Une Annie-croche prévisible ?

Il n’était pas censé y avoir de suite particulière avec Annie. Nous nous étions expliqués l’un et l’autre et avions rompu dans les règles de l’art. Comme elle n’entrevoyait pas la possibilité que nous puissions continuer à nous voir dans une dimension sensuelle et que j’étais loin d’avoir suffisamment d’affinités avec elle pour envisager que nous puissions garder une relation quelle qu’elle soit, je m’attendais à ce que nos échanges s’espacent jusqu’à ce que nous perdions le contact. Mais nous avions eu par MSN un dernier échange un peu chaud, ce que j’avais pris d’une certaine manière pour la promesse d’une possible future soirée coquine entre nous.

Le mois d’août et nos vacances ont continué à nous faire nous éloigner l’un de l’autre. Mais elle m’a tout de même envoyé un SMS pour me faire un coucou et j’ai pris le temps de lui envoyer une carte postale. A la rentrée en septembre 2008, nous retchattons un peu ensemble lorsque nous nous croisons sur MSN. Dès que l’occasion se présente, je ne manque pas de tâter le terrain pour voir si elle est toujours « célibataire » :

 

 

J’enchaîne sur une anecdote personnelle : j’ai trouvé très étrange que l’on m’offre récemment, emballé dans du papier cadeau, du linge de maison ! N’est-ce pas un cadeau pour une grand-mère ? Une grande serviette de bain de la couleur préférée – coincidence – d’Annie ! Elle me répond qu’elle peut très volontiers m’en débarrasser si je n’en veux pas. Je lui dis qu’elle rêve et que si elle veut s’essuyer dans ma belle et grande serviette, il lui faudra prendre les transports en commun. Elle me répond que je ne perds pas le nord… mais pas que c’est hors de question…

J’allais dire « étonnament » alors que ça devrait plutôt être « bien évidemment », le schéma qui s’était produit au début du mois d’août – à savoir ma tendance naturelle à sexualiser mes propos et le complexe que ça provoque chez Annie jusqu’à ce qu’elle m’en manifeste le reproche – s’est reproduit au mois de septembre exactement de la même façon. Nous parlions de cinéma, de séries TV et de chocolat. Puis elle enchaîne sur une histoire d’échantillons gratuits de crèmes coquines. Ce qui évidemment me ramène à celles qu’elle m’avait amenées et que j’avais utilisées sur elle il y a de cela quelques mois. Elle m’explique qu’elle en a commandé encore. Je lui dis affectueusement qu’elle est une petite obsédée. Elle me répond que je le suis encore plus qu’elle. Je joue à lui démontrer que non, que je suis un ange. Elle me rétorque que je lui fais tout le temps des allusions. Je lui lance que je n’en ferai plus aucune et je m’amuse à lui détailler tout ce que je lui promets de ne plus lui dire. Loin d’être amusée ou émoustillée, elle m’enjoins d’arrêter et me demande : « pourquoi tu me fais tjs des allusion comme ça? tu peux pas me dire d’autres trucs qui me rassureraient plus? » Je lui fais remarquer que c’est elle qui me parle de ses échantillons à vocation sexuelle et lui demande ce qui la rassurerait. Elle me répond : « ben des trucs qui ne me donnent pas l’impression que tu as juste envie de me sauter… » Incompréhension mutuelle.

