préférée est « la sodomie » a toutes les chances d’être un attrape-nigauds. C’est frustrant mais c’est comme ça. D’ailleurs, j’ai souvent remarqué que les profils des filles les plus suspects étaient les rares à avoir leur rubrique « sexo » remplie en intégralité, voire à l’excès. Vient ensuite un autre problème que pour ma part je n’aurais pas su prévoir : les filles qui semblent sérieuses et qui nous autorisent à les contacter ne donnent parfois pas suite à nos sollicitations. Ca m’est déjà arrivé à plusieurs reprises comme c’est également arrivé à plusieurs de mes amis qui y ont été inscrits, ce n’est donc ni anodin ni accidentel. On reçoit un autorisation de contact, on envoie un mail parfaitement correct (sobre et personnalisé) mais contre toute attente on ne reçoit jamais de réponse. Particulièrement étrange ! Il m’est arrivé aussi d’entamer un échange de plusieurs mails dans un relatif enthousiasme partagé et de voir la demoiselle disparaître purement et simplement, soit parce qu’elle ne s’est plus connectée sur le site par la suite, soit parce que d’un seul coup elle ne m’a plus jamais répondu et ce sans raison et malgré une tentative de relance. J’aurais espéré une plus grande motivation générale de la part des filles faisant la démarche de nous contacter sur AdopteUnMec mais aussi étrange que ça puisse paraître, il ne faut pas s’y fier.

Pour couronner le tout, je suis tombé à plusieurs reprises sur des profils de filles qui visiblement n’avaient absolument rien compris au site et qui disaient en substance dans leur annonce : si vous voulez en savoir plus sur moi, n’hésitez pas à me contacter. Elles risquent d’attendre longtemps…

Dire qu’AdopteUnMec est un site d’abord conçu pour les femmes, ça n’a franchement rien d’erroné. Elles y sont les reines, elles délivrent les droits de paroles tout en se permettant le luxe de ne pas forcément répondre. Ca promettait déjà d’être compliqué pour nous les hommes mais si en plus de ça elles ne jouent pas le jeu, on n’est pas sorti de l’auberge.

Revival sur Facebook

Sans en être un utilisateur passionné, j’ai comme tout le monde mon profil personnel sur Facebook. Si j’aime beaucoup le principe du site et ce qu’il permet de faire, j’en ai toujours trouvé l’utilisation pénible et compliquée. Mais gageons que le manque d’intuitivité que je lui trouve s’arrangera avec le temps.

Pour le moment, ma politique en matière d’amis Facebook n’est pas le collectionnisme mais une sélection rigoureuse de gens avec lesquels j’ai des affinités particulières, qui comptent ou ont compté dans ma vie, ou qui font partie de mon présent. Ca m’a parfois amené à devoir refuser non sans une certaine culpabilité des demandes d’ajout : tantôt une vague copine de lycée désormais affublée sur sa photo principale d’un marmot bavouilleux et grimaçant, tantôt une vague connaissance que je ne serai pas amené à revoir, tantôt un ami d’ami dont je n’ai jamais entendu parlé de ma vie… Autant de spécimens qui ne me semblent pas avoir leur place dans ma liste d’amis que je n’ai pas envie de considèrer comme un vulgaire listing de noms, et dont je ne considère pas la taille comme une démonstration de valeur sociale.

Le 14 février dernier, jour de la Saint Valentin, voilà que je reçois une nouvelle demande d’ajout à ma liste d’amis. Comme ça arrive la plupart du temps, la demande d’ajout n’a été accompagnée d’aucun message personnel. Je me connecte donc sur Facebook et jette un coup d’oeil à l’extrait de profil qui m’est accessible : c’est une fille de 28 ans mais dont le nom ne me dit rien et dont la photo est un petit dessin qui ne me renseigne pas beaucoup plus. Une erreur, un genre de spam ? Une personne que j’aurais oubliée ou dont je ne connais pas le nom ? Je lui envoie un mot avant de passer à autre chose :

Quelques minutes plus tard, j’obtiens sa réponse :

Lize ? Celle de mon blog ?! Oh ben ça alors ! Lize est une fille que j’ai rencontrée sur Meetic en 2004, avec laquelle je n’ai pas été au delà du bisou avec la langue, et qui s’est caractérisée magistralement par ses annulations de dernière minute à répétition, ses disparitions continuelles et sa mythomanie en filigrane (vous trouverez le récit intégral de notre rencontre dans mon historique, mais un résumé plutôt complet est disponible ici !).

A l’époque, Lize, que j’ai tout de même fini par rencontrer quatre fois, m’a fait le coup de sept annulations en tout (et en deux mois, c’est beaucoup !) : respectivement à cause d’une panne de réveil, d’une rage de dents, d’une trop grande fatigue, d’un rendez-vous professionnel, d’une trop grande fatigue (à cause du rendez-vous professionnel), de la maladie grave d’un proche, puis d’un retour retardé de province. Ajoutez à cela que lorsque j’essayais de lui téléphoner, elle ne décrochait jamais et que quand je lui laissais un message, elle ne me rappelait pas. N’étant pas du genre à harceler les gens, je n’ai jamais insisté, mais elle revenait systématiquement à la charge (généralement au bout d’une semaine) en me retournant le truc, et en jouant les candides et les attachées : « je n’ai pas disparu », « tu n’es plus sur msn et tu dois avoir tes raisons… », « tu me manques », « Que de silences… »… Rien de tel pour me faire perdre la boussole ! A tel point que lorsque je recevais des appels ou des SMS d’amis avec lesquels j’avais quelque chose de prévu, j’avais le réflexe de m’imaginer que c’était pour annuler !

Bref, à cette époque, ce n’est pas que j’étais naïf (quoique), c’est juste que je manquais de courage et de fermeté pour l’envoyer chier une bonne fois pour toute et ne plus me laisser embarquer dans cette histoire.

Au final, après un mois sans nouvelles (j’avais fait la rencontre pendant ce temps d’Oona), Lize a tout de même le culot de m’envoyer un SMS à la fin du mois de mars 2004 à base de « Toujours sans nouvelles de toi » en essayant de faire croire qu’un problème technique me le fait recevoir avec vingt-huit jours de retard… Je n’y ai jamais répondu, l’histoire était close et je ne pensais pas que ça irait au delà. Et pourtant ! Neuf mois plus tard, le 25 décembre à neuf heures et demi du matin, ce n’est pas un petit Jésus bis qui me tombe sur les bras mais un SMS de Lize avec un « Joyeux noel » suivi de trois points de suspension. SMS absolument inattendu un jour pareil ! Heureusement que je n’ai jamais couché avec elle, sans quoi je me serais demandé si elle n’avait pas une (mal)heureuse nouvelle à m’annoncer. Lorsqu’elle m’a à nouveau envoyé un message dix jours plus tard et cette fois sur Meetic (finissant par « Je t’embrassse fort, je ne t’ai pas oublié »), je lui ai répondu, conformément aux requêtes d’un lecteur qui était prêt à parier sa chemise qu’elle referait encore surface, par un « Va te faire voir ! » court et sec. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles depuis ce jour !

Je ne me serais jamais imaginé la voir réapparaître un jour, quatre ans plus tard, sur Facebook et un jour de Saint Valentin en plus de ça ! C’est surréaliste ! Ainsi, après toute cette comédie où elle faisait mine de ne jamais comprendre ce que je lui reprochais et où elle inversait les rôles en me glissant que je la laissais sans nouvelles, elle reconnaît enfin aujourd’hui un « certain manque de tact » ! Quel pas, mes enfants ! Il a tout de même fallu qu’elle se souvienne de moi et de mon nom de famille pour me retrouver sur Facebook. Peut-être l’avait-elle noté quelque part (sur son téléphone) ? En tout cas, ce n’est pas via mon adresse email qu’elle m’a retrouvé car celle que j’utilise sur Facebook n’est pas celle qu’elle a peut-être conservée. Mais quand même, comment se fait-il qu’elle m’ait cherché après tout ce temps, alors même que j’avais presque oublié son prénom ?

