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Vendredi 17 février 2006 Suite à mon SMS, la réponse de Bélina ne s’est pas faite attendre. Visiblement, elle a pris mon message comme une invitation pressante plus que comme un simple clin d’oeil amical. Après un échange de quelques SMS, elle me fait le plaisir de me téléphoner. Rien de mieux que la parole pour bien se comprendre. Bélina a une voix que je trouve assez… comment dire… précieuse. Pas dans le choix du vocabulaire mais dans les intonations. Je l’imaginerais volontiers en comtesse potelée, la petite quarantaine. Et elle rit tout le temps. Quoi que je dise, quoi que je fasse, même si ce n’est pas drôle, elle éclate d’un grand rire syncopé : « Ha, ha, ha, ha ! ». Avoir un aussi bon public, on ne peut pas dire que ce soit désagréable :
— On peut se boire un verre tous les deux, près de chez moi. Comme ça, tu me raconteras tes nombreuses péripéties sur Meetic !
— Ha, ha, ha, ha !
— Et puis, si le feeling passe, rien ne nous empêche de poursuivre la soirée chez moi. C’est un programme sympa, non ?
— Oui, c’est vrai.
— Mais je ne suis pas plus pressé que ça. Mon SMS, c’était pour te faire un petit coucou !
— Ha, ha, ha, ha !
Nous prévoyons de nous voir le vendredi soir (dans 3 jours). Le coup de fil nous a permis de préciser nos attentes et de voir si nous avions des choses à nous dire. Je n’ai donc pas renoncé à trouver une amie-amante, avec laquelle je partagerais une complicité intellectuelle teintée de sexe. Peut-être pourrai-je trouver cet équilibre avec Bélina puisque je ne vois rien de sérieux possible avec elle. Cela dit, après ma mésaventure avec Clubbie, je n’ose plus trop me fier à mes impressions.
Le lendemain, je croise Bélina sur Meetic et nous chattons un peu ensemble. Elle me dit des choses très agréables : « Jai apprecie tavoir au tel.cetait tres sympa » ainsi que : « Et jai hate detre a vendredi.enfin si tu nas pas change davis ». Il faut souligner que Bélina n’a pas d’ordinateur et qu’elle fait tout via son téléphone portable. Vive la technologie ! Chatter sur Meetic et consulter des fiches de célibataires sur son téléphone, c’est vraiment la classe ! Mais forcément, ça limite la volubilité et la qualité de l’expression écrite. En tout cas, ça fait du bien de voir un peu d’enthousiasme, ça change de tous ceux qui se réfugient dans des armures d’impassibilité pour se protéger.
Le surlendemain tard, la veille de ma rencontre avec Bélina, j’ai le droit à une sacrée surprise de sa part dans ma boîte mail : Un laconique « Ce que je prefere chez moi » suivi de…
3 photos d’elle… nue !
Alors ça, c’est une première pour moi ! Ce sont trois petites photos prises avec son téléphone. Elles ne sont pas vulgaires et même relativement « pudiques » : de face et de profil, elles me font découvrir son corps du bas de son visage jusqu’au dessous de son nombril… mais pas plus loin. Me dévoiler ainsi sa jolie poitrine, quelle séduisante effronterie !
Surpris, touché, flatté et excité par ce petit cadeau inattendu, je m’empresse de lui envoyer un SMS pour la remercier :

Je la retrouve sur Meetic et nous chattons ensemble :

S’ensuivent quelques mots vagues et pudiques sur ce que nous aimons l’un et l’autre en général. Et la conversation se termine par quelque chose d’assez direct qui me surprend un peu :

Cette conclusion sur les préservatifs m’a donné l’impression que nous n’allions nous voir que pour baiser et qu’avant même de nous être rencontrés et d’avoir vu si nous nous entendions suffisamment pour imaginer quoi que ce soit, tout était déjà convenu d’avance. Ou peut-être était-ce pour s’assurer que je ne fais pas partie de ces hommes qui refusent d’enfiler un préservatif le moment venu ?
Arrive le jour de notre rencontre. Il est un peu plus de 20h30 quand je sors de la douche et que je me rends compte que j’ai reçu 2 SMS. Le premier a été envoyé il y a une demi-heure, je ne l’avais donc pas entendu arriver :

Tout de même ! Cela fait 3 jours que nous évoquons ce rendez-vous, je ne vais pas l’annuler sur un coup de tête sans la prévenir ! Cela dit, au vu de tout ce qui traîne sur Meetic et de ce que j’ai moi-même eu l’occasion d’expérimenter, je comprends son excès de prudence. A force d’être au contact de gens instables et méprisants, on en devient paranoïaque et excessivement précautionneux.
Bref, j’ouvre mon second SMS :

Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh !!! Mais ce n’est pas possiiiiiiible !! Comment est-il possible que je me retrouve dans des situations dramatiques à chaque fois ? Aurais-je été marabouté ? Que va-t-il encore m’arriver ? Le vice va-t-il être poussé jusqu’à ce que je me retrouve dans un lit avec un travesti ? Tandis que toutes ces questions me traversent l’esprit, je saisis mon téléphone et tente de l’appeler en panique. Son téléphone sonne dans le vide et je tombe sur sa messagerie. Sept ans de malheur !
Dépité, je commence déjà à me résigner et à me préparer psychologiquement à l’idée de passer encore une soirée tout seul. Après les disparitions de la juive athée et de la charmante enseignante, la vilaine métamorphose de la bretonne parisienne, l’horrible mépris de Clubbie et l’énième lapin qu’a osé me poser la dépressive femme de 37 ans, l’avant-veille… le sort semble définitivement s’acharner contre moi.
Je trouve quand même étonnant que Bélina ait cru que je lui posais un lapin et qu’elle l’ait pris aussi bien que ça sans m’injurier ou m’envoyer au diable. Pour ma part, je crois que je blacklisterais immédiatement une personne qui me ferait un coup pareil.
Soudain, mon téléphone sonne : c’est Bélina ! J’apprends qu’elle était (également) sous la douche et qu’elle n’a pas entendu mon appel. Comme elle n’est pas encore partie chez son amie, après nous être expliqués sur cet horrible malentendu, notre rendez-vous est maintenu. Youpiiiii ! Plus que jamais, j’ai besoin d’une rencontre qui « fonctionne ».
Il est 21h30 quand Bélina et moi nous retrouvons. Nous nous dirigeons vers un café sympa. Je la trouve moins jolie que sur sa photo sur Meetic. Mais elle est souriante et agréable, me regarde dans les yeux et a des choses à me raconter : dire que ça me change de ma rencontre précédente serait un euphémisme. Je crois que j’en suis à un point tel que je remercierais presque Bélina de simplement accepter de m’adresser la parole et de ne pas me cracher au visage en m’insultant.
Nous discutons deux petites heures. Nous parlons un peu de tout : nos péripéties meeticiennes, nos vies, nos projets. Sur ma demande, elle me raconte son histoire compliquée avec son ex qui l’a trompée et quittée pour une de ses meilleures amies. La soirée, sans être exceptionnelle, est calme et agréable.
Nous sommes tous les deux partants pour poursuivre la soirée chez moi. Je paie l’addition et nous nous levons. Chose qui m’a intrigué : elle a eu l’air de trouver tout à fait normal que je lui offre son verre et ne m’a même pas remercié ! C’est la première fois que ça m’arrive. D’habitude, je dois insister pour tout payer et je n’y arrive souvent qu’en proposant de me faire offrir un verre en retour lors d’une hypothétique seconde rencontre.
Nous arrivons chez moi et discutons encore un peu. Puis elle vient vers moi et prend l’initiative de m’embrasser.
La soirée se poursuit dans un climat plus chaud que quelques heures plus tôt. Elle a mis de jolis dessous sexys : des bas noirs, une jolie guêpière qui multiplient agréablement les étapes du déshabillage. Je suis quand même obligé de la retenir un peu pour qu’elle ne se déshabille pas trop vite. J’aime que les choses durent, surtout la première fois.
Bélina est une fille épanouie sexuellement, aux ressources sexuelles variées (surtout pour une première nuit). Cela dit, elle est un peu trop expressive dans son plaisir (on va dire qu’elle a du coffre) et n’a pas forcément le type de sensualité que je recherche. Même si tout dépend du contexte, quand on ne se connaît pas encore bien, je crois que je préfère finalement la tendresse à la variété. Non pas qu’elle ne soit pas tendre mais elle ne l’est pas vraiment comme je l’aime. Ce sont aussi les sentiments et la complicité qui donnent une dimension particulière au plaisir qui ne se borne plus à un simple échange masturbatoire. Le plaisir a été là mais était-ce réellement jouissif, au fond (sans jeu de mots) ?
Quelque part, je me suis senti seul, très seul. Je me suis demandé si ce type de relation pouvait vraiment m’apporter ce que je tentais d’y trouver.
Le lendemain matin (ou midi, plutôt), je nous ai préparé un bon petit déjeuner et nous avons discuté de choses un peu moins générales. J’ai senti un certain décalage entre nous dans notre appréhension du monde, plus que je ne le pensais la veille. Pas les mêmes questionnements, pas les mêmes ambitions, pas les mêmes désirs. Cela n’empêche pas que Bélina est très agréable et est tout le temps prête à rire. C’est une fille épanouie et positive, sincère et sensible. Cela me lave toutes ces filles hypocrites, indécises et mal dans leur peau que j’ai croisées sur Meetic dernièrement. Nous nous sommes quittés sur un petit bisou et la promesse d’une nouvelle rencontre.
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