Avec le recul d’aujourd’hui, puisque les événements ont tout de même un an et et demi, je ne peux m’empêcher de remarquer plusieurs choses. Certes, Annie était à la recherche d’un élan amoureux de la part d’un garçon et cela la gênait de déceler chez moi principalement du désir sexuel. Mais ça ne légitime pas son incohérence. Non seulement, je n’ai pas passé mon temps à lui faire des allusions grivoises, comme en témoigne l’historique de nos conversations en septembre : nous avons parlé la plupart du temps de travail, de bonnes choses à manger, de nos voyages, de cinéma sans qu’il n’y ait la moindre connotation érotique de ma part. Mais en plus, lorsqu’il y en a eu à d’autres moments, elles ont été souvent largement encouragées : lui parlant par exemple d’un massage que j’avais envie de lui faire si elle venait chez moi, elle m’avait répondu que je ne pouvais plus lui en faire. Je lui avais demandé pourquoi et elle m’avait répondu : « parce qu’après je vais en redemander! ». Je pense qu’Annie, comme beaucoup de gens, a du mal à assumer complètement sa sexualité, par inhibition culturelle sans doute, et qu’elle ne comprend pas bien tout ce qui motive ses actes. Ce qui nous relie n’est pas une relation professionnelle, pas plus qu’une amitié asexuée. Pense-t-elle que je me serais retrouvé à passer des heures cumulées à tchatter avec elle si elle avait été un homme ? Et que j’aurais cherché de la même façon à l’inviter chez moi pour manger du chocolat et lui faire des massages ?! J’espère que non, quand même ! Pour moi, la dimension sensuelle et sexuelle s’ajoute au reste – ce que nous pouvons partager de manière amicale – comme un complément sublime et essentiel à notre relation humaine. Ce n’est pas avilissant de près ou de loin que de désirer sexuellement quelqu’un et ça ne le réduit pas à « quelqu’un qu’on a simplement envie de sauter » ! Un intellectuel devrait-il, dès qu’on s’intéresse à son point de vue, se plaindre qu’on n’en veut qu’après son esprit ? On peut s’offusquer de n’intéresser les autres que pour son argent parce que c’est quelque chose d’extérieur à soi. Mais pourquoi ce qui tient du charnel est-il si souvent pris comme dévalorisant, alors que ce sont précisément les compliments sur le physique – et donc l’attrait sexuel que cela nous donne – qui sont ceux qui nous touchent le plus ? C’est un peu le paradoxe de la fille en minijupe qui supporte mal les regards de convoitise qu’elle suscite. Comme si elle ne percevait pas que c’est la dimension sexy plus qu’esthétique qu’elle poursuit en s’habillant ainsi et qu’elle n’assumait pas de faire naître bien légitimement du désir chez les hommes. Alors qu’elle serait dans le même temps profondément affectée si personne ne pensait à la regarder. Un homme en Ferrari pourrait-il s’attendre à ce qu’on ne regarde pas sa voiture ? Je m’attends donc à ce qu’Annie assume le désir que je peux avoir pour elle parce que nous n’avons jamais été dans un rapport asexué. Et qu’elle m’intéresse avant tout pour ce qu’elle est intrinsèquement – une femme – bien avant ce qu’elle peut avoir dans la tête. Cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas à refuser mes avances ou qu’elle ne peut pas me recadrer si elle me trouve sur un registre sexuel trop explicite avec elle. Mais elle ne peut pas me parler de sa commande de crème pour les fesses et s’attendre à ce que je ne lui en parle pas, de ses fesses !

J’ai tout de même dit à Annie que j’allais faire un effort pour désexualiser mes paroles, prenant en compte sa sensibilité, et je n’ai plus fait d’allusions. Ce qui ne signifie pas que j’ai renoncé à mon désir. Nous sommes allés ensemble au cinéma quelques jours après, un soir en semaine. « Amicalement », donc. Elle avait gagné deux places de ciné et elle avait eu la gentillesse de vouloir les partager avec moi. La soirée s’était bien déroulée (je ne sais plus exactement comment elle s’était passée, ça remonte à trop loin !). Suffisamment bien en tout cas pour que nous décidions de nous revoir le dimanche d’après… chez moi !

 

 

Si je désexualise mes paroles, est-elle bien certaine de désexualiser les siennes, aussi indirect en soit leur objet ? Toujours est-il que j’avais bien préparé les choses : de délicieux Rochers Suchard à savourer ensemble devant des épisodes de How I Met Your Mother qu’elle ne connaissait pas et que je venais de découvrir. Il me semblait que cela pourrait bien lui plaire.

Je ne sais plus tout à fait comment l’après-midi s’est déroulée. Je crois qu’on a regardé plusieurs épisodes d’affilée de How I Met Your Mother tellement cela lui a plu et tellement elle me l’a réclamé. Mais je ne sais plus exactement quel a été le cheminement des évènements entre le moment où j’étais allongé près d’elle à promener tendrement mes doigts sur ses bras et le moment où elle était complètement nue à quatre pattes sur mon lit pendant que je la prenais sauvagement et qu’elle tentait d’arracher mes draps.

