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Jeudi 23 mars 2006 Rencontrer Alina fut pour moi un sympathique moment, je l’ai trouvée plus jolie que sur ses photos et tout aussi intéressante que je pouvais l’espérer. En revanche, je n’ai pas senti de feeling spécial, une étincelle à même de rendre cette rencontre plus que simplement agréable. Cela dit, je ne suis pas sûr qu’il faille s’arrêter à deux heures de conversation autour d’un verre pour conclure quoi que ce soit… Quoique. Physiquement, elle me plaît : de jolis cheveux blonds, une silhouette mince et féminine, un visage fin et délicat, du charme et de la distinction. Et intellectuellement, ça suit : elle s’intéresse à beaucoup de choses, a des opinions construites, un regard critique. Les conversations avec elle sont intéressantes et elle a plein de choses à m’apprendre.
Je ne sais pas ce qu’elle a pensé de moi car nous n’avons pas du tout parlé de notre rencontre. J’avoue ne pas réussir à savoir si mon manque relatif d’enthousiasme est lié directement à Alina ou s’il découle de mes déceptions successives.
Alina et moi nous retrouvons sur MSN les jours suivants et bien entendu, nous finissons par aborder le sujet de notre rencontre :

Notre échange sur la question est resté de part et d’autre particulièrement prudent et évasif. Il faut préciser que j’avais eu la maladresse de lui dire sur MSN avant notre rencontre que l’incroyable coïncidence du lycée et du frère l’avait un peu désexualisée à mes yeux, ce qui l’avait beaucoup refroidie. C’est de là que vient son « je ne saisis pas trop ce que tu en attends ». De ce point de vue là, la voir en vrai – d’autant plus qu’elle est charmante et attirante – m’a fait changer de regard.
Nous décidons de passer notre samedi soir ensemble (3 jours après notre première rencontre) et nous donnons rendez-vous à St Michel. En ce qui me concerne, j’ai bien envie d’avoir une relation avec Alina. D’une part, je la trouve à mon goût physiquement et intellectuellement. D’autre part, après mes mésaventures d’automne, j’ai plus que jamais besoin de me sentir désiré. J’ai donc l’intention de donner un caractère de séduction à cette deuxième rencontre et de (tenter de) l’embrasser. Cette fois, je me suis bien gardé d’aborder à froid sur MSN avec elle le sujet d’une relation, quelle qu’elle soit.
Nous sommes à l’heure tous les deux et allons nous installer à l’étage d’un café pas trop bondé mais où un petit concert de salle se prépare. La conversation est toujours aussi agréable d’autant plus que j’essaie de l’inscrire dans un rapport de séduction. Une heure se passe avant que le concert ne commence et Alina vient me rejoindre sur la banquette pour que nous puissions continuer à discuter malgré le bruit. Très progressivement (j’aime faire durer le plaisir), cachés au milieu du brouhaha ambiant et de la salle remplie à craquer en un rien de temps, nous nous embrassons avec douceur et sensualité. Elle m’a confié être un peu gênée par les bisous « en public » et, même si nous étions au fond de la salle un peu à l’écart, nous n’en étions pas moins entourés par des gens de tous âges et de tous horizons.
Après deux courtes heures de conversations entrecoupées de bisous et de câlins pudiques, nous sortons nous promener sur les quais. Mois de novembre oblige, il fait plutôt froid et notre balade ne dure pas plus d’une petite demi-heure. Je lui suggère qu’elle peut m’inviter chez elle si elle a envie que nous continuions la soirée ensemble mais je vois qu’elle souhaite que les choses n’aillent pas aussi vite et je n’insiste pas. Nous nous embrassons une dernière fois et nous quittons.
Nous nous retrouvons sur MSN le lendemain (dimanche), nous racontons ce que nous avons fait en rentrant et parlons du moment où nous allons nous revoir :

Nous prévoyons de nous retrouver lundi vers 18h00 à Bibliothèque, un petit coin aéré et calme que j’apprécie.