Attisé par la curiosité, je réponds à Lize dès le lendemain :

J’avoue que j’ai du mal à comprendre ce qui peut bien la conduire à me contacter sur Facebook. Ce ne sont pas deux mois de médiocres échanges et quelques bisous avec la langue sur la fin qui justifient qu’on ait envie de reprendre contact avec quelqu’un cinq ans après. Surtout vu la façon dont ça s’est passé et terminé. On pourrait invoquer la simple distraction facebookienne de courir après quelques fantômes du passé mais ça ne me semble pas coller au style de la demoiselle, capable de refaire surface comme si de rien n’était après des mois de silence.

Fidèle à elle-même, elle ne répondra pas tout de suite et il me faudra attendre treize jours avant d’obtenir une réponse en vingt mots seulement :

Treize jours d’attente pour répondre ça ?! Quelle blague ! Inutile de fustiger son niveau intellectuel et son manque d’inspiration (certaines filles n’ayant rien à dire simplement parce qu’elles sont stupides), Lize est au contraire une fille réfléchie et très intelligente. Incroyable et déprimant de voir à quel point elle n’a pas changé ! S’arranger pour me contacter un jour de St Valentin (je ne crois pas aux coincidences) pour en fait ne rien avoir à me dire, c’est au delà de mon entendement. Faisait-elle un inventaire d’exs ce jour-là ?

Je me suis en tout cas bien gardé de lui faire quelques commentaires que ce soit en me contentant d’une réponse dont le minimalisme frise la grossiereté. Je pensais que l’insipidité de mon message la ferait un peu réagir, l’obligerait à sortir de sa torpeur ou la ferait s’arrêter là. Mais non, même pas… Lize m’envoie un nouveau message… vingt-trois jours plus tard :

Non mais vraiment… A croire que les gens confondent Facebook avec Twitter. Je n’ai rien répondu et je n’ai rien reçu depuis. End of the story?

Léa’s Story (5) – Et en vrai, est-ce comme en faux !?!

Vous avez découvert comment Léa avait lu et perçu mon blog. Vous avez vu naître son désir d’entrer en contact avec moi. Vous l’avez vue passer à l’acte en m’écrivant des mails. Vous avez suivi ses impressions et ses envies lors de nos premiers échanges virtuels. Voici maintenant l’épisode de notre rencontre et de ce qui en découlera. Dernière partie du récit de notre rencontre du point de vue de Léa.

    «

Et en vrai, est-ce comme en faux !?!   

Nous avions rendez-vous à Châtelet un vendredi en fin d’après-midi . Un peu avant l’heure, il m’envoie un SMS pour m’indiquer qu’il sera légèrement en retard (une autre de ses marques de fabrique…) ce qui m’arrange : je n’ai pas à me presser et ce n’est pas plus mal.

J’arrive sur place et attends. Je commence à avoir un peu peur ce qui n’est pas normal puisqu’on n’a pas peur dans ce genre de circonstances. Cela dit, le côté grisant l’emporte et quitte à choisir un sentiment dominant, je suis plutôt contente ! J’ai, à ce moment là, la conviction de n’avoir absolument rien à perdre et pour une fois ce que je pense est raisonnable.
Pendant que j’attends, un mec vient me parler et j’ai du mal à m’en dépêtrer ce qui provoque une légère appréhension de ma part parce que c’est la première fois que je vais voir Anadema et il n’est pas certain qu’il parvienne à me reconnaître donc si je suis affublée d’un plouc qui me colle ça rend les choses potentiellement plus laborieuses. Le temps passe étrangement lentement parce que je me souviens avoir eu l’impression que le boulet m’a parlé un certain temps. D’ordinaire je suis plutôt expéditive (ou du moins pas d’une amabilité relative : doux euphémisme !) lorsqu’un pot de colle me gonfle mais là je n’arrive pas à m’en détacher… Suffisamment de temps d’ailleurs pour qu’il me fasse flipper (non pas par peur de lui mais du contexte et du fait qu’il compromette ma bonne humeur ou plus largement la situation : c’est un paramètre imprévu et pas plaisant en somme).

Je parviens finalement à me libérer du lourdaud quand je reçois un coup de fil d’Anadema. Je suis incapable de dire précisément ce qu’il m’a raconté mais ça devait être un truc du genre « Où es-tu ? », la ruse étant simplement destinée à me faire marcher (au sens propre ET littéral) plus qu’à savoir où j’étais. Il était d’une humeur facétieuse – ce qui s’avèrera récurrent chez lui – et il voulait vérifier que c’était bien moi sur la place tout en s’amusant un peu… Au bout du fil, il ne m’indiquait pas être arrivé alors que lorsque j’ai balayé du regard la place je l’ai vu ! Lui ! Les photos ne travestissaient donc pas la réalité puisque je l’ai reconnu aisément.

Il me parlait donc au téléphone, à quelques mètres de moi mais il ne me regardait pas tandis qu’au bout du fil il feignait d’être ailleurs que sur la place. Lorsque je me suis avancée pour aller à sa rencontre, il s’en est allé l’air de rien, faisant toujours comme s’il ne me voyait pas. Pendant ce temps, au bout du fil, je lui indiquais que JE SAVAIS où il était mais lui faisait mine de ne pas comprendre ce que je voulais dire !! Il se foutait de moi là !!! Il a traversé, je me suis donc retrouvée à cavaler pour le suivre dans la rue tout en l’ayant au bout du fil. Je sais m’être dit « Ne te fais pas écraser, tu vas tout bousiller ! » lorsque je me suis mise à le suivre.

Voulait-il reproduire ce qui résumait pour le moment notre seule « histoire » commune : Léa poursuivant Anadema ? Il faut croire… J’ai fini par le rattraper. Il tentait encore de fuir et ne m’avait adressé encore aucun regard. Je l’ai attrapé par l’épaule et je réalise a postériori que si ça n’avait pas été lui, j’aurais été assez ridicule à interpeller un mec qui se serait demandé ce que lui voulait cette folle disant « C’est toi, je sais que c’est toi ! ».
C’était donc effectivement lui ! Alors pour continuer à me mettre en confiance, après mon pseudo harcèlement par le net, j’ai dû lui courir après dans la rue pendant qu’il me fuyait… Anadema n’a aucune difficulté à marquer l’arrêt sur des détails qui sont potentiellement susceptibles de faire rougir son interlocuteur et insister dessus, je me demande même des fois si ce n’est pas involontaire tant ça peut devenir gênant… Là justement, comme si ce n’était pas suffisamment difficile à assumer de l’avoir traqué, on fait tout sauf éluder le sujet puisqu’il me taquine avec ça… Mais c’est de bonne guerre. C’est même drôle en fait.
Je n’ai pas d’idée de ce que l’on a pu se dire précisément. Je sais ce que j’ai pensé : je me suis dit qu’il était moins grand que ce que je pensais et que ce que je « voulais » mais ce n’était pas grave. Lorsque j’ai appris par la suite qu’il s’était (notamment) dit, à ce moment là, que j’étais un peu (trop) grande, c’est d’autant plus amusant. Je l’ai trouvé tout à fait conforme aux clichés que j’avais vu : beau, beau, beau…Ah ! Et puis beau aussi !