Après cette délicieuse après-midi et soirée passées ensemble, je l’ai raccompagnée au métro. Ce n’est qu’au moment de me coucher que j’ai constaté les quelques marques de ses ongles qu’elle m’avait laissées en souvenir sur mon épaule droite, la coquine ! Je me suis empressé de prendre une photo pour constater le délit et je la lui ai envoyée. Elle m’a répondu quelque chose du style : « Haaaan j’ai trop honte ! Je suis désolée mais c’est de ta faute, tu n’avais qu’à pas me donner autant de plaisir ! ». Vous noterez que j’ai beaucoup moins de mal à me souvenir de son message que de tout le reste même après tout ce temps, c’est fou comme la mémoire des hommes est sélective !

17 réponses sur “Une Annie-croche prévisible ?”

  1. Je comprends Annie, étant passée moi aussi par là …

    Pas facile d’assumer sa sexualité de femme, quand on a eu une éducation judéo-chrétienne (qui prône le sexe, pardon l’union, uniquement après le mariage et tout cela avec des pratiques que la morale ne condamne pas). Il faut savoir la mettre de côté, sans pour autant l’oublier, garder ses valeurs et ma foi, se faire plaisir, bon sang !
    Je pense que la maturité aide aussi, à 33 ans, je m’assume nettement mieux qu’à 20 ou 25 …
    Les amants divers et variés en sont aussi à l’origine (non pas qu’un couple qui est ensemble depuis des années ne sache pas s’amuser) mais je pense qu’en diversifiant les histoires, on apprend à mûrir sexuellement.
    Annie est coquine, cela se voit ! Mais effectivement, elle a peur .. et ne voit dans tes mots que l’envie sexuel que tu as pour elle. Est-ce qu’elle se dévalorise ? Est-ce qu’elle doute d’elle ? Ou n’est-elle pas consciente du désir qu’elle peut provoquer chez la gente féminine ?
    Ne devrait-elle pas s’avouer que, finalement, ça fait du bien, plaisir, c’est excitant de voir que l’on suscite de l’envie, de la convoitise, du désir ? Ca flatte l’égo quand on y réfléchit à deux fois !

    Quant à toi Anadema, tu me rappelles un amant passé.
    Oui, comme toi, il ne pouvait pas s’empêcher de faire des petites allusions coquines à presque tout ce que je disais. Tout était prétexte à parler de sexe, de massages, caresses et j’en oublie … Mais, contrairement à Annie, j’aimais ça et je m’en amusais.
    Je jouais avec lui et ça se terminait souvent, à force de taquineries, par des retrouvailles chez lui, après un instant en voiture, mais qui ne suffisait pas à calmer les ardeurs qu\’avaient fait naître nos conversations.

    Je terminerai en saluant ton très bon choix pour les Rochers Suchard (noir ou au lait ?) ainsi que HIMYM avec leurs célibataires à la recherche (eux aussi) de filles/garçons formidables et le joli couple formé par Marshall et Lily !

    Moi aussi j’aurai craqué !

  2. Peut-être aussi qu’elle cherchait à continuer à t’attirer avec le sexe, dans l’espoir de faire naître un élan amoureux au bout d’un moment… D’où sa demande : « pourquoi tu me fais tjs des allusions comme ça? tu peux pas me dire d’autres trucs qui me rassureraient plus? » alors qu’elle fait naître elle-même les allusions. A mon avis, il ne s’agit pas d’incohérence, mais plutôt d’une stratégie (vouée à l’échec, certes). Peut-être ne faut-il pas voir des femmes qui n’assument pas leurs désirs à tout bout de champ : ce qu’elle désire, elle, c’est du sexe ET de l’amour(et c’est son droit), donc d’un côté elle est contente, d’un autre, moins, voilà tout.

  3. Bel article encore une fois, la fin m’a vraiment surpris.

    Tout à fait d’accord avec C. Elle ne veut pas dissocier le sexe de l’amour. J’ai donc du mal à comprendre que vous vous soyez revu, et surtout que vous ayez permis que la situation dérape à ce point.
    A-t-elle failli à son souhait de « plus de massage parce qu’après je vais en redemander!  » par faiblesse ?
    Ou est ce qu’en pleine consciense elle a décidé d’assumer ses désirs « sans lendemain »?
    Et pour en revenir au sujet, à quels points ces échanges coquins ont conduit à ce qui s’est passé ?

