De quoi ai-je envie ?

De quoi ai-je envie aujourd’hui ? Voilà une question qui tient pour beaucoup de notre expérience personnelle et de nos réflexions sur la question des relations sentimentales. Notre conception des choses n’est pas immuable et dieu sait que la réponse a été fluctuante pour moi au cours de ces quinze dernières années.

A 18 ans, j’avais une vision très magnifiée, idyllique de l’amour. Celle des cartes postales. Pour moi, il n’était pas concevable de faire l’amour sans avoir de profonds sentiments pour l’autre ou du moins sans envisager le moindre potentiel dans une relation. Et un simple baiser suffisait à ratifier le commencement d’une relation. On était « célibataire » ou on ne l’était pas. Il n’y avait pas de place pour un entre-deux. Fort logiquement, je percevais l’infidélité comme le crime de lèse-majesté : horrible, monstrueux, impardonnable. Incompréhensible, aussi. Et il n’y avait pas besoin d’aller copuler ailleurs durant des heures pour que je considère cela comme criminel : le moindre échange de salive consentant valait pour une abominable trahison. Tous mes amis et amies avaient cette conception des choses et elle me semblait globalement l’unique acceptable. Oh, je savais bien qu’il y avait des couples libertins, des clubs échangistes et je voyais bien que l’expression de la sexualité dans « Basic Instinct » était assez particulière. Mais je ne me posais pas plus de questions que ça : je mettais ça sur le compte du Cinéma (qui intensifie les choses), et la sexualité « débridée » me semblait appartenir à un autre monde, celui des adultes (comprendre : les vieux de 30 / 40 ans). Comme un enfant qui ne soucie pas de payer sa redevance de télévision, je n’avais donc pas à me sentir plus concerné que cela.

A 21 ans, j’avais encore la même vision des choses mais j’étais plus apte à accepter que l’on puisse avoir une conception différente des relations. J’étais alors étudiant et logeais « chez l’habitant ». Nous étions plusieurs « colocataires » de profils et d’âges différents et nous passions de nombreuses soirées à discuter ensemble pendant le dîner. Claude devait avoir la quarantaine, il était sans emploi, au RMI et venait de divorcer. Sans maison, il s’était retrouvé avec nous « chez l’habitant ». C’était quelqu’un d’ouvert et de très humble qui aimait beaucoup parler. Sans être d’une grande intelligence, il avait surtout beaucoup de bon sens et savait raconter ses histoires. Comme il papillonnait à droite et à gauche en rencontrant tout un tas de femmes, il nous racontait ses aventures avec moult détails croustillants et avec un grand sens de l’humour. Et j’avais beaucoup de plaisir à l’écouter. Je me souviens d’une de ses relations qui m’avait beaucoup frappé : il voyait régulièrement une femme avec laquelle il savait que ça ne donnerait rien à terme. Pire, elle le pensait aussi. Pire, ils voyaient chacun d’autres personnes à côté. Et pire encore, ils en parlaient ensemble tous les deux au lit ! Cela me paraissait assez phénoménal de pouvoir discuter dans un lit de la fin future de sa relation avec l’autre et de ses histoires parallèles. Je continuais à penser que faire l’amour impliquait un minimum de sentiments et d’implication. Par « implication », j’entendais bien plus que de l’estime : un engagement et de l’exclusivité. Une relation ne pouvait pas avoir pour vocation d’être courte : elle devait avoir suffisamment de potentiel au départ pour qu’on ne puisse en deviner la fin. D’ailleurs, je me suis souvent dérobé à des possibilités de relations (courtes, donc), simplement parce que je voyais bien que ça ne pourrait rien donner de sérieux à terme. Pour autant, les filles ne me déplaisaient pas forcément. Mais plutôt que de flirter gaiement, je préférais rester sage dans mon coin. Avec le recul d’aujourd’hui, je me dis : quel con !

A 26 ans, lorsque j’ai commencé ce blog, ma vision des relations avait sensiblement évolué même si elle restait somme toute très classique et, il faut bien le dire, un peu naïve : si je pouvais concevoir qu’on puisse vivre une relation très agréable avec quelqu’un sans nécessairement être amoureux, j’accolais encore toute idée de rapport sexuel à une relation dont la fidélité faisait partie du lot de base incompressible. Une relation ne pouvait être qu’exclusive et si possible avec un potentiel d’amour derrière. Je pensais que si ce n’était pas le cas, il fallait être totalement honnête envers l’autre dès le départ et lui dire le fond de sa pensée. Mais c’était confondre « honnêteté » avec « transparence » parce qu’il y a plusieurs étapes dans une relation et que tout n’a pas à être dit tout de suite, dans le bien comme dans le mal. Il en va ainsi de la séduction comme des rapports humains en règle générale. Malgré ma vision traditionnelle des relations sentimentales, j’avais intégré qu’il existait des conceptions différentes des choses et je ne jugeais pas ceux qui faisaient de l’adultère un mode de vie et dont je croisais les témoignages sur les premiers blogs intimistes. Je n’envisageais plus moi-même la rupture comme la conséquence inéluctable d’une infidélité : je commençais à comprendre ce que goûter au sexe ailleurs pouvait avoir de simplement humain et je pouvais concevoir que celle que j’aime pût simplement céder un jour à son désir sans avoir envie de remettre en cause son amour pour moi.

Aujourd’hui, et à vrai dire depuis que j’ai commencé ce blog et fait toutes ces rencontres, et depuis que j’ai eu ici et ailleurs d’innombrables fois l’occasion de débattre et de réfléchir sur les relations humaines et amoureuses, ma conception du couple, de l’amour et du plaisir a connu une profonde révolution. J’ai une conception beaucoup plus souple et simple des relations et du rapport au sexe. J’ai cessé de vouloir systématiquement relier le plaisir physique à la relation engagée. Faire l’amour, c’est un échange intime empreint de plaisir, mais pourquoi vouloir lui accoler tant de contraintes et de charge ? Dans la suite logique, je ne considère plus l’infidélité comme un crime si grave. Le seul crime possible est de provoquer notre jalousie, laquelle est profondément douloureuse. Mais il en va ainsi de la nature humaine, tant dans le désir que dans la jalousie, et l’infidélité n’implique pas nécessairement que l’autre ne nous aime plus, bien au contraire. Je ne conçois plus les relations comme devant obligatoirement avoir un potentiel d’avenir. Une jolie histoire, qu’elle soit courte comme celle que j’ai vécu avec Annie pendant deux petits mois, n’est ni un échec ni une perte de temps : c’est une rencontre humaine et un plaisir sensuel. N’est-ce pas là l’essentiel de ce pour quoi nous sommes sur terre ?

Je ne remets pas en question le sens et la force de l’amour, le vrai. Il garde sa place si particulière et si magique, si unique. Mais l’amour ne se trouve pas à tous les coins de rue, c’est aussi sa rareté et sa fragilité qui en font son inestimable valeur. Et quand une relation n’est pas une relation d’amour, ça n’est pas pour autant un « plan cul », expression qui résume bien la vision réductrice que l’on peut avoir des rapports humains dès lors que l’on a des rapports sexuels sans amour. C’est un peu comme si je qualifiais tous ceux que je fréquente et qui ne sont pas mes vrais amis de « bouche-trous ». Je n’aime pas ce côté dénigrant qui consiste à estimer ce qui est de l’ordre de l’amour et à mépriser tout le reste. Les relations humaines sont faites de bien plus de nuances que cela. Tout autant que le plaisir moral et charnel que l’on en retire.

Alors ? De quoi ai-je envie aujourd’hui ?

J’ai envie de rencontrer une fille formidable (je ne dis pas « la » parce que je ne pense pas qu’elle soit unique) que je pourrais aimer et qui pourrait m’aimer. Avec laquelle je pourrais me sentir vivant et heureux. Avec laquelle je partagerais de profondes affinités et une grande complicité. Avec laquelle j’aurais envie de construire une relation pérenne. Cela fait si longtemps que je n’ai pas été amoureux qu’il ne me reste de l’amour qu’un souvenir factuel. J’en ai oublié l’essentiel : la sensation. Mais j’ai aussi plus que jamais envie de continuer à faire de jolies rencontres et de vivre des relations sans dessein particulier. Parce que les rencontres sont passionnantes et que leur donner une dimension sexuelle rend l’existence excitante (sans jeu de mots). Si j’ai l’impression d’être beaucoup plus libéré aujourd’hui et de bien mieux assumer la sexualité de manière générale, je suis tout de même resté aussi « fleur bleue » qu’à 18 ans. L’un n’empêche pas l’autre.

Voilà ce que fut mon cheminement de pensée sur les relations et sur l’amour depuis mon adolescence. Je n’ose pas dire que j’ai simplement mûri tant j’ai le sentiment que d’autres ont un cheminement inverse au mien : des envies de papillonnage et d’expérimentations à vingt ans et plus de mesure et de retenue, pour ne pas dire de classicisme, bien des années plus tard. Tout ceci doit être affaire de perception, même si je n’en comprends pas bien la mécanique. Je suis bien obligé aussi de remarquer la perceptible libéralisation des mœurs qui a frappé la société au cours des quinze dernières années qui me concernent et, en tant qu’homme inscrit dans son temps, je suis forcément influencé par cette transformation. Car le rapport que ma génération avait à la sexualité à 16 ans n’a plus rien à voir avec celui des teenagers d’aujourd’hui. Internet est passé par là.

Et vous, lecteurs et lectrices, de quoi avez-vous envie ? 🙂
Que retenez-vous de cette évolution de ma conception des relations ? Quel âge avez-vous et quel a été votre propre cheminement de pensée sur l’amour et sur la sexualité ? Y a-t-il des expériences qui ont influencé votre perception des choses ? Avez-vous, vous aussi, remarqué des changements avec les générations d’avant ou d’après vous ?

53 réponses sur “De quoi ai-je envie ?”