Nous sommes allés dans un café, avons bu un cocktail en discutant. Il a parlé et m’a écouté. Il a joué au blaireau, au blogueur prétentieux, ce qui était finalement le meilleur moyen de désacraliser la chose : il m’a « offert » une phrase que j’avais le droit de garder, une spéciale dédicace d’Anadema. Pffff ! Je crois qu’elle commençait par « Les sites de rencontres sont, aujourd’hui, devenus… » mais je ne sais plus la suite. C’était une bonne chose pour atténuer la dimension un peu particulière de la rencontre que d’exacerber le côté groupie d’un côté et fausse « star » à 10 balles d’un autre côté.
Il regardait souvent sa montre cachée dans sa poche, ce qu’il croyait d’ailleurs faire discrètement (pfff). Ca ne m’a pas forcément rassurée sans pour autant vraiment m’inquiéter, j’ai juste relevé. Maintenant que je le connais, je sais que c’est tout à fait normal !

—————————————- Interlude « ça balance sévère » —————————————-

Anadema a un lien étrange, voire malsain vis à vis de sa petite montre. Ca en deviendrait même pathologique. On ne peut d’ailleurs plus vraiment appeler ça une montre vu qu’il lui manque le bracelet. C’est d’autant plus inquiétant qu’il est (presque) systématiquement en retard…

Pour le rendre fou, la lui voler ! Succès garanti !!

———————————————— Fin de l’interlude ————————————————

Lorsqu’est venue l’heure à laquelle les transports vont se faire plus rares, ou inexistants, nous nous sommes levés. Et moi, l’air de rien je l’ai accompagné jusqu’à l’entrée des escaliers de métro. A ce moment et depuis le début de la soirée, la tombe qu’il était ne m’avait pas laissée entrevoir ce que je pouvais lui faire comme effet – ou absence d’effet justement. Il en a d’ailleurs joué en m’indiquant pendant la soirée lorsque je suis allée aux toilettes qu’il pourrait ainsi profiter de mon absence pour mettre les voiles et me planter là plus facilement. Cela dit, je savais que ça n’avait pas été éprouvant pour lui parce qu’il n’était pas encore parti et que nous avions passé un bon moment mais je n’avais aucune idée de ce qu’il en pensait plus précisément. Lorsqu’il m’a proposé de le suivre (j’avais l’impression d’être une clandestine qui essaye de s’incruster sous les camions ou bien partout où il y a de la place) je ne sais même pas si j’ai naïvement fait mine de me poser la question en hésitant puisque la réponse était OUIIIIIIII. A vrai dire elle aurait été exactement la même s’il me l’avait proposé dès notre rencontre : ça me semble évident. Pourtant, j’ai été surprise de constater récemment en échangeant avec lui qu’il ne le savait même pas sur le coup ! C’est là que je le crois naïf : il n’était pas certain que je souhaitais venir chez lui alors que de mon côté c’était limpide, ou du moins je n’avais pas fait de mystère sur mes intentions ! Comme quoi, on n’envoie parfois pas exactement les signaux que l’on croit envoyer… Je mesure dans cette situation que les choses ne proviennent pas forcément de ce que j’appelle sa naïveté puisqu’il est fort probable que j’ai malgré moi contribué à son incertitude en n’étant pas forcément communicative.

Nous sommes donc allés chez lui où nous avons continué à discuter. Monsieur avait un peu faim, il a donc mangé un morceau. Nous nous étions retrouvés à une heure à laquelle (je crois que ce devait être 19h) les gens « normaux » (comprendre par là jeunes et pas spécialement affamés) n’ont pas encore mangé donc c’était normal… De mon côté, impossible d’avaler quoi que ce soit : je ne m’explique d’ailleurs pas le fait d’avoir le ventre noué mais dans le même temps ne pas ressentir de gêne ou me sentir mal. Sur le coup, j’étais très bien même si un peu (beaucoup) timide je pense. Je crois que l’on a pas mal discuté avant de passer à autre chose. Depuis que nous étions rentrés nous étions attablés à des tabourets en hauteur et l’on se faisait donc face. Il n’y avait donc pas eu d’étape canapé (le meilleur allié des rapprochements progressifs). A un moment j’étais debout, il s’est mis derrière moi, a enroulé ses bras autour de ma taille et m’a embrassée lorsque j’ai tourné la tête vers lui. Voici le léger déclic qui a fait passer l’échange du stade d’interaction courtoise à une étape plus étroite. Ce qui me surprend finalement est que sur le moment, j’avais le sentiment de passer par les phases « usuelles » de séduction alors que je pensais en amont de la rencontre qu’il allait en être autrement à cause de l’interface blog et du mode de contact utilisé. Je pensais que les choses allaient être moins teintées de doutes constructifs et d’incertitudes grisantes sur ce que peut penser l’autre. J’étais conquise a priori mais j’ai paradoxalement eu droit à une rencontre virtuelle presque conventionnelle (mais en bien mieux puisqu’un tri préalable m’assurait que je l’adorais et que nous avions des atomes crochus).
Rien à signaler de particulier si ce n’est qu’aucune tare physique ou psychique de part ou d’autre n’est venue entraver le déroulement des choses.

—————————————— Interlude érotico-pudibond ——————————————

Comment trouver un juste milieu entre propos olé olé et prudes à la fois ?
Je peux dire, par exemple, que les deux protagonistes concernés ont été nus dans la même pièce. Je peux également ajouter qu’ils ne portaient pas de gants. Je peux enfin préciser qu’aucun animal n’a été maltraité pendant la (longue !) séquence.

– En mode stratégique (sous-titre : en mode je ne veux pas qu’on approche Anadema) : Ce fut un fiasco. Une vraie catastrophe : ce garçon a visiblement un problème. Il s’y prenait comme si j’étais une boîte noire dont il ne connaissait pas du tout le contenu et le fonctionnement. Par moment ça a même été douloureux. J’ai d’ailleurs dû vomir juste après. En trois mots : affligeant, soporifique, pitoyable.

– En mode loyal : Je n’ai pas réalisé que c’était la première fois entre nous. C’est le genre de choses qui n’arrivent pas si souvent. J’ai eu l’impression d’économiser tous les tâtonnements (ceci n’est vraiment pas un jeu de mots !) hasardeux qui sont parfois nécessaires lorsque l’on découvre quelqu’un. Il est doux et terriblement stimulant à la fois. C’est une composition particulière dans laquelle aucun de ces deux éléments ne l’emporte. Ils sont équilibrés exactement comme il faut. Si on ajoute à cela le fait qu’il est paré d’absolument tout ce qu’il faut pour contenter n’importe qui disposé à y mettre de la bonne volonté, alors on peut se représenter à peu près les choses telles qu’elles se sont déroulées !! (si Anadema se permet d’ajouter avant publication un NDLR indiquant « Ces propos n’engagent QUE Léa » il est possible que vous n’ayez plus de nouvelles de lui (vivant) sur son blog…!)

– En mode mytho : Dès qu’il s’est approché de moi, il est tombé dans les pommes d’émerveillement. Ses yeux indiquaient : « Je n’ai jamais vu une beauté pareille, et avec tant d’intelligence, générosité, gentillesse… ». Il était tellement intimidé en reprenant ses esprits qu’il baissait le regard et n’a pas pu me regarder dans les yeux avant… au moins plusieurs heures.

———————————————— Fin de l’interlude ————————————————

J’ai donc passé la nuit chez lui mais lorsque nous nous sommes quittés le lendemain, je ne savais pas ce qu’il en était. Il ne m’apparaissait pas impossible qu’il n’ait pas spécialement envie de me revoir même si de mon côté il était assez clair que je le souhaitais. Pourtant, j’avais l’impression que je pouvais aisément me contenter de cela parce que le moment que nous avions partagé me semblait plaisant, doux, et très agréable. Compte tenu du fait que je n’avais finalement pas envisagé réellement quelque chose avec lui, les choses ne me seraient pas apparues malsaines si elles s’étaient achevées là.