  4. J’adore ! Le dénouement sauvage, mais aussi la réflexion au sujet de son désir et la façon de l’assumer. Un post qui s’inscrit parfaitement dans le sujet du livre d’E. Zemmour que tu m’avais indiqué, et que j’ai lu, non sans effroi.

    Concernant le livre :

    J’ai aisément fait le lien entre les comportements évoqués par R. Glover et la féminisation de notre société, admirablement exposée par E. Zemmour. Le premier livre m’a bouleversé, celui-ci m’a déprimé ! C’est vrai, les hommes d’aujourd’hui sont psychologiquement castrés, et quand on constate l’ampleur des dégâts, on se dit qu’il n’y a plus rien à faire. Mais ce livre, tout comme le précédent, m’a aidé à comprendre mieux les liens de cause à effet quand aux relations hommes/femmes globalement, et me comprendre aussi moi-même. Il y a longtemps que je réfléchis sur la distinction (ou non distinction) des notions désir-amour. Aujourd’hui, j’admets qu’on puisse avoir, l’un OU l’autre OU les deux en même temps, mais pas nécessairement en même temps, contrairement à ce que je me forçais à penser au départ, en faisant abstraction de ma nature humaine… et plus particulièrement masculine. Voilà un sujet sur lequel je n’ai pas fini de méditer, mais ce livre (et aussi ton blog, nos débats) a fait avancer le schmilblick. Les choses deviennent claires, effroyables mais claires.

  5. dommage que tu ne te rappelles pas de tout, surtout vers le dérapage! je serais curieux de savoir si à un moment où tu sentais que ça pourrait dévier tu t’es dit « stop! je veux lui prouver que je ne pense pas (qu’)à ça, qu’on peut aussi passer une journée amicale comme c’était prévu, histoire que je ne ruine pas ma sincérité quand je lui ai dit sur msn que c’était possible une journée comme celle-ci, vu que c’est une fille et qu’elle comprendra tout de travers forcément(*) elle pensera que j’avais ça en tête depuis le début et que mon invitation était uniquement intéressée », et là dire « fuck! je la désire, c’est réciproque, dévions! »

    ?

    *j’extrapole là, ok ^^

  6. @ Arielle : Oui, c’est bien dans ce genre de situation que l’on ressent tout le poids du culturel. Car Annie est une jeune femme « ordinaire », elle n’a donc que très peu de recul par rapport à ce qui la conduit à agir. La maturité aide aussi, en effet.

    Annie a tendance à manquer de confiance en elle et à se dévaloriser, comme elle me l’avait expliqué. Donc cela joue sur sa peur, tu as raison.

    Les Rochers Suchard étaient noirs. Mais j’aime bien au lait également, même si je n’en achète plus !

    Je confirme : il a l’air de faire drôlement chaud à Bordeaux ! 😉

     
    @ C. : Tu as tout à fait raison, elle cherchait du sexe et des sentiments. Je ne suis pas sûr qu’Annie soit de nature à être stratège, elle est assez spontanée. Et si elle cherchait à m’attirer – aussi – par le sexe, elle ne s’amuserait pas à me reprocher de répondre à ses perches.

    Peut-être mon texte peut-il être compréhensible de deux manière. Je ne voulais pas dire qu’Annie n’assumait pas complètement sa sexualité. Elle sait se montrer très épanouie en situation. Je comprends tout à fait qu’elle puisse être ennuyée que je ne réagisse qu’à des stimuli sexuels, alors qu’elle voudrait aussi une part de sentiments. Son incohérence que je dénonce, c’est de me faire – elle – des allusions sexuelles mais de s’offusquer dans le même temps que j’y réponde. Dans cette histoire de crème pour les fesses, je tenais un discours plutôt asexué avec elle et c’est elle qui est partie sur le sexe. On ne peut pas reprocher à quelqu’un de répondre à la question qu’on lui pose.

