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Jeudi 03 décembre 2009 Si je n’ai jamais eu envie de construire une relation avec Annie, il faut bien reconnaître que, dans les faits, ça en a pris un peu la forme : SMS, coups de fil et moments ensemble suffisamment réguliers pour que ça ne se définisse pas comme quelque chose qui avait clairement pour vocation d’être éphémère. Et par effet miroir, quand elle me parlait du « nouveau copain » de sa meilleure amie (rencontré lui aussi sur AdopteUnMec), il ne faisait aucun doute que j’avais pour Annie le même statut que lui. Il est vrai que pour beaucoup, coucher ensemble correspond par défaut à « être ensemble ». Et je ne l’ai jamais démenti, parce que je sentais bien que ça aurait mis un terme immédiat à ma relation avec elle. Puisqu’elle ne semblait pas disposée à me demander ce que je pouvais penser de notre relation, je ne voyais pas l’intérêt d’aborder ce sujet délicat avec elle plus tôt. Je préférais vivre cette relation simplement et continuer à la voir et passer des moments avec elle tant que cela me faisait plaisir.
Mais ma lassitude grandissant, le besoin de tirer les choses au clair avec Annie se faisait plus pressant. Un soir alors que nous discutions sur MSN, un petit décalage dans notre humour du moment a été pour moi sinon une goutte d’eau de trop au moins un prétexte pour lancer le sujet épineux de ma vision de notre relation. Sans doute qu’elle était plutôt d’humeur romantique alors que j’étais moi d’humeur grivoise. Sans doute aussi que nos conversations sur MSN m’intéressaient de moins en moins. Au vu de sa difficulté fréquente à apprécier ce que je lui disais, j’avais depuis longtemps abaissé le niveau de mon discours et, même si le hors contexte accentue un peu les choses, il faut bien avouer qu’effectivement je n’étais pas ici d’une subtilité affolante. Nous parlions au départ de son journal intime que j’avais trouvé sur Internet, ce qui la titillait :

Tout ça pour ça… ? A la question « devine de quoi j’ai envie », il fallait que je trouve : « de te faire des bisous » ?! Ah, je n’ai vraiment rien contre les énigmes dignes d’un épisode de Cœur Océan, mais sans doute qu’à force, en plus de devoir alléger le niveau de mes paroles et d’expliquer tous mes mots (aujourd’hui « blow job », hier « prosélytisme »), je finis par ne plus supporter cela. Et peu importe si je suis un peu de mauvaise foi à m’offusquer de notre petit décalage de ce soir, comme un piéton qui préviendrait un aveugle qu’il va marcher dans un trou, je me sens le devoir de lancer quelque chose pour tirer les choses au clair avec elle :

Ca y est, c’est fait. Je respire, même ça n’a été ni simple ni agréable. Je lui ai dit globalement le fond de ma pensée sans entrer dans les détails. J’ai essayé d’être le plus délicat possible même si ce n’est pas forcément réussi. Mais il n’y a pas trente-six mille façons de le dire et de le faire. Il est vrai que je ne voulais à la base qu’introduire l’idée des limites de notre relation et que ça s’est vite transformé en explications générales. Mais dans le fond, comment aurait-il pu en être autrement ? En tout cas, ça m’embête qu’elle ait pu penser que je n’avais plus envie de la voir le lendemain comme nous l’avions prévu et que j’aurais pu vouloir en rester là avec elle de manière aussi brutale.
Le lendemain, quand elle me rejoint chez moi et que j’ouvre ma porte, je vois tout de suite à son expression qu’elle a pris notre discussion de la veille avec gravité. Je suis surpris mais je ne le devrais pas : c’est logique, c’était une découverte pour elle, pas pour moi. Elle entre chez moi mal à l’aise. Ambiance fin de couple. Nous discutons de notre relation et elle me questionne longuement sur cette histoire de « manque d’affinités » que je mets en avant comme problème principal. Je me garde bien de lui parler de ce décalage intellectuel qui est pour moi l’obstacle principal à notre relation. J’évoque des envies, une sensibilité ou des centres d’intérêt différents. Ce n’est pas mentir mais ce n’est que la surface émergée d’un problème plus fondamental.
Comme Annie n’a pas envie d’une relation sans potentiel de sérieux, nous n’avons pas d’autre choix que de nous arrêter là. Je la sens triste et déçue mais c’est le corollaire de toute rupture, quelle qu’elle soit, et je pense qu’elle passera vite à autre chose. Avant de repartir, elle me demande de la prendre dans mes bras et de l’embrasser. Après cet instant calme et câlin, je la laisse s’en aller.
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Et vous, alors ? Comment gérez-vous une rupture, que ce soit à la suite d’une longue relation ou d’une petite aventure ? Préférez-vous rompre en face à face, défricher le terrain par avance sur MSN ou êtes-vous lâche au point de balancer un SMS avant de vous enfuir ? Comment les autres rompent-ils avec vous ? Et comment préféreriez-vous que l’on rompe avec vous ?
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