Je crois lui avoir envoyé un mail le lendemain dans lequel je n’indiquais pas cela. J’ai dû maladroitement lui montrer que j’étais contente mais je ne me montrais pas insistante (promis, le mail n’excédait pas les 86 pages : raisonnable en somme…). Il m’a répondu le jour même quelque chose me laissant penser qu’il souhaitait que l’on se revoit. Mais avec lui, rien n’est jamais dit comme ça ! Il est passé par une savante explication de texte du mail que je lui avais envoyé, pour m’indiquer que oui il consentait à faire « ce que je lui demandais ».
Nous nous sommes vus à partir de là. Pendant très longtemps, je ne savais pas ce que j’étais exactement pour lui, je ne l’ai compris que récemment, ce que ma tendance à ne pas vouloir évoquer les choses qui fâchent n’a pas arrangé.

Il m’est arrivé de penser, avant d’avoir pu lui parler, au fait qu’en le contactant je devenais une des filles affublées de pseudos dont il parle sur son blog et m’interroger sur ce que cela impliquait. Cela ne me plaisait pas du tout. J’aurais aimé, je crois, que quelqu’un que je rencontre parle de moi et prenne le temps d’écrire sur ce qui a pu se passer entre nous (ne serait-ce que parce que cela dénote une implication bien que toute relative). Mais, là les choses étaient différentes puisque j’en avais déjà connaissance en amont et je n’avais vraiment aucune envie d’imaginer qu’il puisse faire de même. Au départ, étant donné que j’étais persuadée qu’il ne se passerait rien, la question ne ne posait pas. Tout simplement. Le fait d’appréhender cette rencontre au prisme de ce que j’ai pu lire sur son blog m’a trop souvent conduite à vouloir imaginer ce qu’il pouvait penser, se dire en face de moi, ce qu’il en aurait écrit en somme ! Comme j’avais pu savoir ce qu’il en avait été avec d’autres filles rencontrées, il était bien trop tentant – et même impossible à réprimer – de transposer à moi. Je ne fantasmais pas du tout ce qui se passait. Aucunement même.. La particularité de la situation était que j’avais accès à une vitrine vaste dévoilant ce qui avait pu lui arriver avant et de manière tellement détaillée. En temps normal, on ne découvre tout ça explicitement lorsque l’on se met avec quelqu’un. Au mieux on en parle vaguement mais jamais on ne prend connaissance de toutes ces choses et de cette manière-là.
Tout cela, je lui ai dit : il le savait puisque lorsque je faisais référence au blog, c’était en ces termes-là. On pourrait alors me dire « Mais c’était gros comme une maison ! Ce n’est pas sain depuis le départ ». Le seul problème, si problème on veut désigner, étant que j’ai fait connaissance avec lui par ce biais, par le blog, qui aurait pu se voir conférer une importance qu’il n’aurait pas dû avoir. Mais justement, le blog s’est progressivement effacé, ou du moins s’est vu moindrement évoqué pour passer du rang de troisième protagoniste à celui d’ « ingrédient » parmi d’autres de notre interaction.
J’ai oublié plus vite que ce que j’anticipais et l’asymétrie entre nous deux qu’avait créée le blog s’est résorbée assez vite. La relation est devenue « normale », affranchie de ses écrits auxquels « tout le monde » avait accès. Je continue pourtant de m’y référer pour le taquiner, discuter, échanger, ou sonder éventuellement. Pour répondre aux questions que je me posais en amont, je peux légitimement considérer que je ne me trompais pas en supposant une compatibilité entre nous, que nos chamailleries, nos divergences d’opinions ont d’ailleurs validé plus qu’effacé.

Depuis, les choses ont évolué (je pourrais également ajouter que je n’aime pas spécialement la couleur orange et les yaourts aux pruneaux mais ce serait hors sujet).
Notre relation se définit, selon moi, désormais comme un mélange de complicité teintée d’attirance, d’amour et d’amitié.
Ces ingrédients se calibrent différemment au gré des envies, circonstances et humeur et je ne sais quel autre paramètre encore…

»

 

Léa’s Story (4) – Alléluia ! Contact établi…

Les quatre mails que Léa m’a envoyés sur Meetic sont restés sans réponse. L’enthousiasme spontané qui avait guidé sa démarche se transforme petit à petit en une certaine amertume, à mesure qu’elle sent s’éloigner toute chance d’initier des liens avec moi. Avant-dernière partie du récit de notre rencontre du point de vue de Léa.

    «

Alléluia ! Contact établi…   

Cela permet donc de situer les choses lorsque je constate un soir, assez tard je crois, que j’ai ENFIN reçu les accusés de réception de la part de Meetic ! La chance faisant que je suis devant mon ordinateur, je me connecte et le vois en ligne ! Il redevient une vraie personne ! Il existe ! Je n’ai absolument rien à perdre et rien ne sert de feindre le détachement (qui serait d’une crédibilité plus que relative vu ce que j’ai pu faire pour le trouver…) alors je l’interpelle sur le tchat mais n’obtiens aucune réponse. Mais je m’en fiche ! Il existe et il m’a lue ! Je suis incapable de dire si j’ai reçu son mail de réponse sous forme de poème avant ou après avoir essayé de lui parler – je suis sûre que c’était le soir même en tout cas. Tout ce que je peux dire est que je serais allée lui parler avec ou sans ce mail. Mail dans lequel il me donne son adresse MSN, ce qui suggère un contact à venir ! Ca m’angoisse un tout petit peu mais pas longtemps finalement puisque le fait d’avoir envoyé tous ces mails sans que cela ne le rebute me donne en quelque sorte une espèce d’assurance me laissant penser que je ne vais pas avoir à « travailler » l’échange à venir. Le mail qu’il m’a envoyé m’a fait plaisir en ce qu’il me montrait que je n’étais pas si ridicule que ça après tout ! Ca dédramatisait un peu mes assauts finalement (oui, toujours Zelda…). Au-delà du contact à venir, le mail m’a vraiment soulagée : il était réceptif ! Il me semble qu’à la première lecture j’étais tellement pressée et enjouée que je ne suis pas parvenue à me stabiliser pour le lire de manière linéaire : je ne pouvais pas m’empêcher de le lire vite, vite ! En faisant des va et vient de bas en haut et de haut en bas. Il me semble malgré tout, par empressement, avoir au début cru que le ton était moqueur et qu’il se foutait de moi littéralement ! Mais, ça a dû durer un quart de seconde probablement, soit pas assez longtemps pour avoir pensé « Quelle enflure ! ».

C’est finalement au bout de deux semaines (environ) que je le vois connecté sur MSN et que je vais lui parler, c’était le 31 décembre.