    Pour être plus clair sur la face de ses inhibitions que je tentais de montrer : je pense qu’elle est de ces femmes qui s’offusqueraient le plus sincèrement du monde qu’on leur propose un plan à trois mais qui en situation sautent (sans jeu de mots) sur l’occasion, rattrapées par leur désir. C’est un décalage créé par une culture empreinte de tabou sexuel où l’on nie le désir.

     
    @ anonyme : J’étais moi-même étonné qu’elle veuille me revoir, compte tenu de ce que je lui avais dit nous concernant.

    « A-t-elle failli à son souhait de « plus de massage parce qu’après je vais en redemander! » par faiblesse ? »
    -> Peut-être ne l’ai-je pas suffisamment souligné dans mon post mais cette petite phrase d’Annie, je l’avais placée en guise d’exemple sur la façon qu’elle avait de m’encourager la plupart du temps quand je lui faisais de petits sous-entendus. Car cette phrase est plutôt à voir comme une boutade amusante de sa part pour me dire qu’elle n’attend justement que ça, que je la masse. Ce n’était pas un souhait à prendre au premier degré, cela s’insérait dans une conversation faite de petits sous-entendus un peu « coquins ».

    Mais ça n’a au final rien attisé puisqu’elle avait tendance à ne pas les assumer. Ca juste servi à nous permettre de voir l’un et l’autre que le désir mutuel était encore d’actualité. En situation, je pense qu’elle réfléchit moins et qu’elle se laisse un peu plus aller à ses désirs.

     
    @ L’ex-idéaliste : Content que tu aies apprécié le livre de Zemmour. Il y a sans doute des choses à nuancer mais je pense qu’il cerne très justement ce qui se joue dans la séduction et la relation hommes – femmes. C’est très mal accepté dans notre société bien-pensante qui se plaît à nier le fondement du fonctionnement des choses (on le voit en ce moment avec la sexualité comme avec avec la délinquance, la religion, et même l’écologie d’ailleurs (avec le livre d’Allègre) où il y a des sujets tabous et des thèses interdites).

    Dans le livre de Zemmour, je regrette qu’il n’ait pas proposé de synthèse sur le juste équilibre possible des relations entre les hommes et les femmes. Parce que s’il montre bien ce qu’il y avait de sain dans l’équilibre sexuel entre hommes et femmes dans la société française traditionnelle, il ne montre pas assez à mon goût que c’était également au détriment des femmes qui subissaient en corollaire des choses négatives. Ce qui a conduit au féminisme et aux excès de la société d’aujourd’hui dont il montre bien les travers. Alors quid du juste milieu entre société machiste et société féminisée ? Qu’y a-t-il à prendre et à rejeter des deux côtés ?

    Pour le reste, ce qui tient de l’ordre du psychanalytique et de l’essence du désir des hommes et des femmes, peu de gens sont capables de le comprendre. Il suffit de voir comment le livre avait été reçu à l’époque de sa sortie chez Ardisson en 2006 :

    Vidéo 1 sur Dailymotion

    Vidéo 2 sur Dailymotion

    A l’époque, considérant qu’il devait ne pas y avoir de fumée sans feu, j’avais quand même gardé quelques a prioris sur le livre à cause de ces réactions dans cette émission d’Ardisson que j’avais regardée. Jusqu’à ce que je lise le livre moi-même et que je prenne l’ampleur de la superficialité de tous ces imbéciles outrés.

    Il y a de quoi être assez atterré par les réflexions simplistes de Francis Huster et de Clémentine Autain qui tentent de répondre sur des choses qu’ils sont incapables de comprendre. Mais c’est très caractéristique du rapport aux choses d’une grande partie des gens. On peut sans doute plus pardonner à Clémentine Autain de ne pas tout comprendre, étant donné qu’elle a été violée par le passé et que cela a forcément saccagé son rapport à la sexualité, aux rapports de force, aux fantasmes. Un événement traumatisant nous conditionne et nous inflige des réactions viscérales. Alors demander à une féministe violée de nous parler du rapport hommes-femmes, n’est-ce pas un peu comme demander à un déporté juif de nous parler de la culture allemande ? Par contre, Huster est sublime d’ignorance et de bêtise (sans parler de condescendance).