Commencer une nouvelle histoire, c’est toujours quelque chose qui vous met sur un petit nuage… normalement. Aussi suis-je un peu surpris de ne pas ressentir grand-chose, ni enthousiasme ni enjouement particulier. Est-ce Alina qui me laisse indifférent ? Mes récentes mésaventures m’ont-elles conduit à désirer si fort une relation qu’en contrecoup, je m’en désintéresse quand c’est acquis ?
C’est d’autant plus manifeste que le soir même, j’ai Jana au téléphone et que ça me fait étrangement infiniment plus plaisir. Elle me raconte ses petites histoires du moment avec quelques garçons : une rencontre purement sensuelle, une autre en parallèle un peu plus régulière avec un garçon qu’elle voit de temps en temps, etc. Elle est dans la même situation que moi, à ne pas être plus emballée que ça par sa relation « principale » et se demande comme moi si cela vient d’elle ou pas. Nous prévoyons de nous voir jeudi soir chez elle et, aussi curieux que cela puisse paraître, cette perspective me rend beaucoup plus heureux que celle de retrouver Alina le lendemain même. Dans l’ordre des choses, ne devrais-je pas être plus excité à l’idée de faire l’amour dans 24 heures avec une fille que je ne connais pas encore dans l’intimité que dans 4 jours avec une autre que je connais déjà par coeur ?
Mon devoir d’honnêteté que je confonds souvent avec le devoir de transparence d’un gouvernement me place devant un dilemme : dois-je dire à Alina que je vois toujours Jana ? Evidemment, ma tendance naturelle me porte vers le « oui » et même si je sens que je vais hésiter jusqu’au dernier moment, mon intention est d’en informer Alina avant que nous ne couchions ensemble.
Alina et moi nous retrouvons lundi en début de soirée comme prévu et partons discuter et nous faire des bisous autour d’un verre dans un endroit cosy. Elle me parle en long et en large de son métier de psychomotricienne, sujet très intéressant. 3 heures plus tard, nous sortons du bar et elle m’invite chez elle. Je n’ai pas trouvé l’occasion de lui dire que je voyais encore Jana et mes hésitations ont achevé de m’ôter tout courage à rentrer sans transition dans le vif du sujet.
Avec le recul d’aujourd’hui, je me rends compte à quel point il aurait été idiot d’aller lui révéler une chose pareille. D’une part parce que je ne vois pas Jana souvent (une fois par mois au maximum), d’autre part parce que nous ne sommes pas ensemble depuis suffisamment longtemps pour que je renonce comme ça à ma vie et, pour finir, parce que ce genre d’aveu ne sert à rien sinon à créer une embrouille inutile. Les uns vont s’offusquer et crier au scandale en défendant cette pauvre fille « trompée » dès les premiers jours. Les autres vont me trouver bien coincé de me poser autant de questions pour si peu, me rappeler qu’une relation aussi jeune n’a pas à être forcément exclusive et que c’est jeter de l’huile sur le feu de jouer au jeu de la sincérité quand il ne sert strictement à rien. On ne renonce pas à sa vie pour une histoire qui n’a que trois jours et dont on est sceptique. Monstre ou coincé, toujours est-il que trouver une réponse à mes questions n’a pas forcément été une chose évidente pour moi.
Nous arrivons chez elle : un petit « deux pièces » bien aménagé, décoré sans excès et vivant. Elle nous prépare un petit truc à manger. Hors public, je peux enfin l’embrasser sur son canapé avec plus de volupté. Son petit sourire gêné s’est transformé en un large sourire dont elle ne se défait plus. A mesure que les câlins deviennent chauds, nos vêtements disparaissent et nous nous envolons dans sa chambre. Alina a un très joli corps tout à fait à mon goût avec des petites fesses à croquer… et je ne me prive pas. Nous faisons l’amour avec tendresse et passion. Au summum du plaisir, elle perd un petit peu la tête et ce qu’elle raconte devient limite incompréhensible, c’est amusant comme tout ! Nous nous serrons l’un contre l’autre et nous embrassons. Un peu plus tard, d’une petite voix pudique, elle me lance que « c’était trop bien ! ». Le moment est magique. Être désiré et donner du plaisir, c’est ce dont j’avais le plus besoin. Est-ce seulement ce que que j’étais venu chercher ?