Ce que l’on a pu se raconter a été publié ici (pffff) donc je n’ai pas spécialement besoin d’indiquer ce que l’on s’est dit. J’avais une webcam que j’ai allumée, j’avais le sentiment de ne pas me mouiller à outrance en lui montrant à qui il avait à faire. De toute façon je n’avais pas de photos donc pas d’autres solutions. Les photos me semblent avoir le désavantage d’immortaliser à outrance et ainsi permettre à l’autre de nous détailler sous tous les angles, y compris les choses peu reluisantes. Donc en somme, même si j’avais eu des photos, je n’aurais pas été ravie de les envoyer, d’autant plus que je me rappelais d’une remarque sur son blog indiquant en substance « Quelle idée d’envoyer à un inconnu des photos en résolution XxX si les clichés ne sont pas totalement flatteurs ! ».
A en juger par le nombre de clichés que j’ai pu voir – ce que je dis là est valable bien au-delà des sites de rencontres – qui sont loin de mettre en valeur mais qui sont malgré tout arborées comme des modes de valorisation, cette manière de voir les choses n’est pas si répandue. Sans parler de pollution visuelle pour autant (mais presque…), je suis sidérée par certains clichés qui peuvent traîner sur le net (entre autres) et qui sont visiblement utilisés à des fins valorisantes par les intéressés. Ces derniers ne semblent donc pas réaliser la portée de la vitrine qu’il peuvent montrer d’eux.
Les images animées sont une sorte de diversion qui ne m’apparaissaient pas trop susceptibles de me compromettre étant donné que nous étions en quelque sorte déjà engagés dans un échange. Et ce, même si je pense que le simple fait de ne pas arborer un magnifique mono-sourcil noir, souffrir de strabisme ou détailler fièrement des tatouages de dauphins fan de Jean Roucas sur le bras aurait pu suffire pour ne pas m’éliminer d’office. L’interface webcam pouvait laisser supposer que j’étais potable donc je me suis probablement dit qu’il fallait en user ! D’autre part, je ne savais pas qu’il pouvait matériellement conserver des images de cet épisode. Naïve je suis et j’ai sous estimé son côté « fétichiste » qui a posteriori n’est pourtant pas pour me déplaire…
Je sais que je n’ai pas été très satisfaite de ce premier contact : je lui ai fourni tout un tas de raisons justifiant qu’il me zappe sans autre forme de procès. A propos de cette histoire d’admettre ou non que je connaissais le blog, il est certain que je voulais le lui dire mais je n’en avais aucune envie tout de suite, lors du premier contact que j’avais si laborieusement obtenu. Pour le reste, le fait de ne pas m’être insurgée contre le rôle de blaireau qu’il s’est donné, il me semble qu’Anadema a, en conclusion du post qui évoque cet échange, très bien expliqué la chose. Je ne pouvais pas, dans l’immédiat, mettre un terme à la conversation. Le tout me paraissait vraiment trop frais et je ne disposais pas de suffisamment de recul. Je ne m’attendais vraiment plus à lui parler, ou du moins pas là : il m’avait donné son adresse mail il y a « un certain temps » et un 31 décembre – juste avant d’aller réveillonner – n’était clairement pas le moment que j’anticipais pour lui parler…
Je sais que j’ai cru à un moment qu’il n’était effectivement pas le blogueur… pour ensuite changer d’avis… Je ne sais plus tellement. Après cette conversation, j’étais assez mitigée mais contente : pas satisfaite de ce que j’avais pu dire et rassurée d’avoir fini par lui parler pour constater qu’aucun choc ne s’était passé (en clair, je ne m’étais pas dit « Mais ce con est sans intérêt ! »). Il m’a envoyé dans la nuit un SMS de bonne année juste assez équilibré entre « Je suis un être membré » et « Je suis délicat ». A ce moment là, je crois que le degré d’attraction que je pouvais ressentir à son égard se situait à 97 sur une échelle de 0 à 100. Il est donc évident que je ne disposais plus du tout de clairvoyance ni d’aucun discernement. Est-ce à dire qu’il en a abusé en ne coupant pas le contact avec une jeune fille qui n’avait plus tout son esprit et donc plus aucune défense. Oui ! Si on veut ! Je suis d’ailleurs sûre que cette représentation des choses pourrait lui plaire… Sauf qu’il ne le savait pas (je ne suis pas certaine qu’il l’ait su jusqu’à me lire ici d’ailleurs)… Donc le chef d’accusation d’abus de confiance n’est pas fondé.

… et opérationnel !   

Nous nous sommes ensuite parlés pas longtemps après sur MSN sur une période assez étendue (je me demande même si ça n’était pas le lendemain d’ailleurs : je suis vraiment incapable de mieux situer que cela pour les questions de calendriers en tout cas…). Là encore, je n’ai pas dû briller de finesse, ce que j’ai pu vérifier en lisant le récent post qu’il a publié à ce sujet. Toujours est-il que le soir, assez tard, j’ai dû amener l’idée d’une rencontre à propos de laquelle, me semble t-il, il n’a pas été d’accord instantanément. Je crois surtout qu’il me faisait marcher, ce qui inaugure un de ses amusements favoris avec moi. A posteriori, je doute, en effet, qu’il n’ait pas voulu me rencontrer, mais en situation je peux être assez crédule… Je pense qu’il voulait à ce moment-là me rencontrer quoi qu’il en dise (ou ait dit) : une jeune poule de 21 ans dont l’attirance pour lui ne faisait aucun doute lui proposait implicitement – je ne pense pas lui avoir fait d’avances sexuelles – de détailler son anatomie sans qu’il puisse être au moins un peu réceptif ??? Ca me semble peu crédible (et totalement improbable maintenant que je connais le coco).
Je me suis demandé à plusieurs reprises comment il pouvait appréhender les choses et je n’aurais vraiment pas voulu être à sa place : ma position me semblait bien plus enviable ! Pour deux raisons.
D’une part, le contact avec une fille déjà acquise en quelque sorte, puisque j’ai dû amplement minauder (même par l’intermédiaire d’un clavier c’est faisable oui !), devait s’avérer beaucoup moins stimulant qu’à l’accoutumée dans la mesure où le fameux doute inquiétant mais stimulant accompagnant la séduction « usuelle » disparaissait.
D’autre part, je l’avais, c’est évident, fantasmé donc potentiellement magnifié. La réalité pouvait donc difficilement être à la hauteur de mes projections. Juste pour ne pas être confrontée à quelqu’un que je vais forcément décevoir, j’aurais évité la rencontre à sa place. J’en suis même venue à me dire à ce moment là que le fait pour lui d’accepter relevait d’une ingénuité presque sotte ou d’une assurance démesurée. Dans les deux cas, cela ne me semblait pas forcément être une bonne chose (effectivement, qu’il soit sot ou imbu de sa personne : on a vu mieux comme qualités) même si paradoxalement j’avais envie qu’il accepte (je ne crois pas avoir présenté cette histoire comme étant cohérente)…
Il me semble que nous avons dû convenir d’une date. « Youpi ! » : c’est en substance et de manière très réfléchie ce que je me suis dit. Et, au détour d’une boutade, s’est posée la possibilité de nous parler de vive voix dans l’instant ! J’ai dû lui dire que j’avais une voix de camionneur – ce qui est faux – ce qu’il a voulu vérifier en m’appelant. Pour éviter les déceptions, j’ai tendance – pas toujours volontairement – à me peindre de manière très dépréciative pour espérer susciter une bonne surprise ensuite (fiabilité de la méthode à discuter, j’en consens…).

Il m’a donc appelée. Cet épisode me semble justifier tout un aparté tant il a constitué pour moi un aspect important du processus de séduction qui, contrairement aux apparences, n’était pas achevé de mon côté puisqu’il pouvait me plaire encore plus qu’à ce stade (si si !). Il m’a appelée instantanément je crois, j’ai d’ailleurs été prise de court. Sa voix m’a semblée bien plus séduisante que tout le reste : plus que ses écrits, plus que les clichés que j’avais vus de lui… Mais vraiment ! Je me souvenais avoir lu sur son blog que sa voix avait déplu à je ne sais plus quelle fille (Oona me semble t-il, mais je n’y jouerais pas mes cheveux), ce qui n’a pas manqué pas de me surprendre parce que de mon côté il en allait VRAIMENT autrement ! Il a objectivement une voix très agréable – je ne suis pas la seule à le dire – et qui a un potentiel à susciter bouillonnement (le mien en tout cas : je ne dis pas que c’est universel). J’étais donc tout sauf clairvoyante. Encore aujourd’hui, je glousse bêtement au téléphone lorsque je l’entends.
Nous nous sommes reparlés avant la date de la rencontre me semble t-il et avons confirmé la date que nous nous étions fixée.