    A voir aussi l’altercation de ce week-end entre Caroline Fourest et Zemmour sur le plateau de Ruquier. Fourest a qualifié ce livre « Le premier sexe » de livre le plus misogyne de ces dernières années, d’ouvrage pathétique et j’en passe. Idem, qu’est-ce qu’une féministe lesbienne est censée comprendre de ce qui se joue en profondeur dans les rapports de séduction hommes/femmes ??!! On peut ne pas être d’accord sur tout avec Zemmour, le trouver éventuellement misogyne sur certains aspects. Mais tout rejeter avec un tel mépris, je trouve ça assez honteux. Et de mon point de vue personnel, stupide également.

     
    @ Stéphane91 : Je ne me suis jamais dit « stop » pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais envisagé de faire venir Annie chez moi pour la regarder dans le blanc des yeux. Je ne pouvais pas être sûr qu’elle aurait envie de cochonneries, certes, mais je l’espérais profondément. Nous étions déjà allés au cinéma ensemble, est-ce que ça ne suffisait pas à lui démontrer que j’aimais aussi tout simplement sa compagnie ?

  7. Dommage je pensais que tu allais puiser ta culture ailleurs que chez Ardisson et E. Zemmour….je comprends mieux certaines choses…..
    Je pourrais m’arrêter là mais ce serait un peu court en sommes?
    Zemmour réactionnaire de droite pseudo intellectuel d’une certaine presse sensationnaliste aurait écrit un roman intéressant??!! on nous cache tout on nous dit rien! Je te rassure et au risque de te paraître « stupide » je ne l’ai pas lu et je ne pense pas que je perdrai mon temps de lecture que j’estime précieux à le lire….

    Je te rassure la tentation du retour au passé est un de ses grands letmotiv , ainsi que l’existence de « races » ou autres inepties du même genre….Par contre j’aime assez que tu t’ériges en intellectuel jugeant qu’un tel est stupide ou qu’une autre est incapable d’avoir un avis objectif sur les relations hommes femmes sous prétexte qu elle aurait été violée plus jeune! Stupide devrais je dire mais je ne confonds pas ignorance et stupidité…je ne saurais te conseiller de lire Roland Barthe qui reste toujours autant d’actualité ou bien le dernier Bruckner « le nouveau désordre amoureux » (et heureusement que la culture allemande n’a pas disparu avec le nazisme…==========)

  8. @ fardadet : En fait, sur un livre que tu n’as pas lu et des vidéos que tu n’as pas regardées, tu as tout de même un avis très étendu sur le sujet avec des arguments à opposer. Quel bel éloge de la pensée !

    Je ne vais pas me fatiguer à contre-argumenter ce sur quoi tu ne sais de toute façon pas de quoi tu parles. Reste que ton commentaire est quand même un bel exemple de ce maccarthysme du politiquement correct qui figure la pensée dominante du moment. Cela dit, pour un anti-Zemmour primaire, ce n’est pas un peu contradictoire d’aller citer un bouquin de Finkielkraut ? Ce n’est pas un autre nazi à brûler, celui là ?

  9. Au pays des aveugles et des concours de bites…

    Celui qui veut frapper, agacé par la mauvaise odeur s’en prends à l’évident point faible.

    Oh long john.

    Les idées, débats et discussions tournent presque toujours au procédé sophistique primaire.

    Est-ce le langage qui est pourri ou nos cervelles ?

    Est-il nécessaire et suffisant d’identifier l’appartenance d’untel, forcément de l’autre bord, pour ne plus l’écouter ?

    Pour moi, Zemmour est un cuistre rigolo qui offre ses mots et ses idées aux frustrés du féminisme.

    C’est un amer constat mais il faut bien le dire, la majorité de mes frères humains sont stupides.

    Et alors ? Hormis lors des périodes d’élections il est assez facile de les ignorer.

    Il suffit de gagner de l’argent et de fréquenter les groupes sociaux les plus élitistes..

    Ne serait-ce que pour prendre la mesure de la distance qui nous sépare du sommet.

  10. Bon je recentre tout ça car mon système limbique ou autre partie de mon cerveau refuse le débat éhéh (mékélékon). J’ai arrêté de lire quand ma mère m’a dit que le magazin Astrapi était jusqu’à 12 ans!

    Bon elle griffe, ça veut déjà dire qu’elle n’a pas de carence en quoi que ce soit et que ses ongles sont durs, bon point.