  1. Je trouve que tu as effectivement évolué Anadema, mais pour moi tu as surtout cédé à la facilité et finalement à la mode.
    Facilité dans le sens où les rencontres sont faciles, tu en profites, tu consommes et finalement après c’est poubelle.
    De plus en plus on consomme les relations, on ne les vit plus.

    L’infidélité, parlons-en. Mais déjà posons les bases, qui dit bases dit construction et donc investissement, donc relation un minimum sérieuse et pas juste un coup d’un soir. Là où je veux en venir c’est qu’une relation un minimum sérieuse passe par la fidélité, un couple fonctionne à deux, pas à 3 ou 4 ou plus, sinon les fondations ne tiennent pas, trop de variables.
    Si infidélité il y a alors insatisfaction il y a surtout, et il faut d’abord résoudre ce soucis avant de céder à la facilité en disant que l’infidélité c’est fashion et ca fait pas de mal.

    La relation sérieuse impose forcément un minimum d’investissement et ça, trop peu de personnes sont prêts à ça, effectivement c’est loin d’être évident, ça demande du temps, de la réflexion, différents tests pour se trouver soi-même et à deux aussi.
    Trop de monde ne veut pas « transpirer » et travailler sur soi, tirer un coup est tellement plus simple.

    Tu dis que les relations courtes que tu as eut t’ont apporté, mais finalement quoi ? Hormis un plaisir sexuel éphémère ? Est-ce donc ça que tu cherches ? Moi perso, ça ne me branche pas du tout et je ne vois pas ce qu’il y a de bénéfique, ce n’est pas avec ça qu’on grandit. On grandit en construisant, en résolvant des soucis et aussi en partageant de la complicité et ne me dit pas qu’on est complice après 2h de rendez-vous et 1h sous la couette.

    Je trouve finalement dommage que tu te sois écarté de la recherche d’une vraie relation, celle qui nous construit. Et que finalement tu es suivi un peu la masse dans cette consommation de relations sexuelles finalement éphémères et creuses.

  2. Anadema, c’est peut-être la plus belle page que j’ai lue sur ton blog.
    Je me sens émue.
    C’est aussi probablement parce que j’ai l’impression de lire de ma pensée. Du temps pour te relire, c’est transparent et en même temps si dense.

    Réservée sur la question du sens de la Vie qui a priori n’en a pas à mes yeux….

    Des remerciements et des FELICITATIONS

  3. Aujourd’hui, j’ai 28 ans. Mon cheminement sur les relations sentimentales et l’amour s’apparente au tien sur plusieurs aspects. Je ne m’attarderais pas sur les affinités, je préfère te livrer les différences et mes impressions.

    Mon intérêt pour les femmes a été tardif, sans doute. A l’époque du lycée je n’en avais pas grand chose à faire de l’autre sexe. Ni du mien, d’ailleurs. Autre point important, j’ai grandi dans une société fortement ancrée dans le traditionalisme, qui au niveau des rapports hommes-femmes se traduit par machisme (je vivais dans le sud de l’Italie pour citer le contexte). Ainsi, ma vision des choses a été fortement influencée par cet environnement et a été remise en question seulement lorsque j’ai commencé à accumuler les expériences. Expériences qui se sont avérées fructueuses, au moins dans un cas ou deux, car mon opinion sur les rapports hommes-femmes a été remise en question et elle s’est affranchie de la vision machiste. J’ai eu la chance de rencontrer des jeunes filles relativement émancipées et dans le sud de l’Italie, je te l’assure, ce n’est pas donné. Il me font bien rire les impatients qui doivent absolument conclure lors du premier rendez-vous, alors qu’il y a bien eu des cas où j’ai du patienter des mois sans rien obtenir… outre que des « roucoulades » pour utiliser une expression chère à Claude Lanzmann.

    Pendant longtemps, moi aussi, j’ai eu une vision manichéenne des relations sentimentales : soit elle en est une, soit il y a rien. J’avais également une approche idéalisée des sentiments. Là aussi, en grandissant, on comprend que le relativisme ne s’applique pas essentiellement au domaine scientifique ou à l’histoire, mais aussi à notre vie sentimentale. Comme tu disais, ça s’appelle grandir.

    Et aujourd’hui ? Qu’en est-il ? Je ne suis plus figé sur les « idéologies » sentimentales, je peux concevoir des faiblesses, j’en ai moi-même, comme tout le monde. Néanmoins, je pense qu’il faut se donner des principes communs pour la réussite d’un couple. Par exemple, je ne pense pas pouvoir accepter l’infidélité et je me fixe comme objectif de respecter ce principe de fidélité. Il est impossible de savoir s’il sera remis en cause ou pas car, comme tu le sais, un relativiste n’a pas de vérités absolues. Mais il peut avoir des règles de bonne conduite. Je pense que cela résume de façon succincte ma vision sur la vie sentimentale. Serai-je toujours enclin à arrêter une relation en cas d’infidélité ? Je ne sais pas. Certes, je ne ferai pas une crise de jalousie, ce n’est pas mon genre. Je réfléchirai, probablement. Et je prendrai une décision. Je ne resterai pas indécis, je crois. J’ai été capable de « claquer des portes » dans le passé, je serais capable de le refaire. Il est fondamental de le faire quand on se retrouve face à une personne incapable de prendre une décision, éternellement engloutie dans l’indécision et par les fantômes de son passé (un des amis appelle cela « être intérieurement torturé »…). Ce sont le genre de personne que je peux fréquenter, connaître ou côtoyer, mais je garde une distance de sécurité, histoire de me protéger.

    Pour le reste, depuis quelques mois je fréquente une demoiselle qui est une candidate très sérieuse pour dégoter le prix de « la fille formidable ». Mais ne soyons pas hâtifs. Laissons du temps au temps, comme disait un tel.

  4. félicitations anadema pour cet article intéressant.

    j’ai 27 ans et j’ai une vision de l’amour qui correspond à celle que tu avais au même âge… avec quelques bémols:
    – je n’arrive pas à avoir du désir physique quand je n’ai pas de sentiments – les deux sont corrélés, reste à savoir si le désir est suscité par les sentiments ou vice-versa. enfin tout ça pour dire que quand je commence une relation, j’y crois. et sans avoir à me forcer j’ai toujours été fidèle dans mes relations, qui ont toujours duré plusieurs années.
    – je suis tombée une fois sur un homme qui avait la même vision que toi actuellement, à savoir « profitons de la vie tant que ça ne fait pas souffrir l’autre » (sans me le dire bien sûr). je suis restée plus de deux ans avec lui sans rien voir, sauf qu’il a un jour commis un impair et j’ai découvert sa « double vie » (je précise bien sûr que s’il avait été transparent dès le début, je ne serais jamais restée). ça m’a complètement traumatisée et aujourd’hui encore mes relations avec les hommes en sont affectées; j’ai tendance à voir des infidèles partout, je me méfie de tous, je n’arrive plus à faire confiance. j’étais tellement mal qu’en le quittant, j’ai dit la vérité à tout le monde sur les raisons de notre rupture: et c’est seulement à cause du regard des autres qu’il a commencé à avoir conscience du mal qu’il m’avait fait, et à en avoir honte… c’était tellement gratuit!

    alors oui, les humains sont des animaux, oui nous ne sommes pas infaillibles, oui la vie est longue et on a tous envie d’en profiter. mais quand on est vraiment un couple, on respecte l’autre et on essaie de ne pas faire ce qu’on n’aimerait pas que l’on nous fasse! il y a une différence entre faillir sans que ça ne soit prémédité et le regretter, ou avoir pour philosophie de vie de céder à ses envies (sauf quand les deux dans le couple partagent cette conception – mais c’est rare, d’autant plus que les hommes infidèles désirent généralement une femme fidèle!).

    bref c’était ma contribution à ton article. continue d’écrire en tout cas, ça fait plaisir que tu aies augmenté le rythme 🙂

  5. A 32 ans, je ne vois pas beaucoup de différence entre les 16 ans d’aujourd’hui et ceux d’il y a 20 ans.
    La seul différence c’est qu’avec internet et le telephone portable ils peuvent s’ennuyer a plusieurs mais maintenant a distance!

  6. Petite inspiration d’une fille d’intelligence ordinaire.

    C’est vraiment marrant comment je ressens tes récits, un coup trop sûr de toi, un coup moqueur et un coup romantique.
    Et je ne sais rien de toi finalement… Mais ce post là me met presque la larme à l’oeil.

    J’arrive à comprendre ce que tu décris (une lueur d’espoir) mais je n’arrive pas à concevoir l’amour comme toi tu le vois.

    Selon certains psy le couple est une pure invention, puis certains couples restent toute une vie ensemble sans se tromper. Alors où est la vérité?

    Est-ce que tu as raison d’adopter cette « politique de relation »?
    Es-tu heureux? Seras-tu heureux?

    Je retiens de cette évolution que j’ai fait tout l’inverse de toi. Il me reste cette impression qu’il te manque quelque chose dans ta vie, une fille formidable sûrement.
    Et j’aimerai bien lire ce que tu pourrais dire de ta relation avec une fille formidable, ça se trouve tu reverrais tout ton discours.

    J’ai 24 ans et mes pensées ont été longtemps faussées à cause d’un passé pas joyeux joyeux.
    J’étais sauvage et je ne laissais pas les hommes m’envahir, je ne voulais pas être faible, je ne voulais pas qu’on me découvre alors je restais la bonne copine, la nana de remplacement, je faisais la fille indépendante qui n’avait pas besoin de s’attacher ou j’étais la deuxième.

    Je sortais donc avec des hommes infidèles mais qui disaient aimer leur copine, allez comprendre. Alors ils avaient l’esprit tranquille? J’en doute.

    J’étais une charmeuse, je voulais mener la danse et puis il y a eu une fois de trop où je me suis ennuyée ou j’ai eu l’impression d’être un jouet, je suis rentrée chez moi en pleurant parce que je me dégoûtais. Je n’arrivais pas à être moi même et c’était terrible d’être tout le temps dans la « retenue ».
    J’avais à peine 20 ans et j’avais fait le tour de pas mal d’expériences que certains font bien pluuuus tard.
    BLAZEE A 20 ANS!