»

La suite : « Léa’s Story (5) – Et en vrai, est-ce comme en faux !?! »

Léa’s Story (3) – Se jeter à l’eau…

Après avoir réfléchi à la manière dont elle allait me contacter et trouvé ma fiche originale sur Meetic, il ne reste plus à Léa qu’à m’y écrire un message. Suite de notre rencontre, racontée du point de vue de Léa.

    «

Se jeter à l’eau… ou plutôt dans la boue…   

J’ai donc écrit le premier mail que j’allais lui envoyer et qu’il a fini par publier ici : masochiste je suis pour y avoir consenti, même passivement. On m’a suffisamment rabâché la nécessité de se relire « à froid ». Je me suis donc laissé la nuit pour y jeter un œil le lendemain. Je peux aisément comprendre qu’on trouve la lecture de ce que j’écris laborieuse que ma réticence à me relire illustre aisément [NDLR : rédigé antérieurement aux commentaires]. Le lendemain, je jette un œil à ce que j’ai écrit et j’envoie le mail au profil Meetic. Manière très personnelle de relire : j’évite soigneusement ce dont je ne suis pas satisfaite, sachant pertinemment que nous ne trouverons jamais de compromis mon auto-correcteur et moi si je marque l’arrêt trop ouvertement sur les parties lacunaires. Je l’ai finalement envoyé avant d’avoir trop regardé ce que j’avais couché sur l’écran parce que connaissant ma manière de procéder, je ne l’aurais jamais envoyé et ça aurait fini – à juste titre – par me faire hésiter.

Je ne mentirais pas en indiquant que j’ai hésité avant d’envoyer le premier mail, n’étant pas totalement certaine de revendiquer la dimension, disons très enjouée, très jeune et très « très » en somme… Non pas que ce n’était pas moi ! Mais simplement être « autant » moi rendait probable le fait qu’il n’apprécie pas les mails. L’hésitation n’a pas été très longue puisque j’ai compris qu’il y avait deux hypothèses : soit il accroche, soit il n’accroche pas (j’ai oublié d’indiquer en prologue que j’étais d’une perspicacité renversante).
Dans le premier cas, si je consentais à faire quelques compromis pour rendre mon mail plus conventionnel, j’atténuais justement ce qui pouvait le faire accrocher (en plus de me travestir, ce qui ne me plaît pas des masses).
Dans le second cas, si je consentais à faire ces fameuses concessions, je n’atténuais pas grand-chose puisque le mail resterait « teinté de moi » mais aurait également un peu perdu de son âme : il n’accrocherait donc pas davantage et j’aurais dénaturé ma façon de voir les choses ce qui aurait donné un truc fade au possible. J’ai donc opté pour le naturel. On dirait la morale d’un dessin animé qui expliquerait pourquoi il ne faut pas mentir… Sauf que là ce n’était pas une question de principe mais une décision rationnelle se situant davantage sur le registre du calcul stratégique animé par mon objectif – toucher Anadema au sens littéral ou figuré que l’on souhaite donner à ce terme selon l’humeur – que sur une volonté de transparence.

Si je pouvais tout à fait imaginer l’éventualité qu’il ne soit pas réceptif à mes élucubrations, je digérais beaucoup moins la possibilité que ça puisse être un simple concours de circonstances qui évince mon mail. D’où mon insistance, qu’il m’a été injustement reprochée ici me semble t-il. Loin de constituer le reflet d’une névrose de ma part, j’estimais que ces mails en chaîne continuaient justement dans la même logique : jouer, au risque de surjouer, la carte de j’ai eu envie de valoriser chez moi pour l’intéresser, une espèce de singularité (que l’on peut tout à fait contester, je le consens). J’étais persuadée que c’était la seule chance que je pouvais avoir, me doutant bien que des mails du type « J’aime ton blog (…) Je suis sensible à ce que tu écris (…) Bla bla » écrits dans un français correct par des filles potables ne devaient pas être anecdotiques. Ma stratégie un peu (trop ?) costaude m’apparaissait donc être la seule potentiellement payante à côté de celle consistant à envoyer des photos de moi à poil (dont la fiabilité était à démontrer d’une part et à laquelle je n’avais pas spécialement envie de m’atteler d’autre part, du moins pas déjà !).

… pour réaliser ne pas savoir nager finalement   

Le deuxième mail que j’ai envoyé ne répondait pas à cette logique. Après avoir envoyé le premier, j’ai voulu mettre ça de côté, me persuadant que « Maintenant c’est fait, je n’y pense plus ». Pourtant j’y ai tout de même jeté un œil après. Bêtement. Et là, j’en ai mesuré toutes les lacunes… A défaut de pouvoir annuler l’envoi, je me suis alors convaincue que mon seul espoir (oui, j’emploie un vocabulaire donnant l’impression que je joue à Zelda, j’ai quand même le droit de romancer les choses, au moins par voie lexicale, puisque c’est mon récit) résidait dans un mail de complément. Je l’ai donc pondu puis envoyé en précision du premier mail. En fait, j’ai dû ajouter ce que j’ai supposé faire défaut dans le premier (évoquer la question de l’apparence par exemple puisqu’aucune photo n’était sur mon profil !). D’où le deuxième mail…
J’ai attendu je ne sais pas combien de temps et aucun accusé de réception ne me parvenait, même après plusieurs jours. Qu’il ne se connecte pas est une chose mais, en général, à un compte sur un site de rencontre est associé un mail perso auquel sont transmises les alertes du type « Lover_kiss_kiss75, vous avez reçu un mail !! Connectez-vous pour le découvrir !!! » donc il avait forcément eu vent de mes tentatives d’attouchements virtuels mais ne les lisait pas…
Zut.

Toujours est-il que je me suis finalement décidée à rédiger le mail suivant, poursuivant dans ma logique évoquée plus haut… A ce stade, je n’y crois pas, ou du moins, j’ai 14 % d’espoir… Mais mon investissement ne s’en ressent pas ! Finalement, l’exercice me plait, je trouve ça drôle ! Le fait que rien n’ait été lu me permet de ne pas marcher sur des œufs : je parle toute seule après tout ! Ca a certes un côté pathétique, que je mesure, mais pas suffisamment pour me dissuader de jacasser.
Alors oui, jusqu’à maintenant, il est surtout question de moi, Anadema ayant en quelque sorte oublié de se joindre à la fête puisque mes mails ne sont toujours pas ouverts… ! Et du coup, mon endurance finit par s’éroder et lorsque je me suis décidée à envoyer le dernier mail (oui quatrième… J’assume…), j’ai pris la décision d’arrêter parce qu’il me semblait qu’à ce stade, mon estime de moi commençait à en prendre un petit coup. Coup léger mais effectif. A quoi rimait le fait d’écrire des fleuves de mails à une personne inconnue qui pouvait éventuellement s’avérer être un sale con avec des oreilles sales ? Ca avait tendance à me renvoyer une image de moi un peu pathétique même si, je précise encore une fois, j’avais une vie : il ne faut exagérer l’importance que je pouvais accorder à la chose à cause de mon « implication » et surtout à cause de la focale ici clairement ciblée.
Finalement, envoyer ces mails et donc personnifier mon lien avec lui – absence de lien en l’occurrence… – avait abusivement créé une sorte d’injonction implicite à son encontre, à me répondre. Pourtant, je mesure bien que ce n’était pas justifié puisqu’il n’avait rien demandé après tout… Mais bêtement, mais on finit par se dire « Casse toi pauv’ con, je te montre que je m’implique, ce qui atteste d’un intérêt certain que je te porte et tu t’en moques : pffff, comme tout le monde finalement. Bien la peine d’arborer sans cesse ta considération pour les autres et fustiger l’absence d’implication de la populace… ! ». Toujours est-il qu’il commençait à me gonfler… Ou c’est finalement moi qui me gonflais mais c’est toujours plus simple de trouver un responsable distinct de soi.
A l’origine, lorsque je ne faisais que lire son blog, personne n’existait : Anadema était un blogueur, une sorte de personnage. En le cherchant, je lui ai attribué un visage. En le contactant, j’en ai fait une personne dans mon esprit. Par cette absence et ce silence radio, il redevenait personne (et non plus UNE personne justement) et je crois que c’est aussi ça – au-delà de ma fierté ébranlée – qui m’attristait un peu. J’avais personnifié ma quête (je ne recycle pas la parenthèse évoquant Zelda un peu plus haut mais le cœur y est…) et là, elle redevenait complètement anonyme.