    Je suis impatiente de voir les photos du jour où vous allez vous essayer aux objets, oh oui, fesse moi avec une pelle!

    Et puis elle devrait être rassurée, tu l’as chevauchée quoi. Toute la complexité de la nature féminine « oui mais non, tu comprends pas que…Oh et puis quand je dis oui je pense non mais pas tout le temps, essaye de te mettre à ma place mais garde ta place d’homme quand même blabla »

    Pour les rocher suchard, je suis hyper déçue de ne plus trouver depuis des années les bleus à la noix de coco, je m’en vais à leur recherche. Si tu en trouves de ton côté Anadema, t’as mon mail :op

  11. Merci pour les vidéos. Que se passera-t-il lorsqu’il n’y aura plus de combattants comme lui pour dire les choses ? Comme j’aurais aimé être sur le plateau de l’émission pour appuyer ses propos ! J’aurais alors pu apporter mes observations, celles de la génération suivante, car les jeunes filles d’aujourd’hui ne veulent pas des chic types qui restent à jamais prisonniers de leur rôle de bon copain ! Du moins jusqu’à ce qu’ils lisent Glover ou Zemmour…

  12. Des années que je lis le blog, et première fois que je me sens l’obligation de poster un commentaire. Ne pas être d’accord parfois oui, ça m’est arrivé, mais là ça va un peu plus loin.

    Parler du féminisme comme un excès de la société, c’est juste… assommant. Bordel 50 ans de lutte pour en arriver à « le féminisme et les excès de la société » pour un type qui jusque là paraissait réfléchi et plutôt « moderne », j’avoue que je viens d’en prendre un coup. Comme quoi, les frustrées de féministes (qui n’y connaissent rien pour peu qu’elles soient lesbiennes apparemment) n’ont pas tort quand elles disent que les mentalités sont en recul. Y compris là où on ne l’attend pas.
    Quant au bouquin de Zemmour (que j’ai lu, et oui), je ne vois même pas ce qu’on peut y trouver.

    A part ça pour en revenir à cette chère Annie, il est plutôt évident de voir qu’elle a des sentiments pour Anadema et cherche simplement à se rapprocher de lui, tout en souffrant de n’être considérée que bonne pour baiser. Je savais les mecs un peu nuls en déchiffrage de panneaux, mais là ils sont quand même énormes 😉

  13. @ Balaia : Oh là là, tu as mal compris ma phrase, je te promets ! Je me cite :

    « Parce que s’il montre bien ce qu’il y avait de sain dans l’équilibre sexuel entre hommes et femmes dans la société française traditionnelle, il ne montre pas assez à mon goût que c’était également au détriment des femmes qui subissaient en corollaire des choses négatives. Ce qui a conduit au féminisme et aux excès de la société d’aujourd’hui dont il montre bien les travers. »

    Je n’ai pas dit « les excès de la société dont le féminisme » mais « le féminisme ET les excès de la société ». Je sous-entendais que le féminisme était une réaction à des « choses négatives » subies par les femmes (c’est le cas, non ?). Et mon « excès de la société » renvoyait à toutes autres choses du livre : la féminisation des hommes, la tendance à l’indistinction des sexes, les excès de l’égalitarisme hommes/femmes.

    Je comprends que tu puisses être susceptible sur la question si tu ressens un recul des mentalités. Mais reconnais que tu as réagi un peu vite avec moi.

  14. « Je comprends que tu puisses être susceptible sur la question si tu ressens un recul des mentalités. Mais reconnais que tu as réagi un peu vite avec moi. »

    Non absolument pas. En fait, tu viens même encore de t’enfoncer avec la soi-disante « féminisation des hommes » et tout le tralala, problèmes qui n’existent que dans la tête de ceux qui ont des légers problèmes avec leur virilité (des Zemmoureries quoi). J’avais bien lu le « et » entre féminisme et excès de la société, et cela revient strictement au même : tu assimiles les deux. Et la suite me donne d’ailleurs raison.
    J’aimerais bien connaitre ce que sont les « excès de l’égalitarisme hommes/femmes ». Le droit de vote ? L’avortement ? Le congé paternité (pas assez long certes) ? L’espoir d’un salaire et d’un boulot équivalent ?

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