    Il était temps que je remette de l’ordre. Et quel ordre.

    Après 2 ans ½ de relation, j’ai enfin dit oui pour l’installation ensemble. J’ai l’exclusivité, il a l’exclusivité. Nous avons construit quelque chose de très fort et nous n’arrivons pas à concevoir une tiers personne dans notre couple.

    Quand tu t’engages, tu laisses quand même un inconnu au départ rentrer dans ton intimité. Il va y avoir des moments de faiblesses, des moments de doutes, des engueulades mais à force de fréquentations il y a une osmose qui se créée.
    Quand je suis triste, il est mon premier confident quand il va mal je suis en première ligne pour discuter. Mes crises de rires, mes peines, mes doutes, mes requêtes. Lui seul me connait vraiment et je n’arrive à me laisser aller uniquement dans ses bras.
    Aujourd’hui je peux dire que je suis heureuse et qu’il est heureux.
    Il y a trop de complicité pour tout gâcher.
    Ca n’empêche pas que nous avons des yeux, que nous avons des fantasmes.

    Mais je trouve que d’aller vers un système de consommation de l’autre très malsain.

    Aujourd’hui tu l’acceptes mais demain imaginons, tu tombes fou amoureux, tu as une révélation c’est ton âme sœur.
    Tu serais prêt à partager? Tu accepterais qu’elle aille voir d’autres hommes et qu’elle rentre en te disant : « oulala levrette claquée avec Marcel ce soir, tu me vois plutôt avec une nuisette rouge ou noire? »

    Comment pourras-tu être sûr de tes sentiments et des siens si vous n’êtes pas exclusifs l’un à l’autre?
    Comment feras-tu le jour où tu voudras des enfants? Est-ce qu’ils seront vraiment de toi?
    Comment tes amis vont vivre la chose?

    Es-tu vraiment heureux anadema?
    Tu me fais penser à un ami qui cherche lui aussi la fille formidable, un mec adorable avec des valeurs, des principes et pourtant tellement seul…
    tchotcho

  7. (j’ai du recopier « endive » pour passer l’identifieur d’humain, ça m’a bien fait rire)

    Que dire ?
    J’aime bien que les blogs me posent des questions.

    Et je crois que tu continues à faire des catégories partout 🙂 et à vivre la notion de relation avec futur / sans futur comme un postulat de départ trop imposant (bouh, pas bien).

    De mon côté, je ne vis pas les choses de cette manière. Pour avoir du plaisir sexuel, j’ai besoin d’intimité. Pour avoir de l’intimité, j’ai besoin d’y croire, de me donner, bref, d’une certaine façon, d’être amoureuse.
    Mais, je peux tomber « amoureuse » en quelques minutes. Donc, je ne vis pas dans un couvent (ouf!).
    Je crois que si j’avais été avec Annie, par exemple, je n’aurais pu continuer à avoir des rapports avec elle une fois le charme rompu. Lorsque je n’y crois plus, cela met de la distance. Et, ce n’est pas que je ne veux pas me complaire dans des actes érotiques chatoyants et légers par principe. C’est simplement que j’en perds toute envie.
    Pour moi, les relations ne durent pas forcément, mais, au présent, lorsque je les vis, j’y crois.

    Pour ce qui est de l’infidélité. Pour ma part, j’en suis incapable. Étant donné que « j’y crois à fond » systématiquement, je ne vois rien d’autre. En ce qui concerne l’autre, je gère avec émotions la blessure narcissique d’une infidélité, mais, je pense que je pourrais pardonner (à voir, cela ne m’est jamais arrivé).

    Pour ajouter un peu de concret à cette tirade philosophique un brin naïve, je suis en couple depuis une petite année avec superman, je ne sais pas où nous en serons dans 6 mois, mais je l’aime tendrement et passionnément et, chaque jour, je fais tout pour que :
    1- il soit là et heureux demain,
    2- je sois là et heureuse demain.
    Bref, j’y crois.

    ps : j’ai trouvé superman sur internet, ce sont les collants bleus qui m’ont séduite.

    Entre ce que l’on est capable de vivre et les personnes avec qui on partage nos vies, les données du problème sont complexes. Tu n’es pas sorti de l’auberge 🙂 Une petite psychanalyse ? C’est dans l’air du temps. Tu dois même pouvoir trouver ça sur internet 🙂
    (je plaisante, tu n’as manifestement aucun besoin de psy, à part belle et pleine d’esprit, peut-être, mais c’est un autre sujet).

  8. De quoi ai-je envie aujourd’hui. Quelle question pour une « vieille de 40 ans »!

    En avant propos, je veux te dire que je partage complètement ton point de vue sur la sexualité.
    Je pense que l’Etre humain est fait de telle sorte qu’il ne peut se contenter d’une vie sans surprise ( Aie ! pas de lynchage immédiat svp, oui on peut être surpris par celui qu’on aime mais au fil des ans c’est quand même moins fréquent :-))
    Je suis donc d’accord, j’en ai fait mon mode de vie et ça a très bien fonctionné.
    Pendant 20 ans de mariage, nous ne nous sommes jamais mentis, nous avons acceptés que quelques fois notre corps réclame d’autres caresses, que nous ressentions de l’attirance pour un(e) « autre ».
    Qu’en ai-je retiré ? d’abord l’impression d’être plus « vivante », puis aussi la preuve que je plaisais toujours, et enfin de la fierté pour avoir réussi à mettre en place « notre » mode de vie, nos règles et notre bonheur (et aussi deux superbes filles mais là n’est pas le propos)
    Je ne prétends pas que ce mode de vie soit universel, je crois qu’il faut une immense confiance en ses propres sentiments pour que ça fonctionne. Et peut-être ai-je eu la chance qu’aucun coup de coeur ne vienne enrayer la machine.
    Ce que le cherche aujourd’hui…. le bonheur…. oui c’est très vague, et pourtant c’est la seule vérité. J’ai envie d’être surprise à nouveau, de me sentir libre dans une relation.
    Emma

  9. Alors voici le témoignage d’une jeune insouciante de 25 ans : j’ai sensiblement le même parcours sentimentalo-sexuel que toi, en plus radical peut-être… à 16 ans je pensais que seul l’amour, le « vrai » pouvait unir deux personnes dans la vie. Pas au lit, cependant, je me doutais que le sexe était assez délicieux pour qu’on ne soie pas obligé d’être amoureux de son partenaire (et puis, je pressentais que si j’attendais d’être amoureuse pour y goûter, ce serait renier ma nature faite pour le plaisir – avec le recul, j’avais raison). L’infidélité était pour moi un crime aussi impardonnable qu’une vie à deux terne et morose : la pire manifestation de la lâcheté et de la mesquinerie humaine. On ne pouvait décemment pas s’enfermer dans une relation insatisfaisante sexuellement – je méprisais donc profondément ceux ou celles qui trompaient leur partenaire, me demandant du fin fond de ma naïveté où se trouvaient les nobles sentiments, la soif d’absolu, la grandeur d’âme qui selon moi étaient forcément constitutifs de l’amour… je l’avoue, mes soirées à lire de sombres auteurs du 19e devaient y être pour quelque chose, en tous cas j’avais une vision grande, pure et tragique de l’amour : tout ou rien, et la demi-mesure ou les mensonges pour les lâches.
    Maintenant j’ai 25 ans, et ma vision des choses a radicalement changé : j’ai connu la vie de couple, son lot de joies mais aussi de frustrations, et alors qu’il y a quelques années j’aurais donné beaucoup pour une vie de couple constructive, maintenant je défends farouchement ma liberté de corps et d’esprit. Je ne veux plus qu’un homme me parle fidélité alors même qu’on en est aux prémisses de ce qui devrait être une découverte frémissante de l’autre. J’estime qu’aucun homme n’a le droit de me dire ce que je dois faire de mon corps, comme je n’ai aucun droit de dire à un homme quoi faire du sien. De ma vision idéaliste de l’amour, j’ai gardé cette envie de rencontrer un amoureux qui me fera vibrer et me donnera envie de passer ma vie entière à ses côtés – et justement, si vie entière il y a, je ne peux concevoir que mon amoureux n’ait pas envie d’autres bras, d’autres caresses…
    A 25 ans je fais pleinement partie d’une génération qui a hérité de mai 68 l’envie de savourer le présent, sans forcément se soucier des lendemains qui déchantent – mais il ne faut pas confondre cette hédonisation du présent avec une culture de la consommation, c’est un cliché qui m’agace de plus en plus. Dites-vous de vos amis que vous les consommez? Vous vous appelez, vous convenez d’un rendez-vous, vous partagez un moment ensemble, et vous rentrez chez vous. Diriez-vous que c’est de la consommation? Jamais. Alors pourquoi, en matière de sexe, en serait-il autrement? Ce qui est un partage avec les amis devient de la consommation avec les amants, c’est du puritanisme mal placé et de l’hypocrisie!!! Certes, il arrive que des hommes ou des femmes soient egoistes, ne pensent qu’à leur plaisir, ou se comportent de façon impolie (« ouais, ouais, jte rappelle ouais… »). Mais je pense que lorsqu’on apprécie vraiment le sexe pour ce qu’il est, un partage tour à tour explosif et tendre, impudique et sage, une découverte de soi et de l’autre, il n’y a pas de consommation qui tienne : je te fais plaisir, tu me fais plaisir, on se fait plaisir. Comme avec des amis.
    Et pour finir sur ce sujet, ça me fait bien rire que l’on stigmatise la « consommation sexuelle » chez ceux qui n’ont pas une vision traditionnelle du couple – si les gens faisaient un peu plus l’amour et cessaient de penser que le bonheur passe par la possession d’objets plus ou moins coûteux, le monde irait sûrement mieux… nan?