»

La suite : « Léa’s Story (4) – Alléluia ! Contact établi… »

Léa’s Story (2) – Conversation unilatérale

Après que Léa découvre mon blog et le parcourt, il lui vient l’idée de la possibilité de me contacter. Voici le deuxième épisode de ma rencontre avec Léa, racontée de son point de vue.

    «

Conversation unilatérale   

Jusque là, pas de « souci » particulier, ou du moins rien qui justifie la suite puisqu’il m’arrive d’être positivement surprise par des propos entendus, par des choses vues, ou lues… Néanmoins, je finis par imaginer des choses et fabuler sur l’éventuelle impression que je pourrais lui faire.
Je me dis alors :
– Je ne suis pas un monstre même si je ne suis pas à mon goût.
– Je ne suis pas totalement stupide même si je ne suis pas le prix Nobel que je souhaiterais être (non pas que la reconnaissance m’apparaisse comme une consécration ultime mais on part du principe qu’on ne le donne, en principe, pas aux êtres décérébrés).
– Je suis naturellement attirée par les nombreuses touches d’humour que je décèle chez lui et y suis réactive… Cependant, ce doit aussi être le cas d’autres personnes… Alors pourquoi tenterais-je de le contacter si je ne suis pas la seule (la logique de concours n’est pas des plus stimulante pour moi) ? Parce que j’ai vraiment l’impression qu’il pourrait être sensible à ce que j’ai envie de lui dire ! Du moins je m’en suis convaincue car c’est agréable à imaginer.
Ayant tendance à parfois faire des fixations, je me raisonne en me disant que malgré cette impression de singularité, il doit y avoir je ne sais combien de personnes qui ont eu EXACTEMENT le même ressenti que moi sans pour autant qu’il soit fondé. Ce que je perçois là a donc une dimension un peu universelle qui en nuance donc l’impact.
D’autre part, même si j’étais certaine de ne pas me tromper sur ma compatibilité avec lui, il faudrait alors la conjonction de paramètres que je ne maîtrise pas pour espérer aboutir à un échange quel qu’il soit : non-« obsolescence » de son blog (à en juger par la fréquence des posts, espoir au niveau 0), réactivité de sa part (je ne spoile rien en disant que ce n’était pas gagné !)…
Et enfin, je mesure amplement l’effet grossissant qu’implique le procédé par lequel j’ai « fait connaissance avec lui » : la rencontre s’est quand même faite en présence d’un seul des deux protagonistes… le deuxième n’étant même pas au courant… ! Ce qui biaise tout de même pas mal les choses…

C’est déjà trop tard, je me suis imaginé que mes divagations n’étaient pas si farfelues. J’ai déjà eu le temps d’y croire donc c’est décidé, j’y vais ! Je vais le faire. Mais faire quoi au juste ?!? J’ai mis un certain temps à arrêter un choix mais sans savoir à propos de quoi finalement… Je crois surtout que je me décidais à ne pas refouler l’attirance que je ressentais pour une personne inconnue et qui plus est une construction : une sorte de personnage fictif. Toujours est-il que je ne savais pas exactement comment j’allais mettre en pratique cette « décision ».

————————————– Interlude musical sans musique ————————————–
(appelons cela interlude-de-la-petite-voix-qui-me-dit-que-ce-je-dis-dramatise-excessivement)

Je sais, c’est un peu grotesque ce que je décris :
Étape 1 = bon allez, on se décide on se décide !
Étape 2 = ok on est décidé
Étape 3 = bon ok mais on a décidé quoi en fait ?!?

———————————————— Fin de l’interlude ————————————————

Chaque nouvelle donnée dont je prenais connaissance sur le blog militait en faveur de ma grande réceptivité à cet Anadema. Cela dit, sans caricaturer outre mesure, on peut dire que ça se résumait parfois à « Mais il a écrit qu’il aimait les asperges… et MOI AUSSI !! C’est bien ce que je pensais : on a vraiment des atomes crochus… » (pfff). Il m’apparaissait alors vraiment gênant, voire même pas tolérable de ne pas lui signifier ma présence et le fait que j’existe (je sais : assez pathétique).
Qu’est-ce que je risquais, à part écorcher ma fierté ? Pas grand-chose effectivement…
Je me suis donc concrètement décidée à le contacter.

Entre là et le moment où j’ai finalement cliqué sur « envoyer », il y a tout de même eu une étape intermédiaire qui a consisté à savoir où envoyer justement ! Bêtement à son profil Meetic ! (oui bêtement puisque je mesure la stupidité du procédé en comparaison avec celui qui aurait simplement consisté à le contacter directement).
Je ne situe pas totalement mais je suppose que j’ai dû imaginer que ce mode de contact me vaudrait moins de suspicion de la part de l’intéressé – que de passer par le blog qui arbore pourtant un attractif « pour m’écrire un mail ! » ne demandant qu’à être utilisé – au motif qu’il avait insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il n’était pas fan des rencontres avec des lectrices… N’étant pas très friande de compétition, je n’avais aucune envie de rivaliser avec d’autres filles ou autres groupies – dont je suis – et ai donc préféré opter pour Meetic. Il se trouve que je lui avais envoyé un mail par l’intermédiaire de son mail Anadema quelques temps auparavant (probablement deux jours après avoir découvert le blog peut-être, même si je ne parierais pas sur la fiabilité de ce calendrier). Le mail en question n’avait pas vocation à tenter de le séduire mais uniquement lui signifier que j’adorais son blog et que je déplorais qu’il ne soit plus alimenté. Il a d’ailleurs répondu à ce mail et je n’ai pas tenté d’en profiter puisqu’à ce moment-là je n’envisageais pas de le harponner. Aussi surprenant que ça puisse paraître au vu du reste des choses que j’ai écrites ici, cet autre mode de contact préalable ne s’inscrivait pas du tout dans la démarche que je décris ici, j’étais même passée par une adresse mail qui n’était pas la mienne : le contenu était sommaire et se résumait en un « j’aime ton blog » mais gratuit en quelque sorte et non pas « stratégique » comme ce qui a pu suivre.
Il me semble m’être dit que je n’avais pas le bagage intellectuel, humoristique, physique et autres pour réussir à susciter son attention – en tout cas par le biais de son blog – donc je me suis imaginée que le parcours plus « conventionnel » du site de rencontre sur lequel il était inscrit allait s’avérer plus facile d’accès. Paradoxal puisque c’est tout sauf conventionnel : je préfère passer par un moyen détourné pour contacter une personne à laquelle j’aurais pu directement m’adresser… ! C’est finalement aussi sensé que d’envoyer des emails à quelqu’un qui est dans la même pièce que soi au lieu de lui parler directement. Pourtant, je me disais qu’ainsi, l’éventuel contact aurait l’habillage d’une rencontre lambda, telle que celles décrites dans ses posts. Sans faire de l’interprétation de comptoir, il me semble que j’ai dû vouloir, contacter le garçon plus que le blogueur comme si en passant par le blog, j’allais être confrontée à quelqu’un de plus exigeant, de plus difficile à atteindre alors qu’en tant que fille d’un site de rencontre, j’avais plus de chances de me démarquer et de l’intéresser… Au milieu de la faune kikoulolienne, disons, ça me semblait plus aisé même si je ne suis pas en train d’affirmer que ces spécimens sont représentatifs des contacts virtuels disponibles sur ces interfaces de rencontres.

