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Je vais raconter l’histoire évoquée dans les posts relatifs à une certaine lectrice arrosée… mais en changeant la caméra d’épaule… L’exercice a déjà été réalisé ici, je n’inaugure rien de nouveau, si ce n’est pour moi. J’ai quelques remarques à faire avant de commencer parce que je pense que c’est plus simple si je les pose au préalable. Je ne milite pas pour la canonisation d’Anadema, d’autres causes me semblent bien plus importantes à soutenir. Je commence par là pour deux raisons.
D’abord, simplement indiquer que tous les propos à venir qui pourraient donner l’apparence d’une valorisation excessive du tenancier des lieux ne le sont pas par finalité (à savoir gratuitement l’encenser) mais parce que la consigne dont je dispose ici est la suivante : « donner MA version des faits ». Nul besoin de s’étonner que quelqu’un qui ait été capable de gentiment le « traquer » puisse être amené à tenir des propos gratifiants à son égard (se donner de la peine pour quelqu’un que l’on n’estime pas du tout relèverait d’un certain masochisme de ma part, voire même un degré de stupidité très avancé dont je me défends (au moins partiellement !)). Je n’ai pas envie d’amender la manière dont j’ai appréhendé les choses à l’époque des faits uniquement pour éviter le côté groupie (que je ne peux pas complètement contester cela dit). D’ailleurs, je n’ai NULLEMENT envie de rendre attirant Anadema, pétrie de jalousie que je suis (devenue… : pfff), ce qui aurait plutôt tendance à m’encourager, stratégiquement, à le dévaluer. Mais, encore une fois, je m’en tiens à la consigne et j’ai un (tout petit) peu d’éthique… même si en l’occurrence ça me dessert… ! Je vais juste essayer de rendre compte de ce que j’ai pensé et ressenti à l’époque des faits. Le point de vue subjectif est donc amplement revendiqué.
La seconde raison est que je n’ai pas envie qu’Anadema soit taxé de prétention en publiant mes digressions et qu’on lui reproche (sport emblématique sur ce blog, dans lequel ce ne sont pas forcément (j’ai bien dit « pas forcément » hein) les plus athlétiques qui pratiquent !) de se valoriser, être vaniteux ou je ne sais quoi encore (là, mes précautions commencent à ressembler aux annonces qui précèdent les films sur DVD donc j’arrête…).
Bref, entrée en matière un peu procédurale, j’en suis désolée… mais comme ça je n’y reviens pas… et je peux donc passer au fond !
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Projections et autres complications
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Je ne sais pas du tout comment j’ai découvert le blog d’Anadema, très originalement « par hasard » (à mon avis la proportion de personnes l’ayant trouvé autrement doit avoisiner les 23,4%… Je me situe donc dans la majorité telle que je la visualise). Tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas tout de suite compris ce dont il était question. J’ai lu, ai trouvé le propos digeste, voire plutôt très bien écrit et la dimension sexuée des propos a dû faire le reste dans le travail d’ « addiction » qui a suivi. Je me souviens bien que le dernier post publié renvoyait à une fille En chair et (dans une moindre mesure) en os… ce qui situe les choses en termes de calendrier (même s’il me semble que ce post est resté longtemps, compte tenu de la relative mise en sommeil du blog à l’époque. Je crois que ce devait être en novembre 2006).
J’ai donc lu et me suis régalée ce qui n’a pas manqué de stimuler des visites ultérieures. Lorsque je suis retournée sur le blog, j’ai mesuré à quel point j’aimais ce que je lisais. La question peut se poser, effectivement (j’imagine des objections fictives, oui), de savoir si cela devait être attribué à ce que je lisais ou s’il n’était question que d’une comparaison méliorative par rapport à la faune de choses sans aucun intérêt que l’on voit foisonner sur le net. Je peux grossièrement répondre à cette fausse interrogation en indiquant qu’un mélange de ces deux explications devait probablement guider mon appréciation.