  10. Ouais… En gros, tu as abdiqué toute exigence morale sous la pression de ton environnement et de tes hormones. C’est un peu tristoune comme histoire.

  11. Bravo Anadema, voila le post qui fasait défaut depuis quelques temps sur ton blog. Une description sincère et bien écrite de ton évolution. Personnellement, je trouve cet article touchant, et apprécie ces nuances. Oui, tu crois toujours à l’amour, non, tu ne l’as pas trouvé, mais oui, tu restes ouvert à cette idée… et non, tu n’es donc pas le consommateur compulsif de relations éphémères que certaines periodes de ton blog pouvait laisser entrevoir…
    Bravo ! J’ai trente ans, et je traverse un peu les mêmes phases… Bon courage !

  12. Anadema, comme toujours tu exprimes ton point de vue avec des mots clairs et justes. Il y aurait de quoi écrire des dizaines de pages, mais je dirais simplement que j’ai eu un parcours similaire au tien (avec quelques bémols).
    Je reste un peu sur ma faim à la fin de l’article, lorsque tu mentionnes de gros changements dans la vision de la sexualité et de l’amour des adolescents et jeunes adultes d’aujourd’hui. Tu n’es pas le premier à évoquer le sujet, donc je devine que pour toi ils ont une approche beaucoup moins idéalisée des choses, mais cela aurait mérité (à mes yeux) que tu développes un peu.

    Par ailleurs, même si je comprends les arguments qu’il développe, je regrette que LeMechantMax campe toujours sur les mêmes positions, après tant d’années… et je donne un coup de chapeau particulier à Emma et Julie, dont j’ai beaucoup apprécié les témoignages.

    Pour ceux qui s’intéressent à cette idée que l’amour n’est pas nécessairement réservé à un seul être et que les relations multiples ne signifient pas forcément « consommation de plans cul jetables » ou « trahison dégueulasse », je voudrais signaler cette page, comme une porte d’accès simple à un univers riche de réflexions sur le sujet.
    http://amours.pl/

    C.T.

  13. Merci à tous pour vos longs témoignages et avis auxquels je répondrai dès mon retour de vacances, après Noël.

    En attendant, et pour continuer à compléter cette passionnante peinture de nos visions des relations, je vous copie-colle avec sa permission ce témoignage que j’ai reçu par mail d’une lectrice : Adatruc. Bonnes fêtes de fin d’année et à très bientôt ! 🙂

    «

    Je peux déjà te dire que ton post m’a réjouie, ça fait longtemps que j’attendais un tel point de vue sur l’amour et la sexualité.
    Ce que je pense de ton évolution dans ce domaine ? Elle ressemble assez à la mienne, du moins dans sa conclusion.
    J’ai été très tôt attirée par les garçons, vers neuf ans je crois, mais j’étais bien trop timide pour les aborder, j’avais un haute idée de l’homme et bien peu d’estime pour moi-même. Je croyais à l’Amour, au Prince charmant. Et je l’ai rencontré ! J’avais tout juste seize ans et quelques flirts sans importance derrière moi, j’ai découvert la sexualité avec lui, la plus grande et plus agréable découverte de ma vie je crois : le plaisir partagé bien sûr mais aussi le meilleur moyen de s’aimer enfin, sa tête et son corps, à travers le regard aimant de l’autre. Une belle histoire d’amour qui dure depuis dix-huit ans, dont quatre ans de mariage. Voilà pour le traditionnel, c’est bien propret hein ?…. ^^

    Sauf que….. en ce qui me concerne, je suis tout à fait capable de dissocier amour et sexe…. J’aime tout ce qui entoure la séduction, l’approche, la découverte d’autres mots, d’autres corps, le marivaudage, l’excitation, l’angoisse et la peur provoquées par une rencontre…. C’est aussi une façon je pense de se rassurer sur son pouvoir de séduction, de voir si ça fonctionne toujours, si l’on peut encore attirer quelqu’un d’autre que celui qui partage votre vie tous les jours.

    Toujours est-il que j’ai papillonné quelques fois et que je continue à le faire.
    Les premières fois avaient pour principales motivations l’éloignement entre nous deux, je finissais mes études, il est parti travailler à Paris. On ne se voyait que deux fois par mois et, si je ne suis pas une nymphomane, je ne suis pas une nonne non plus !…. Je n’ai rien retiré de très agréable en définitif de ces relations, je peux dire maintenant que ce n’était que des plans cul, je m’y perdais. Je suis restée fidèle (qu’il est laid ce mot ! j’ai l’impression de parler d’un chien ! Ouaf, ouaf !) pendant les douze années qui ont suivi, j’ai eu des opportunités mais je n’en ai pas profité.
    Puis j’ai rencontré quelqu’un sur mon lieu de travail, attirance physique immédiate, pas énormément d’affinités profondes mais quand même quelqu’un de sensible et d’intelligent. J’ai cru être amoureuse de lui, ça n’était pas le cas, mais j’ai ressenti ce pincement au coeur et ces papillons dans le ventre comme ça ne m’étais pas arrivé depuis mes seize ans…. ça vaut tout l’or du monde, j’avais oublié. Je me suis sentie vivante à nouveau. Il est maintenant devenu un ami, je n’avais plus de désir pour lui.
    Cette expérience m’a fait prendre conscience de ce qui me manquait, je ne voulais qu’une chose : retrouver ces sensations-là.
    Je me suis inscrite sur Meetic, j’ai fait quelques rencontres, pas d’étincelles mais un apprentissage sexuel certain, mon homme était plutôt classique, moi j’avais envie d’autres choses, d’autres expériences….. En fait lui aussi, je l’ai compris quand j’ai commencé à introduire (sans mauvais jeux de mots ! ^^) quelques nouveaux jeux dans notre sexualité, il n’osait simplement pas exprimer ses envies et moi non plus. Je pense que mes papillonnages ont apporté un enrichissement pour notre couple dans bien des domaines, je n’ai donc aucune culpabilité à ce sujet.
    Je partage maintenant ma vie entre mon amant du moment et mon homme, je pense aujourd’hui que l’amour n’est pas divisible mais se multiplie…. Amen ! 😛 Pourquoi toujours exiger l’exclusivité ?
    Je ne conçois quand même pas de tout raconter à l’autre, je préfère la discrétion, mon mari n’a pas tout à fait la même conception des choses que moi, à mon grand désespoir….

    J’ai dit une fois à un ami que tout n’était qu’une histoire de normes, de « il faut il faut pas », et que si la polygamie était la norme, personne n’y trouverais rien à redire. Il m’a répondu que c’est uniquement si nous avions décidé ensemble, mon homme et moi, que ça serait notre norme dès le début qu’il n’y aurait pas de « problèmes »…. Comment peut-on savoir ce que seront nos envies plus tard ? Et quand bien même nous le savons, comment dire de but en blanc à celui que l’on aime que l’on est d’une nature papillonnante ? M’est avis qu’il aurait peu apprécié…..
    Il m’a ensuite demandé quelle serait ma réaction si j’apprenais que mon mari en faisait autant. Je serais certainement en colère, mais pas à cause du fait en lui-même, ça serait à cause de son manque de discrétion. Qu’il aille voir d’autres pâturages ne me dérange pas, tant que je n’en connais pas tous les détails.

    De quoi ai-je envie alors maintenant ? De pouvoir continuer ma vie ainsi. Je ne recherche plus personne aujourd’hui, j’aime mon homme et j’adore mon amant, mon équilibre est entre les deux. J’ai toujours détesté choisir et je ne comprends pas cette société qui voudrait nous obliger à le faire, qui divise toujours tout en « bien » et en « mal ».
    Et le premier qui me dit que « tromper » son mari c’est ne pas l’aimer, je lui répond que si tous les hommes étaient aimés comme le mien, il y aurait peu de malheureux.

    Adatruc

    »

  14. bonjour….
    52 ans……
    je me suis mariée a 21 ans, suis retée fidèle……3 ans….Une relation exclusive, non, je ne suis plus partante !!! parceque c’est l’ennui garanti. nous ne vivons plus comme nos parents, il y a la contraception, meetic…… et surtout cette peur du lendemain…les accidents de la vie, le chomage, la grippe h1n1…..profiter de la vie devient une lutte …..et quand l autre disparait ……
    L homme de ma vie très fidèle, incapable de mentir, de tromper, habite un peu loin, ne souhaite vivre a 100% avec une femme, le week end , les vacances çà lui suffit !! alors je le trompe avec un amant regulier.
    Nous ( moi et mon voisin-amant) n’attendons rien l’un de l’autre sauf du palisir, il souhaite rester libre, picoler tranquillement, independant, nous ne nous voyons que pour le plaisir , pour partgager des émotions fortes, nous pleurons devant les memes films….. dans quelques années il sera en retraite et retournera dans sa region…..
    Ce n’est pas la vie dont je revais …..

  15. Pour commencer, ce que j’apprécie ici, c’est que chacun échange son point de vue avec un certain style et sans que ça devienne la foire d’empoigne, donc bravo à nous tous (et surement aussi à la modération d’Anadema ).

    Je rebondis juste sur le définition manichéenne de « plan cul » :
    ça a en effet un coté ‘baise minable en sortie de boite de nuit, à moitié bourré’ alors que ça peut être un entente sincère et cordiale entre 2 personnes consentantes qui ont envie de passer une bonne soirée.

    Tout a déjà été plus ou moins dit, donc je vais pas en rajouter et défendre la fidélité donne un peu l’impression de passer pour un père-la-morale 😀

  16. J’ai eu plus ou moins le même parcours. Romantisme et relation idéalisée quand j’avais 20 ans, et libertinage d’esprit par la suite.

    Pour ma part, je reste en prise avec cette pseudo morale à 2 balles (fidélité etc) qui me semble loin du feu de la réalité et mon « feeling ».

    Jusqu’à présent, j’ai jamais l’occaz de tromper qui que ce soit. Les relations avec des « Annie » n’ont jamais duré plus d’une semaine en moyenne. Je ne peux pas coucher avec une fille qui ne me fait pas un minimum vibrer.