Nous nous quittons le lendemain matin au métro. Nous devons passer le week-end ensemble chez moi.
Vendredi au téléphone, Alina insiste beaucoup pour qu’on se voit dès ce soir mais je n’en ai pas particulièrement l’envie, d’autant plus que Jana, que j’ai quittée en début d’après-midi, m’a épuisé. Alors nous discutons un peu au téléphone pendant que je range mon chez-moi afin que ce soit agréable pour elle de me rejoindre le lendemain. Comme je l’avais confié à Jana, j’ignore toujours pourquoi je ne suis pas plus enthousiaste que ça dans ma relation avec Alina : elle est jolie et intelligente avec de la personnalité et je n’ai vraiment rien à lui reprocher. Notre conversation téléphonique va m’aider à mettre le doigt sur ce qui peut-être me manque. Nous abordons pour une raison que j’ai oubliée le sujet des passions en général et Alina m’explique qu’elle n’en a aucune et que ce n’est pas son fonctionnement : elle a beaucoup de centres d’intérêt mais n’est pas « passionnée » en général par quoi que ce soit (ce n’est pas moi qui le dit, c’est elle). Du coup, peut-être que cela la rend d’une certaine façon assez froide et modérée à mes yeux. Car c’est l’antithèse de ce que je suis, d’un tempérament enflammé et passionné. Ce petit moment téléphonique m’a fait beaucoup réfléchir sur la viabilité de notre relation.
Le lendemain, nous nous retrouvons en tout début d’après-midi et partons nous balader en ville. Autour d’un café, nous parlons de sexe et dans une certaine mesure de nos fantasmes. Là encore, il apparaît une vraie différence : autant je suis avide d’expériences nouvelles et de petits jeux coquins, autant ce n’est pas du tout son truc. Elle a une sexualité beaucoup plus « classique » : ce que l’on peut trouver dans un sex-shop ne l’intéresse absolument pas. L’important dans une relation, c’est d’être raccord sur les choses essentielles. Je lui fais donc part de mon scepticisme quant au fonctionnement ne serait-ce qu’à moyen terme de notre relation, je lui expose mes doutes et mes réflexions du moment et je lui demande son avis là dessus. Sa déception est palpable et cela la refroidit nettement. Je pense qu’elle ne s’était pas encore posé ce genre de question.
Notre week-end ensemble s’est bien passé… mais je l’ai sentie ces deux journées sensiblement refroidie par mon aveu. Nous sommes allés dimanche faire une randonnée très agréable en forêt, nous avons pris une douche ensemble et avons fait des câlins. Elle est rentrée chez elle dimanche soir tard.
Je pense qu’il était vraiment important que je lui fasse part de mes doutes avant que les choses entre nous ne prennent une tournure plus « sérieuse ». Je ne savais pas au fond ce qu’elle pouvait vraiment penser de son côté jusqu’à ce que, mardi soir, je reçoive un mail de sa part :

J’ai été très heureux de lire ce mail car ce qu’elle a écrit correspond exactement à ce que je pense de notre relation.
Je lui passe un petit coup de fil le lendemain et nous nous retrouvons autour d’un café. Nous sommes d’accord sur l’impossible équilibre d’une relation sérieuse entre nous et comme elle ne souhaite pas autre chose, nous décidons d’arrêter là notre petite histoire. A la fin de ce dernier moment passé ensemble, nous nous levons et allons rejoindre l’entrée d’une station de métro. Nous nous embrassons tendrement une dernière fois et nous saluons.
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