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Jeudi 09 août 2007 S’il existe un inconvénient majeur au fait d’être un blogueur qui raconte ses péripéties sur les sites de rencontres, c’est bien celui de susciter le désir d’y être démasqué. Un désir en bien (« Oh mon dieu, je veux trouver Anadema sur Meetic, je suis folle de sa sensibilité, de son humour, de touuuut… ») comme en mal (« Je suis sûr que je peux le trouver cet espèce de crétin pour me foutre de sa gueule ! ») mais dans tous les cas bien embarrassant pour qui cherche la discrétion et le naturel de la rencontre virtuelle pour en relater les étapes dans un journal en ligne.
En quelques années de blog, en 190 posts et au milieu de plus de 5000 commentaires, j’ai fini par accumuler sur moi volontairement ou non un nombre incalculable d’indices permettant à quelqu’un d’un tant soit peu motivé de me retrouver sur Meetic. Du coup, les contacts via Meetic de lecteurs ou lectrices se sont lentement (mais sûrement) faits de plus en plus fréquents avec le temps. C’en est arrivé à un tel point que l’année dernière, je soupçonnais toute meetic-girl me contactant d’être potentiellement un(e) lecteur(rice) embusqué(e). On en devient d’emblée moins cordial, plus soupçonneux, on rechigne à lâcher des informations personnelles, on hésite à s’investir, bref, on ne joue plus le jeu normal de la rencontre en plus de devenir limite paranoïaque.
Après être devenu expert en affinités virtuelles, je suis donc devenu expert en débusquage de lectrices : je me suis fait une « liste noire » de plus de 300 profils en relevant systématiquement le nom de toute meetic-girl s’aventurant à visiter une fiche-leurre totalement vide et je suis devenu particulièrement attentif à tout comportement ou profil « suspect ». Ca pourrait paraître excessif sauf que cela m’a évité à de nombreuses reprises de mauvaises surprises, tout le monde ne jouant pas le jeu d’annoncer immédiatement la couleur.
A la fin de l’année 2006, je n’avais plus d’abonnement depuis longtemps, je n’allais plus guère voir ma fiche mais malgré tout, quelques mails non-lus se sont accumulés dans ma boîte, notamment de la part d’une acharnée ayant trouvé la patience de m’envoyer quatre messages :

Encore_une_lea ? Encore une lectrice, plutôt ! Voilà l’exemple même de truc impossible sur Meetic, côté garçon : susciter avec sa fiche un tel intérêt qu’une meetic-girl s’acharne à vous écrire quatre mails sur plus d’un mois d’intervalle et sans que vous ne les lisiez jamais (je rappelle que les abonnés de Meetic savent précisément quand on a lu leurs mails). A moins d’être tombé sur une psychotique dangereuse, sur sa femme qui nous teste ou d’avoir déclaré plus de 100.000 Euros de revenus annuels, c’est une situation hautement improbable.
Malgré tout, même repérée à vingt kilomètres, cette Léa a le mérite d’exciter la curiosité en même temps que l’égo. Etant friand de toutes sortes de délires, je ne peux qu’être amusé par le côté décalé de l’objet de ses mails. Franchement : même moche, vieille ou grosse, je me sens d’emblée le devoir de lui répondre, ne serait-ce que pour saluer son effort et sa démarche pour le moins attendrissante. C’est trop rare pour ne pas être encouragé. Je décide donc d’utiliser Meetic-Minute (ça existait encore à l’époque) pour ouvrir mes mails. J’appelle le numéro surtaxé, je rentre mon code, j’ouvre en quatrième vitesse l’ensemble des mails non lus et je raccroche : 2.62€ et désormais tout mon temps pour découvrir mes nouveaux messages…
La suite : « Encore_une_lectrice (2) – Pièces à conviction 1 »
L’histoire parallèle : « Léa’s Story (1) – Projections et autres complications »
La suite subsidiaire : « 6 mails en plus pour le prix d’un café (1) »
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