    Alors je romps et je passe à autre chose, ça fait mal au fion sur le coup, mais ça me semble être l’attitude la plus cool pour tout le monde.

    Après, chaque histoire est une expérience et y’a tjrs qqchose de positif à y prendre (avec le recul nécessaire). Soyons positif. 🙂

  17. Je crois cher Anadema, que l’amour, tu ne le souhaites pas ou plus ! 🙂

    Je commence fort !

    J’aime la raclette ! Hummmmm ! C’est délicieux ! Mais si je devais en bouffer tous les jours, par volonté en plus, je m’en lasserais… Il vaut beaucoup mieux en manger une fois de temps en temps, seulement, et apprécier la dernière qu’on a mangée… Jusqu’à la suivante ! Cette dénommée Annie était amoureuse… Toi, tu t’amuses, à prendre des Annies, tous les jours, de les consommer, sans même prendre le temps de les apprécier… Tu n’aimeras pas ou plus, car tu aimes trop consommer ! Tu es un alcolo de l’Annie ! Ce stress, cette adrénaline, que tu as lors du premier contact, la première rencontre, le premier bisou et la première coucherie… Tu adores trop ça ! D’où ton avis sur la fidélité… Mais comme tu es d’une honnêteté et d’une sincérité maladive, tu ne te vois pas à la fois aimer et être infidèle ! Ca serait contraire à ton caractère ! Alors il y aura toujours un défaut chez l’Annie qui fera qu’elle ne sera pas une fille formidable… Ou alors, il faudrait que tu aimes une fille dans une relation très libre, que vous soyez d’accord pour aller à souhait, butiner d’autres prairies… Mais problème… Tu serais sûrement incapable d’accepter que ton amoureuse ne te soit pas fidèle… Puisque tu en serais amoureux ! C’est inéluctable…

    Je suis d’accord sur ta vision de la fidélité : Ce n’est certes pas, intrinsèquement, un crime d’être infidèle, mais c’est un risque ! Un énorme risque ! Si l’autre apprend l’infidélité ça peut le détruire… L’anéantir… Le tuer… Et là… Ca ne devient pas un crime d’être infidèle ?

    L’infidélité est un geste très égoïste qui répond à du désir charnel… Mieux vaut tout tenter, avec son amoureuse, pour que ce désire du corps, voir même de l’esprit, soit assouvi… C’est toujours mieux et moins risqué… Ou alors… On pactise, avec la plus grande franchise, en signifiant qu’on n’est pas fidèle… Après tout, par amour Annie serait peut-être prête à l’accepter… ou pas… Mais attention à ne pas le faire trop tard !

    @++
    Sidmachin !

    Ah… Pour répondre aux questions : J’ai 38 ans, suis fidèle et plus que jamais amoureux depuis 13 ans, et j’ai tous les jours des envies d’infidélité…

  18. D’un point de vue strictement moral, je ne suis pas d’accord quand je lis sur le commentaire au dessus « l’infidélité est un acte égoïste (et criminel) ». Il me semble que la fidélité reste une norme, et être infidèle, c’est « ne pas respecter cette norme », pas « ne pas respecter le/la partenaire ». La nuance est importante.

    Je dirais même que c’est le sentiment de possessivité ou d’exclusivité qui est égoïste.

    Maintenant, avec un peu de sens commun, être infidèle, c’est potentiellement s’exposer à certaines conséquences disons « fâcheuses ». 🙂

  19. @Zel
    Est-ce que mentir à une personne est lui manquer de respect ? Pour moi oui ! Lorsqu’on est d’une honnêteté maladive, comme moi, ou d’autres… On ne peut pas mentir ! C’est au dessus de nos forces !
    Il ya finalement trois types de personnes :
    – Les honnêtes maladifs – Qui sont fidèles !
    – Les pas honnêtes (quoi qu’ils en disent…) pas fidèles !
    – Les honnêtes maladifs, qui savent qu’ils ne pourront être fidèles !

    Lorsqu’on est maladivement honnête, à moins de le faire comprendre à sa (ou son) partenaire, on ne peut être infidèle !

    Si la morale c’est d’être infidèle, et je ne suis pas moraliste pour deux sous (et encore moins pour les dessous d’ailleurs), il n’y a plus de morale !

    @++
    SidMachin –Mots qui râlent !

  20. Je trouve cela vraiment intéressant de pouvoir lire tous vos points de vue et ça l’est d’autant plus qu’il y a le plus souvent beaucoup de similitudes dans notre approche des choses, finalement. Je ne m’attendais pas à ce que ma vision « finale » des relations soit autant partagée, tant l’idée d’un certain pluralisme reste encore tabou et la plupart du temps sujet à tous les préjugés moralisateurs. Mais j’en suis bien content et même rassuré.

    @ LeMéchantMax : « De plus en plus on consomme les relations, on ne les vit plus. » -> Je suis bien d’accord avec toi et je suis le premier à m’en offusquer. Mais ça n’a rien à voir avec moi, là c’est ta conception de la morale qui te fait croire que tous ceux qui ne sont pas amoureux consomment.

     
    @ mina : Oh merciii ! Mais tu es sensible, quand même, hein ? 😉

     
    @ Dominique : Belle formule sur le relativisme qui résume bien les choses. Je suis d’accord avec toi sur l’idée d’avoir des principes communs. Ne claque pas une belle porte à cause d’une amourette dont personne ne se souviendra des termes six mois après !

     
    @ lucie : Merci pour ta contribution. Quand je parle de profiter de la vie, je ne prône pas de coucher avec tout ce qui bouge. Peut-être y a-t-il un juste milieu entre ça et une fidélité à vie qui ne peut qu’engendrer frustration et rancoeur (j’en suis de plus en plus convaincu), ce qui est à mon avis une des causes principales de ce nombre grandissant de divorces et de séparations de la part de gens qui croient devoir remettre en cause leur couple parce que leur désir ne supporte plus d’être restreint.

     
    @ thend : Oui, aussi lol !

     
    @ sandrine : Tant mieux alors, j’aime bien qu’on ait du mal à me cerner, héhé ! Je ne pense pas que je remettrais en cause mon discours, j’arrive en général à faire la part entre mes envies instinctives et ma raison. Être infidèle ne signifie pas être amoral et ne pas avoir de considérations. Malheureusement, l’inverse est vrai : quand on est sans moralité et sans estime pour les autres, on se contrefiche d’enchaîner les plans cul. Peut-être es-tu tombée sur ces derniers qui t’ont dégouté d’une certaine philosophie des choses. Parce qu’il est certain qu’on ne peut pas reprocher aux « fidèles par principe » de ne pas avoir de scrupules, ils en ont justement forcément et ce sont donc probablement plus généralement des « valeurs sûres ». Pour ce qui est de ton regard sur le côté fusionnel du couple, je le partage.

     
    @ marionb : Je ne fais pas de postulat trop important au départ d’une relation. Pas plus que quiconque je ne peux savoir si elle va marcher. Il s’agit juste de savoir si je peux l’envisager comme possible ou pas. Parce que je sais lorsqu’il est certain que ce ne sera pas le cas.

     
    @ emma : Joli regard que je partage. La vie a en effet besoin de surprises et de fantaisies et avoir envie d’autres caresses me semble ô combien naturel. Les assouvir (parfois), c’est probablement essentiel.

     
    @ Julie : Hmmff. Insouciante mais réfléchie, alors ! Je suis agacé comme toi par cette vision manichéenne des choses qui ne veut voir dans ce qui n’est pas de l’amour que du « plan cul », terme qui m’a toujours profondément irrité, et vision que je vois dans les commentaires depuis la naissance de ce blog. Tu parles de puritanisme et je me demande si l’amour d’aujourd’hui n’a pas pris le relais du mariage d’antan vis à vis de la morale. La morale qui condamnait le sexe hors mariage condamne désormais le sexe hors amour, dernier bastion de la relation engagée. Mais le problème de fond est resté le même : le sexe est vu comme potentiellement dégradant, un vol et une humiliation lorsque pratiqué librement, hors du cadre autorisé. Les uns se comportent donc comme des criminels en s’abstenant de toutes considérations pour l’autre et en dénigrant leurs rapports (plans-cul, vide-couilles, relation hygiénique, et j’en passe) et les autres jouent les prêcheurs et condamnent l’inhumaine « consommation ».

     
    @ lil’ : Je suis content si tu as trouvé cela touchant. Oui, il faut que je sorte plus souvent des simples récits de rencontres pour parler aussi de désirs et d’envies, sinon on va finir par penser que je ne ressens rien ! 🙂

     
    @ Clown Triste : Concernant la vision de la sexualité des adolescents et jeunes adultes d’aujourd’hui, il y a beaucoup à dire, oui. Ce n’est pas d’une diminution de l’idéalisation que j’aurais parlé. Plutôt d’une intégration plus forte de la sexualité comme un plaisir normal et décomplexé. Avec moins de contraintes dessus. Ce n’est qu’une impression, elle a peut-être à être nuancée. Merci pour le lien que tu nous donnes et qui apporte une nuance au polyamour.

     
    @ berrichonne : Eh bien, c’est pratique les voisins. Et pas que pour le sel ! 🙂

     
    @ anonyme : J’ai rarement le besoin de modérer, contrairement à ce que l’on pourrait penser ! Et aucunement pour ce post. Donc l’expression est sauve, héhé !

     
    @ ZEL : Je reste aussi en prise avec l’envie de fidélité, je ne voudrais pas que l’on croit que je prône l’amour libre de tout et de n’importe quoi. Je pense même que la jalousie est un sentiment naturel et pas (seulement) culturel.

     
    @ SidMachin : Je ne suis pas du tout un consommateur de rencontres, il suffit de regarder mon palmarès et le nombre de rencontres que j’ai faites pour s’en assurer ! Pour ce qui est de croire que je cherche la petite bête systématiquement, je t’invite à aller jeter un oeil sur mes posts concernant les limites de ma relation avec Annie.