À la loupe…   

S’en est donc suivi un travail d’enquêteur (toutes proportions gardées…), très amusant au demeurant, ayant consisté à récolter à la lecture des posts des éléments sur lui qu’il ne se doutait pas avoir dispersés. Pris isolement, ils ne signifiaient pas grand-chose mais leur agencement s’avérait beaucoup plus éclairant, ou du moins suffisamment pour pouvoir établir une recherche sur Meetic sur la base de critères tels que la date anniversaire, la taille… Malgré ces indices, je me retrouvais face à plusieurs dizaines de pages de profils différents en guise de résultat qu’il a donc importé de trier méticuleusement (si je tentais, en décrivant les choses telles qu’elles se sont passées, de réhabiliter ma santé mentale auprès de ceux qui ont lu mes mails, j’ai bien conscience du fait que ce n’est pas gagné… Heureusement ce n’est pas le but…). Je suis totalement incapable d’indiquer combien de profils différents étaient alors en course. Je peux simplement dire que plusieurs recherches que j’ai tentées se sont avérées infructueuses : indices relevés sur le blog erronés (ce que je n’ai su qu’en tombant sur le bon profil). Là encore je précise, en guise de sous-titre, que je ne suis pas en train de dire que sa fiche était forcément très compliquée à trouver…

—————————- Interlude belliqueux et à tendance paranoïaque —————————-

Je vois d’ici les « D’te façon sa fiche MOI je l’ai trouvée sans me fouler alors pas la peine de romancer en faisant passer ça pour un travail d’orfèvre » ce à quoi je me contente simplement de rétorquer que pour trouver cette fichue fiche, il faut quand même avoir du temps à perdre.
Pourquoi dire cela ? J’ai été surprise, dès que j’ai découvert le blog, de constater à plusieurs reprises dans les commentaires qu’un certain nombre de personnes avaient vraiment une démarche contradictoire. Cumulant un dégoût prononcé vis à de Mister A. – qu’elles ne manquaient pas de lui signifier en commentaires – mais dans le même temps bénéficiant de temps à revendre pour trouver sa fiche sur Meetic. Que ce temps soit conséquent ou non n’est pas la question finalement. En perdre, même un tout petit peu, pour quelqu’un qui nous insupporte au plus haut point me semble renvoyer à trois choses.
Premièrement une absence manifeste de vie sociale auquel cas un certain nombre de structures d’accueil pourraient répondre à des besoins visiblement inavoués : SOS amitié ou encore j’ai-pas-de-vie-mais-j’aime-la-vie.com…
Deuxièmement, un dessein caché (et inconscient éventuellement) de trouver la « bête » histoire de lui montrer à quel point il se trompe puisqu’ « il tomberait trop facilement en extase si je lui jouais le coup de la séduction. Ca lui en boucherait un coin ! ».
Ou enfin se rassurer en se disant après l’avoir vu et détaillé en vrai : « Tout ça pour ça ! Me voilà rassuré(e), moi qui commençait à l’imaginer avec une nimbe vu l’aplomb avec lequel il s’évertue à dire des conneries pareilles. ».

———————————————— Fin de l’interlude ————————————————

Au niveau du tri des profils, la difficulté dont je me rappelle est que c’est avec beaucoup d’entrain que l’on épluche les premiers un à un. Mais, lorsque les pages défilent progressivement, ça devient beaucoup moins drôle, voire même peu gratifiant, d’autant plus que je ne savais pas vraiment quels critères devaient présider à la recherche ! Je ne savais absolument pas à quoi me fier pour écarter ou sélectionner des profils… Il me semble qu’il aurait été plus simple de tomber sur lui au hasard de pérégrinations sur Meetic plutôt qu’à sa recherche exclusive mais là, la frustration – toute relative – provenait du fait que je cherchais quelque chose d’indéfini, et qui pouvait potentiellement ne même plus exister ! Rien ne m’assurait compte tenu de l’inactivité de son blog qu’il avait encore un profil… Pour couronner le tout, même si je trouvais le bon, aucun critère ne m’assurerait que ce serait bien Anadema ! J’avais la naïveté de croire que j’allais forcément le reconnaître ! Que ça allait transparaître. Je ne savais pas comment mais ça transparaitraît !
Aussi pathétique que ça puisse sembler, c’est une des rares choses sur laquelle je ne me suis pas trompée ! Lorsque je l’ai trouvé, j’ai su à coup sûr que c’était lui. Tout militait en faveur de ça : l’annonce aurait pu s’insérer dans la continuité de son blog, les caractéristiques collaient, les dates d’inscription aussi… Et les photos ! Plusieurs !

Intérieurement j’avoue avoir espéré à un moment qu’il ait une sale tête pour que cela puisse casser tout l’enchantement. Il avait depuis que je le lisais l’apparence que je lui prêtais : celle que je souhaitais mais de manière un peu floue. Il était dans mon esprit – ce n’est pas surprenant – terriblement attirant. Je misais cependant sur le fait qu’il allait être sinon moche, du moins bof ce qui m’aurait grandement facilité les choses… Je sais m’être dit qu’il était probable qu’il se passe exactement la même chose que ce qui arrive lorsque je fonds sur la voix de quelqu’un entendu à la radio – la situation ayant ceci d’identique que « l’attraction » se base sur un seul et unique critère : la voix ou la plume en l’occurrence. J’assimile cette situation à l’exemple de la radio et le fantasme associé à l’écoute prolongée d’une voix en ce que l’on imagine dans les deux cas ce qui constitue le reste de la personne. Il m’est d’ailleurs arrivé de trouver une voix à tomber derrière le poste de radio pour ne même plus l’entendre de la même manière après avoir découvert la personne. J’espérais quelque part que c’est qui allait se passer.

Pourtant, ce n’est pas ce qui est arrivé. Il n’était même pas « Ouais ça passe » comme ce que l’on se dit de quelqu’un qui ne nous stimule pas énormément physiquement mais dont on s’accommode en ayant trouvé d’autres raisons pour. Non ! Là, il était parfaitement à mon goût et même plus que ça ! Je vais éviter de refaire le coup de l’interlude querelleur mais je précise tout de même – pour ceux que ça démangerait de dire « N’importe quoi il est top moche ! Je l’ai vu, c’est un plouc ! » – que les goûts et les couleurs s’accommodent assez peu du consensus.
Je suis certaine de m’être dit à ce moment-là que même sans cette histoire de blog, le profil était extrêmement attractif et tout à fait conforme à ce que j’aurais voulu harponner. Il était joli comme tout !
Zut.
Loin de me brider, cette découverte de sa « vraie » fiche Meetic me permettait alors de m’adresser à quelqu’un, de personnifier ma démarche, pour essayer d’établir un contact.

»

La suite : « Léa’s Story (3) – Se jeter à l’eau… »