J’y allais de manière récurrente, ce qui se voyait encouragé par le nombre incalculable de posts qu’il me restait à lire… A titre de comparaison, je crois avoir ressenti à peu près la même chose que lorsque j’accroche sur une série télé, la seule différence étant le support, écrit en l’occurrence. Je me vois alors savourer le fait que je sais que ça va commencer, pour ensuite me dire « oh non, ça va bientôt être fini » et enfin espérer l’épisode suivant avec impatience. J’ai toujours tendance à anticiper les déplaisirs, ce qui a l’effet pervers de me les faire vivre plusieurs fois : bêtement mais sûrement. En atteste cette illustration on ne peut plus triviale : je mets plusieurs réveils pour me lever le matin, non pas parce que je ne suis pas capable de me lever, mais afin que les premiers m’indiquent qu’il me reste « peu » de temps avant la fin du monde (sous titre : la sortie du lit) et qui a, bien entendu, l’effet inverse de celui escompté en me rendant encore plus fébrile au réveil effectif puisque j’appréhende depuis des dizaines de minutes (je règle l’espacement des réveils selon mon degré de sadisme du moment)…
J’ai oublié de mentionner la deuxième consigne d’écriture que j’ai eue se résumant en gros à « ne pars pas à droite et à gauche ! » et là je sens que je m’en émancipe donc je redresse la barre… et je reprends.
Eh bien là, ça me faisait à peu près cet effet là : un grand plaisir à lire mêlé à une crainte (toute relative, il ne faut pas exagérer non plus : j’ai quand même une vie accessoirement) d’en voir la fin à un moment ou à un autre.
Pratiquement tout ce que je lisais me parlait, m’interpellait ou m’intéressait. Non pas dans le sens d’une affinité totale (loin de là d’ailleurs !) mais davantage au sens de registres de pensées voisins, par opposition à des manières d’appréhender les choses qui me semblent parfois relever de langues différenciées entre les gens. Par contre, il était davantage question d’attraction plus que d’empathie (dans la mesure où je ne serais absolument pas attirée par moi si je n’étais pas moi justement, j’aurais eu du mal à être attirée par quelqu’un auquel je m’identifie… enfin bref). En gros, j’avais l’impression – fondée ou non ce n’est pas le propos – de lire quelqu’un a qui j’aurais des choses à dire, sans avoir besoin d’ajouter des sous-titres pour être sûre que mes propos ne soient pas déformés ce qui me semble être un luxe énorme (et qu’il ne m’est malheureusement pas possible de m’accorder si souvent).
Pour autant, des points de divergence ou des choses moins reluisantes, il y en avait !
Je sais l’avoir trouvé par moment abusivement rigide et presque borné mais il me semblait que cela relevait davantage du mode de communication utilisé – les commentaires par exemple – qu’autre chose. Le fait d’avoir à répéter des choses aux lecteurs donne abusivement l’impression qu’il est têtu de même que d’insister sur certains éléments a tendance à faire oublier que ce n’est pas pour autant que les événements en question ont effectivement eu une importance énorme…
Il me semblait également parfois très naïf, notamment lorsqu’il semblait trouver que le simple fait pour une pouf’ avec laquelle il conversait de ne pas ponctuer ses phrases de lol pouvait attester de sa crédibilité de partenaire potentielle. De même, j’avais eu le sentiment qu’il portait, malheureusement, son intérêt sur des nanas qui jouaient simplement leur rôle de pouf’ enjouée, un minimum cérébrale (j’ai bien dit un minimum parce que franchement pour certaines… enfin ça en devenait même énervant à lire !). Et je ne dis pas cela par prétention, puisque je ne me dis pas forcément différente de ce que j’incrimine, soyons d’accord… ! Mais en tout cas, ça avait le don de m’insupporter. Pour dire les choses plus simplement – quitte à les dénaturer – j’avais le sentiment qu’il se laissait parfois impressionner par bien peu dès que la nana lui casait deux ou trois trucs pas complètement cons (et si le registre en jetait suffisamment, alors là ! C’était in the pocket). Et là je me disais : « pffff » (réflexion métaphysique récurrente qui va s’avérer être le fil conducteur de mon propos).