     
    @ ZEL : Tout à fait d’accord !

  21. Eh oui, je suis bien d’accord!!! Parce qu’à la base, le mariage était quand même l’union de deux patrimoines, on n’allait pas dilapider l’héritage aux quatre vents, entre les mains de bâtards de tous poils… sauf que par la suite et dans notre culture, le mariage est devenu mariage d’amour, c’est là que ça complique tout, parce que si la notion de patrimoine est pragmatique, celle d’amour n’est ni objective, ni raisonnable…
    Ce qui me désole le plus dans tout ça, c’est de n’avoir pas rencontré un seul homme capable d’entendre mon discours, et de partager ma vision des choses, un homme capable de placer la qualité d’une relation plus haut que son caractère arbitrairement exclusif (et à ce sujet, c’est fou ce que les trentenaires peuvent avoir une vision traditionnelle de la relation amoureuse), mais une chose est sûre, je ne me laisserai pas enfermer dans un rôle qui ne me convient pas, na! Et tant pis pour ceux qui s’arrêtent à une vision manichéenne des choses, sans voir que c’est lorsqu’on ne m’enferme pas que je peux offrir le meilleur de moi…

  22. Clairement, ma pensée a évolué sur le notion de couple, sur la relation homme-femme ou autres d’ailleurs. A 34 ans, j’ai encore du mal à savoir ce dont j’ai envie vraiment… Enfin si, un peu, être aimé pour ce je suis et non pour ce que je parais. Je sais en revanche ce que je ne veux pas. Je me défini comme un sentimental pas trop dépendant encore (je peux être à distance de ma partenaire), mais mon âme, mon coeur réclame un sentiment sincère pour rentrer dans l’intimité de l’autre et cela est réciproque. Mais rien n’est sûr ou acquis à notre époque, les tentations sont grandes. Ayant baigné enfant dans un environnement catholique, je choisis de me détacher de la religion qui a conditionné (trop) mon opinion sur le couple, le mariage. Je comprend maintenant mieux qu’un couple puisse ne pas durer… Malgré tout, je me suis forgé (essayer) des valeurs, des principes (comme le respect de l’autre) qui peuvent encore évoluer. Je suis plus tolérant, indulgent, je cherche à comprendre pourquoi et comment une telle ne veut pas de moi, ou se sépare de moi malgré mon désir et à l’inverse, j’essaie de comprendre ce qui, nous attire de moi chez le sexe opposé.
    Ma vision archaïque sur l’homosexualité, sur le tabou du divorce a considérablement évolué. Pas au point, de le vouloir pour moi, mais je tolère, je m’interroge, je discute, je suis plus curieux.
    En ce moment, je vis une idylle avec une femme de mon âge séparée avec 2 enfants en bas âge frustrée pas un homme-père qui ne voulait d’elle que l’image que LUI voulait d’elle sans variation, un couple n’est pas une œuvre d’art figée selon moi…
    Le courant passe avec femme, elle a à ce jour les mêmes aspirations que moi, j’ai envie de faire durer la relation dans un équilibre, dans une osmose long terme sans étouffer l’autre, sans me faire étouffer. Je prend le risque. Qui l’eut cru, moi avec une femme avec 2 enfants d’un autre homme, moi un ancien catho !

    Je profite pour souhaiter à tes lecteurs et à toi même une année 2010 plus riche en belles émotions…

  23. @Anadema : merci pour ta réponse et tes précisions. Je suis plutôt d’accord avec toi concernant la sexualité des adolescents et jeunes adultes – pour ce que j’en perçois.

    @Julie : navré pour toi que tu n’aies pas (encore) rencontré d’hommes pouvant entendre ta position. Mais je te rassure : ils existent !

    C.T.

  24. Pour rebondir sur les propos de Julie (et de ceux qui s’y retrouvent) :
    Pour moi la fidélité n’est pas un enfermement, c’est un choix : la personne avec qui je suis me convient, je ne vois aucune raison de chercher ailleurs. Cette relation d' »exclusivité » exclut donc les autres relations possibles parce qu’elle est meilleure et plus profonde.
    Etant célibataire et n’ayant pas vécu de longues relations, bien évidemment mes propos ne sont que des vains concepts non éprouvés :).

    Par contre, je comprends et j’accepte tout à fait l’envie dans une relation « débutante », de ne pas s’attacher les chaînes de la monogamie trop vite. Mais il y a un moment où le cap d’une certaine intimité se franchit et se « consacrer » à l’autre n’est plus vraiment compatible avec l’entretien d’autres histoires.

    Je ne considère pas le sexe sans amour comme un tabou ni une barrière. Le désir, le plaisir parfois sauvage auquel on s’abandonne me semblent juste bien fades si on n’y voit pas la promesse d’un potentiel avenir.

    J’ai essayé d’imaginer comme je prendrais l’infidélité de ma compagne, à priori, je dirais que ce qui me gênerait le plus serait le mensonge et ne pas savoir. Ca peut paraitre bizarre mais je crois que d’être au courant, voire même prévenu à l’avance de « l’infidélité » me rassurerait, cette honnêteté serait la preuve de l’assomption de la chose pour elle et d’une confiance envers moi.

  25. Je souhaitais juste mettre le doigt sur le fait que tu semble confondre infidélité et libertinage. L’infidélité, c’est le manque de transparence dans une relation, de l’un pour l’autre, ou des deux. C’est un manque de loyauté, du mensonge.
    Le libertinage, c’est un comportement, une façon de vivre sa vie sexuelle et sentimentale qui peut être veccue avec honnêteté. Je pense que condamner le mensonge est toujours valable (tu avais raison à 18ans) mais qu’il est absurde de condamner le libertinage en revanche, tant qu’il est veccu de façon assumé, transparent et que personne n’est trahi.

  26. Après reflexion, peut-être ne donnes-tu pas au mot infidèle la dimension de « déloyauté » qu’elle possède dans le langage courant. S’il ne s’agit que d’infidélité physique consentie, je n’ai alors rien à ajouter car il est de mise, dans l’existence, à mon sens, de trouver le bonheur de la façon qu’on souhaite en oubliant pas, cependant, d’inviter le respect et l’honnêteté dans l’équation.

    Je n’ai rien contre tout ce que tu racontes, je comprends, j’approuce même et je pense qu’il serait absurde de condamner le libertinage. Ce serait comme condamner les gens à vivre ensemble dès l’instant qu’ils forment un couple.

  27. Merci de me montrer ce qu’il ne faut pas faire à l’avenir.
    J’ai 24 ans.

    Je vais délibérément caricaturer le monde dans lequel on vit. Pardonnez mon inconsistance.

    On choisi la qualité ou la quantité dans nos relations garçon-fille.
    On peut alterner, on peut être amener à choisir une voie ou l’autre.
    J’ai cru qu’après 2 ans et demi d’une relation parfaite, j’allais maintenant profiter et multiplier les plans culs ou les relations sans effort. Grave erreur, je n’ai pas pu, même en faisant l’effort d’essayer.
    Je pense qu’on ne peut pas tromper sa véritable nature même avec de grands efforts. Chassez le naturel, il reviendra toujours au galop !
    Un homme qui trompe, le fera toujours (d’ailleurs).

    « Alors ? De quoi ai-je envie aujourd’hui ?
    J’ai envie de rencontrer une fille formidable »
    Tout ce blog pour revenir à la case départ finalement ? 🙂

    Moi j’avais trouvé la fille parfaite-pour-moi. Elle est partie. C’est la vie ^_^’

  28. De quoi ai-je envie ?

    Je reconnais que j’ai été assez déçu par ce post. Mais après la lecture de tous les commentaires, j’ai tout simplement envie d’aller me jeter du haut d’un pont !

    Mais ce serait assez regrettable, étant donné tout ce qui me reste à découvrir. J’ai 21 ans et je me torture déjà les neurones sur beaucoup de sujets. Le couple est un thème qui m’est cher et il est à l’origine de la plupart de mes questionnements. Mais je vais commencer par vous donner ma vision des choses (oui j’ai toujours pour habitude de vouvoyer les gens que je ne connais pas, même pour répondre à un blogueur) :

    – l’Amour doit être le maître mot dans une relation amoureuse (oui, c’est évident mais certains pourraient l’oublier parfois ; j’entends par Amour avec un grand A que c’est l’intérêt de l’autre qui doit toujours passer en premier, mais là, on est dans la définition même de l’amour)

    – un couple épanoui doit être équilibré (sans chercher l’osmose totale, il faut avoir à peu près les mêmes niveaux de culture ,d’intelligence, des centres d’intérêts communs)

    – l’infidélité est un crime (inutile de discuter là-dessus)

    – la relation sexuelle doit s’inscrire dans une relation amoureuse (je ne condamne pas pour autant ceux qui s’octroient de brèves histoires du moment que cela se fait dans le respect de l’autre et que personne n’est cocu)

    Ces affirmations ne sont pas DES affirmations mais seulement MES affirmations, c’est mon point de vue et vous n’êtes pas obligé de le partager, il ne s’agit pas là de faire la morale à quiconque mais de partager des avis et je suis heureux de pouvoir le faire ici, avec des gens sensés. (Merci Anadema !)

    Là où je suis triste, c’est que j’ai l’impression que les gens sensés dont il est question ont adhéré à des idées concernant le couple que je trouve particulièrement décevantes. Au sujet <> par exemple, les gens sont ils toujours aussi insatisfaits ? N’en ont-ils jamais assez ? Je suis célibataire depuis un certain temps… je réserve mon amour à celle qui sera l’élue de mon cœur (pourvu que je sois l’élu du sien !). Quand certains me disent « tu veux que je te présente des filles ? », je décline toujours car on ne parle pas du tout le même langage. Je rêve d’une relation construite qui sait où elle va et c’est ainsi que je l’ai toujours pensé. Les histoires d’un soir ne m’intéressent pas. Peut-être que je me trompe. Peut-être que j’ai une vision idyllique du couple. Je ne sais pas.