J’ai d’ailleurs un exemple très précis : dans un post relatif à Iséa. Cette petite mijaurée – je dis ça compte tenu du dénouement de cette « histoire » qui m’apparaissait ÉVIDENT depuis le début – indique fièrement « trop beaufs ces gens qui matent le Bigdil ! ». Wouhaou ! Ca c’est une prise de risques ! Et de la parole engagée ! Je ne connais aucune personne équilibrée regardant le Bigdil donc à part enfoncer des portes ouvertes, dire ça me semble être d’une banalité…). Qu’Anadema semble considérer ça comme révélateur du fait que cette *bip* ait de l’esprit, alors là ! J’ai à plusieurs reprises eu le même sentiment d’ailleurs : l’impression que la nana ne faisait que se situer sur le bon registre en développant des lieux communs et ça y était : elle était bonne à marier (je sais, j’exagère et c’est volontaire) ! Si en plus sa ma-de-moiseeeeeelle (je reste polie mais dans la vraie vie je dis autre chose) était parvenue à caser « très subtilement » des indications sur son apparence par un « mais je suis trop deg’ je comprends pas pourquoi tout le monde veut coucher avec moi… je ne suis pas qu’une fille de 1m70 pour 48 kg après tout et puis flûte ! [sauf que, comme par hasard, en réalité, les proportions s’inversent et ça donne un 1m48 pour 70kg… Hum ! ] Je ne vois pas le mal à mettre des strings qui sortent du jean ! Ca veut pas dire que je suis dispo’ pour tous les mecs qui m’approchent (…) et ben franchement le féminisme a encore de beaux jours devant lui [j’adore lorsque se mêle dans le lot une analyse sociologique dont la finesse n’a d’égal que la clairvoyance de la *bip* concernée] » alors là, c’était banco !
J’en ai depuis parlé avec lui et j’ai compris des choses mais en tout cas sur le coup ça m’énervait ! On pourrait – partiellement à juste titre – m’indiquer que cela n’était que la manifestation d’une certaine rivalité féminine et de ma jalousie (mal placée oui !) envers toutes celles qui avaient été ses prétendantes sauf que pour une bonne partie d’entre elles, j’avais une certaine sympathie et ne ressentais aucune espèce d’animosité (aussi peu crédible que ce soit, c’est vrai !).
Je crois pouvoir distinguer deux choses : d’une part les affinités intellectuelles que j’ai pu percevoir – justifiées ou non mais ça n’est pas encore le propos – et l’attraction mêlée d’émoustillement d’autre part que provoquait la lecture des histoires parfois croustillantes que je lisais.
J’ai dû imaginer à partir de là l’impression que j’étais exactement sur la même longueur d’ondes et qu’il ne le savait pas, simplement parce qu’il ne me connaissait pas ! La relation duale entre le lecteur et celui dont émanent les écrits aboutit parfois à une impression (unilatérale bien entendu !) de proximité et d’intimité qui se trouve exacerbée par certaines affinités communes (et surtout interprétées comme telles et c’est là le ressort du mécanisme). Je devais simplement être sujette à ce syndrome comme ça a déjà été le cas à la lecture de certains écrits totalement différents du support ici considéré. J’étais sensible aux délires, à certaines phrases tout spécialement (alors que d’autres pouvaient éventuellement me sembler totalement transparentes), à certains points de vue, à cette habileté à manipuler les mots. J’y voyais un très juste équilibre entre sensibilité clairement assumée (la sensibilité en soi n’est pas rare je pense, mais l’assumer, voire la revendiquer l’est un peu moins chez les hommes) et touche suffisante de charme sexué. La conjonction de ces deux choses me le rendait terriblement séduisant. Il peut le nier autant qu’il le souhaite (je ne le crois pas si naïf d’ailleurs, quoique…) mais ses propos (et là j’englobe les commentaires dans lesquels il s’adresse plus directement aux gens) étaient – tels que je les ressentais – teintés d’une légère teneur sexuée juste assez suffisante pour émoustiller très légèrement sans pour autant en devenir trop inscrits dans le registre explicite de la séduction. Je pense d’ailleurs qu’il en joue, plus ou moins consciemment même si c’est totalement gratuit et pas forcément motivé par des considérations « slipales » (pour un lexique des néologismes utilisés, simplement faire un effort d’imagination !). Il a tout à fait raison, et comme je le lui ai déjà indiqué, j’en jouerais bien plus si j’étais à sa place.
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