    Je suis certain d’une chose cependant : je ne serai satisfait que d’une relation qui sera en accord avec mes idées énoncées plus haut. Je trouverai l’amour ou je mourrai avec mes principes mais je ne me plierai pas à cette immonde logique de la surconsommation appliquée aux relations amoureuses car je fais le vœu de ne jamais sortir de mes rails !

    Mais je ne suis pas à l’abri d’un virement d’idéologie et c’est un véritable tourment que de vous voir, vous, Anadema (qui êtes quelqu’un d’intelligent, cultivé, et que j’estime de part votre conduite) être réduit à glisser peu à peu dans ce mode de pensée. Mais mon manque d’expérience m’interdit de porter le moindre jugement sur vous et, du reste, je parle d’une manière générale. Je suis simplement triste. Je suis tous les jours plus déçu de l’espèce humaine et ce que j’ai lu dans beaucoup de commentaires accroît ma misanthropie. J’admets que la réalité puisse être différente de mes idéaux mais si nos relations amoureuses sont de plus en plus éclatées en petites histoires sans intérêt, où va le couple ? J’ai l’impression que c’est de pire en pire, qu’il n’y a plus de limite ! Les limites ne sont pas des obstacles, elles permettent la cohérence de l’ensemble de nos valeurs. Perte des limites = pertes des valeurs. Perte des valeurs = un monde sans foi ni loi. Le chaos.

    Que vaut l’amour si il n’est jamais comblé ?

  29. Le message de l’Idéaliste m’a interpellé et touché. J’aimerais donc lui répondre, en espérant qu’il me lira.
    Et même si j’ai moi aussi longtemps pris le parti d’un vouvoiement respectueux envers les inconnus à qui je m’adressais en ligne, je sacrifierai ici au tutoiement qui est devenu la norme sur le réseau. Et puis le sujet, très personnel, s’y prête.

    Cher idéaliste, donc,

    J’ai été touché par ton message. En te lisant, j’ai cru me lire moi-même lorsque j’avais ton âge. Tes mots pourraient être les miens de l’époque, même si je n’aurais peut-être pas fait preuve d’autant d’élégance dans le style et d’autant de respect envers notre hôte et le reste des intervenants. Pour cela, chapeau bas.
    D’ailleurs, c’est ton humilité, le fait que tu te présentes toi-même comme un « idéaliste » encore très jeune et manquant « d’expérience », qui me laisse à penser qu’il n’est pas inutile de t’écrire et que peut-être tu laisseras à mes paroles une chance de passer le mur de tes principes.
    Je comprends d’autant mieux ta position qu’elle a autrefois été la mienne. Je n’ai d’ailleurs pas l’intention de te dire que tu as tort et d’en adopter une autre, mais plutôt de t’inciter à réfléchir dessus.
    Il n’y pas guère de sujet plus émotionnel que l’Amour (allez, je reprends ton grand A romantique), si bien que souvent notre raison se brouille lorsqu’on l’aborde et que pèse sur le sujet une brume de grands mots, de grandes idées, de grands poncifs et d’étonnantes croyances basées sur… ?

    Sur quoi, au fait ?

    Tu confesses ta jeunesse et ton inexpérience en la matière. Tu es célibataire depuis un bon moment. A te lire, j’ai l’intuition que tu n’as jamais connu l’Amour que tu cherches. Sans doute as-tu déjà ressenti une forte attirance pour quelqu’un, un mélange de fascination et de désir puissant, une impression d’être « sur un nuage » auprès d’une fille spéciale, même sans bien la connaître. Mais si ton cœur semblait l’avoir élue, le sien ne disait pas la même chose à ton sujet.
    Tu parles donc de quelque chose que tu ne connais pas mais auquel tu aspires. Quelque chose qui te fait rêver, basé sur des principes si forts que tu te dis prêt à mourir avec eux plutôt que de les trahir pour vivre autre chose que cet amour magnifié que tu imagines.

    Ma question essentielle sera : puisque tu n’as pas connu cet Amour dont tu parles avec talent, d’où te viennent ces principes ?
    De ton éducation, sans doute, peut-être même de tes parents et tes proches, si eux-mêmes ont cette vision de l’amour (sans le vivre, probablement). Sans doute aussi de la littérature, qui a beaucoup parlé d’amour. Et de toute la culture dans laquelle nous baignons, celle qu’on qualifie souvent de judéo-chrétienne, qui nous parle souvent de « l’amour plus fort que la mort », l’amour étant un sentiment quasi-divin (voire même plus quasi quand il s’agit de l’amour de Dieu ou de Jésus).

    Bref, je t’incite à te poser la question : toutes ces belles choses auxquelles tu crois, d’où viennent-elles ? Sont-elles nées de ton expérience personnelle de l’amour, ou bien basées sur une vision que d’autres t’ont proposé ?
    Des idées auxquelles on croit parce qu’elles nous plaisent, nous enthousiasment mais sans en avoir fait l’expérience, c’est ce qu’on appelle des croyances. Les croyances sont très puissantes, elles ont l’avantage de fournir une ligne de conduite toute tracée, un guide face à une vie bien plus complexe et moins manichéenne qu’on ne le voudrait. Comme elles constituent parfois le socle de notre personnalité, nous passons notre temps à les renforcer, même en dépit de la logique, de peur de réaliser que nous nous sommes trompés et que la réalité ne se conforme pas à la vision que nous en avons.
    Oui, les croyances sont bien pratiques… mais elles peuvent aussi être totalement dans le faux.
    Les croyances mènent aussi aux guerres de religions, aux attentats suicide, aux procès en sorcellerie, aux manipulations des masses pour le bénéfice de quelques-uns. Certes, je ne parle plus ici de croyances liées au monde amoureux, mais le mécanisme est le même.

    Moi aussi, comme toi sans doute, et comme Saskia la blogueuse jumelle d’Anadema, j’ai été séduit par l’amour tel que présenté dans la littérature (et notre culture en général). Pourquoi vivre des histoires tièdes et ordinaires alors que les classiques immortels du genre ou, plus proche de nous mais tout aussi néfaste, « Twilight » nous parlent d’un Amour absolu et éternel qui donne une justification à l’existence et transcende ceux qui le vivent ?
    L’idée de l’Amour est tellement séduisante (et la réalité des histoires sentimentales qui nous entourent parfois si décevante) qu’en bon idéaliste on ne peut qu’en tomber amoureux, à savoir fasciné, empli de désir et dénué de tout sens critique à son sujet.
    Mais c’est une idée (une idée souvent en contradiction avec la réalité que nous rapportent nos sens). Et surtout, une idée que l’on t’a proposée, voire inculquée, et qui n’est PAS basée sur ton expérience. Tu as foi en l’Amour avec un grand A, sans toutefois savoir s’il existe. Comme on a foi en Dieu. Peut-être connais-tu un couple qui te semble très heureux et amoureux vu de l’extérieur. Un modèle qui viendrait soutenir par l’exemple la foi que tu place dans cet amour idéal. Même si c’est le cas, et même si tu manques un peu d’expérience, je t’invite à relativiser tout cela. Un couple vue de l’extérieur n’a généralement rien à voir avec ce qu’il est à l’intérieur.

    Comme on parle d’Amour, un sentiment complexe et intimement lié à la reproduction, un truc impalpable qui fait « tripper » les hommes depuis la nuit des temps, il est facile de camper sur ses positions indémontrables, de faire passer ses désirs ou ses délires pour acceptables.
    L’amour est sans doute l’un des rares éléments dans la vie humaine pour lequel les notions d’apprentissage, d’acquisition d’expérience, d’échec naturel et constitutif de celle-ci sont oubliées.
    C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Mais en amour, non. L’Amour avec un grand A, c’est une sorte de truc magique, évident, naturel ou cadeau du destin, qui arrive comme ça, transcende notre existence et perdure à jamais. Ils se sont vus, ils se sont aimés instantanément et ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.
    Ah ouais ? Vraiment ? D’où nous vient cette idée ? Pourquoi a-t-on tellement envie d’y croire alors que, dans tous les autres domaines de l’existence, l’expérience nous montre que la vie est changeante, que nos sentiments évoluent d’un jour sur l’autre, voire d’une heure sur l’autre ?

    Si je te connaissais mieux, je ferais un parallèle entre une activité humaine que tu connais bien et la vision idéaliste (basée sur des croyances) que quelqu’un pourrait en avoir. Comme je ne te connais pas, ce sera moins probant, mais je vais quand même tenter le truc.

    Imagine que tu rencontres quelqu’un qui t’annonce :

    Lui : Moi, je veux être dompteur de tigre. On m’a déjà proposé d’autres jobs, genre palefrenier auprès de poneys ou soigneur dans une SPA, mais ça ne m’intéresse pas. Je veux être dompteur de tigre ou rien.

    Toi : Ah bon ? Mais pourquoi ?

    Lui (enthousiaste) : J’ai lu des bouquins dont le héros est un dompteur de tigre. Le personnage décrit par l’auteur est passionnant, dompter des tigres c’est toute sa vie. On voit que quand il est avec un tigre son cœur explose de bonheur. Pour moi, c’est clair, dompter des tigres c’est l’idéal, le reste n’est que pipi de chat.

    Toi : Ah ouais, c’est écrit par un dompteur de tigres ?

    Lui : Non, l’auteur vivait dans un pays où il n’y avait pas de tigres. En fait, il était berger, avec un petit troupeau de mouton. Mais il parle des tigres comme personne, vu qu’il a lu deux ou trois encyclopédies et tous les romans écrits là-dessus depuis l’Antiquité.

    Toi (un peu surpris) : Et tu sais comment tu vas faire, quelle formation suivre ? Tu as lu des manuels pratiques ? Tu as fait un stage de domptage ?

    Lui : Pas besoin. L’important c’est que j’y crois à mort. Je veux vraiment le faire et je sais que ça va être génial. Donc je patiente, quitte à attendre longtemps, jusqu’au jour où, au hasard d’une rue, je vais me retrouver face à un tigre et que je vais pouvoir le dompter. Après avoir lu les bouquins et avoir discuté avec un ami d’ami qui a croisé un tigre un jour (ses souvenirs sont un peu flous mais il adore en parler), je sais exactement comment ça va se passer, ce que je vais ressentir et comment le tigre va réagir. Ensuite, avec mon tigre, j’aurai un chapiteau rouge et or, on donnera un spectacle quotidien qui enchantera les foules et notre vie aura enfin un sens.

    Toi (interloqué) : Mais en attendant, tu n’essayes pas d’approcher des fauves, ne serait-ce qu’au zoo ? Ou d’apprendre à dresser des animaux, même moins prestigieux ? Même avoir un chat, ça peut être super. Et tu sais que les tigres sont très rares, non ? En admettant qu’un jour tu te retrouves vraiment devant un tigre, tu penses pouvoir le dompter comme ça ?
    Lui (péremptoire) : Non, les zoos et tout ça c’est lamentable. Quand mes potes me proposent d’aller voir les lions à Thoiry, je refuse, même si comprends qu’ils s’en contentent, les pauvres hères. Mais un tigre c’est tout ce qu’il me faut. Les autres animaux ne font pas le poids. À mes yeux, ils n’existent pas. C’est un tigre ou rien !

    Toi (dépité) : Eh bien mon pauvre ami, avec de telles idées uniquement basées sur tes lectures, tes espoirs et tes fantasmes, je te souhaite bien du courage. J’ai bien peur que ta vision idéaliste de ce métier n’ait pas grand-chose à voir avec la réalité… Et même si tu as la chance incroyable de croiser un tigre, comment pourrais-tu espérer le dompter sans aucune expérience ?

    Je pourrais sans doute écrire encore des pages et des pages sur le sujet. Mais on va m’accuser à juste titre de pondre une tartine illisible pour la génération Internet.

    Je pense, cher Idéaliste, que tu es quelqu’un d’intelligent avec des valeurs. Je trouve ça bien. D’ailleurs, je te rejoins sur certaines d’entre elles. Nombre de tes propos (sur le respect que les autres méritent, notamment) sonnent justes à mes oreilles.
    La démarche que je t’invite à faire avant tout est un démarche d’introspection humble et libératrice. Réfléchis à tes valeurs, à tes principes. Sont-ce les tiens par défaut ou bien les as-tu choisis en te basant sur ton expérience de la vie ?

    Mon premier conseil : si dans un monde aussi changeant et plein de nuances que le nôtre, tu décides de vivre (tes histoires sentimentales mais aussi le reste) en te conformant à une série de principes, assure-toi bien – si tu veux être à la fois un homme libre et heureux – que ce sont TES principes et qu’ils sont basés sur ton expérience du monde.
    Dans le cas inverse, n’hésite pas parfois à remettre en cause certains principes pour forger ta propre opinion plutôt que de te fier aveuglément à quelque chose que tu ne connais pas.

    Second conseil : puisque les questions du couple et de l’amour t’intéressent, pourquoi ne pas nourrir tes réflexions d’informations provenant de sources différentes de celles qui t’ont nourries jusqu’ici (en gardant toujours ton esprit critique) ?
    Par exemple, je te recommande vivement la lecture des ouvrages de Lucy Vincent, en commençant par « Comment devient-on amoureux ? ».
    Qui sait, tout ceci pourrait même bouleverser ta vie plus fortement que n’importe quelle histoire sentimentale !

    Amicalement,

    C.T. (ClownT@hotmail.fr)

    @Anadema : merci d’accueillir ma longue tribune sur ton site 🙂

  30. Mon premier message était sans doute excessivement péremptoire, et frisait l’impolitesse, sur la page d’un blogueur qui fait toujours preuve de courtoisie. Je m’en excuse; cette sécheresse est due à un certain agacement devant cette nouvelle morale qui se met en place, et dont je trouve qu’elle ne ressemble pas à grand chose (car c’est bien d’une morale qu’il s’agit, entre autres: tu réfléchis à ce qu’on peut faire et ne pas faire).

    Je ne suis plus aussi jeune qu’Idéaliste, je frise la quarantaine. Mon histoire perso m’a montré que son idéal, que je partageais à son âge et que je partage toujours, n’est pas aisé à atteindre. Mais comme dit le docteur Bob Kelso dans Scrubs (pour faire dans l’érudition télévisuelle dont regorge ce blog), « nothing worth having comes easy ».

    Je n’ai pas compris grand chose au message de Clown Triste, si ce n’est qu’il semblait dire à idéaliste, en gros, que son idéal ne résisterait pas à l’expérience de la vie réelle.

    Je ne le crois pas, et ne l’espère pas. Cet idéal est beau, et il faut s’y accrocher. Dans le détail, dans le concret, certaines de tes idées vont évoluer; notamment, je me demande quand même comment tu comptes rencontrer l’amour de ta vie si tu t’obstines à refuser qu’on te « présente des filles ».

    Mais l’idéal, garde-le. Il témoigne d’une idée élevée de l’être humain et de l’amour. Il te tire vers le haut. Les satisfactions passagères que tu peux obtenir en le jetant aux orties ne valent pas, loin de là, ce qu’il t’apporte humainement.

    Mais garde en tête qu’il s’agit d’un idéal, c’est-à-dire d’une cible, d’un objectif, d’un horizon; si tu ne l’atteins pas pile-poil, ça n’est pas si grave; tu auras peut-être un, deux, trois faux départs ou plus; l’important est d’être sincère dans la poursuite de l’idéal. Et pour l’atteindre, il y a aussi un moment où il faut essayer, tenter, se jeter à l’eau. Tu peux faire des erreurs.

    L’important est de l’avoir, cet idéal, et de se mesurer à lui. Et de ne pas céder aux sirènes du temps, qui veulent nous transformer en simples gestionnaires de nos pulsions, avec pour seule ambition – et encore – de ne pas faire trop de mal aux autres.

    Nous n’avons pas hérité 2000 ans et plus de civilisation pour nous contenter de ça.

    Des bises à tous.

  31. Je rejoins certains qui affirmaient qu’on « consomme » de plus en plus aujourd’hui (enfin, la tendance n’est pas toute récente je pense).

    C’est tellement plus facile de prendre tout le positif, et de jeter ensuite, dès que ça coince… S’il y a un problème, quel qu’il soit, on ne parle plus pour essayer de le résoudre, on pense tout de suite à la prochaine relation, en espérant que tout ira mieux.

    Mais comme il n’y a pas de relation parfaite, on recommence et on tourne en rond.

    Perso je ne porte aucun jugement sur les « plans cul » et autres relations courtes, j’ai vécu ça de mon coté et c’est vrai que l’expérience peut parfois être enrichissante. Mais je trouve ça extrêmement limité, dans le sens où j’ai rarement envie de partager tout de ma vie avec la personne, au-delà du sexe. Même le sexe est moins bon qu’avec des sentiments, au risque de paraitre vieux jeu aux yeux de certains !

    J’ai connu une fille avec qui je pensais faire ma vie, qui était parfaite à mes yeux, dans le sens où j’aimais tout chez elle. La relation pouvait être romantique et très tendre, mais en même temps le sexe était torride et on osait tout. Pour répondre à la question de départ, c’est ce que je cherche encore à retrouver, sans succès pour le moment… A 29 ans je suis peut etre encore idéaliste ?

  32. @ Julie : Oui, assez peu de gens sont prêts à l’entendre. Être parfaitement objectif sans se laisser aveugler par son ressenti, ça demande une grande capacité de prise de recul, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde.

     
    @ Fred : Oui, il est parfois plus facile de savoir ce que l’on ne veut pas, mais c’est au fond constitutif de ce que l’on veut. Bonne « chance » dans ta nouvelle relation !

     
    @ anonyme : Tu as raison de faire le distinguo entre fidélité imposée et choix délibéré. Et en effet, ça reste à être démontré sur le long terme. Car si on ne cherche pas forcément ailleurs, les tentations peuvent survenir et il ne faudrait pas se tromper sur ce qu’impliquent des tentations que l’on n’avait pas prévues. Je suis d’accord avec toi sur l’idée de se consacrer pleinement à l’autre dans le début d’une relation où l’on se sent en osmose. C’est au fond assez naturel quand on se sent particulièrement bien avec quelqu’un. Par contre, je ne suis pas d’accord sur l’honnêteté : je pense qu’apprendre comme ça une escapade de mon amoureuse me blesserait plus qu’autre chose. Et si j’ai envie de savoir, ce n’est pas pour autant que ça serait utile pour elle et moi.

     
    @ marje : C’est vrai qu’il faut faire la distinction entre infidélité et libertinage, tu as raison. En ce qui me concerne, je ne suis satisfait avec aucun de ces deux mots : « infidélité » est un regard moralisateur sur une aventure extraconjuguale. « libertinage » implique à mes yeux une activité sexuelle particulièrement débridée ou du moins est connoté (échangisme, sexualité de groupe, etc.). Si je devais être marié par exemple et qu’il m’arrivait d’avoir quelques rares aventures, je trouverais cela un peu amplifié d’être caractérisé comme libertin. On peut s’interroger sur ce qu’implique dans une société le fait qu’il y ait aussi peu de termes pour désigner les choses. Je ne veux pas trop me pencher sur le thème de l’infidélité parce que j’envisage d’en faire un post spécialement dessus. Mais disons que pour résumer, je pense que la jalousie est un sentiment naturel et que, pour cette raison, si on s’autorise à céder à une tentation, il me paraît néfaste de vouloir le dire à l’autre au prétexte d’être sincère ou transparent. Il est vrai que le mensonge est particulièrement dénigré dans nos cultures, et pourtant je pense que l’honnêteté totale est dans certaines circonstances plus néfaste et dommageable qu’autre chose. Si l’on craque psychologiquement pour quelqu’un (d’autre), on n’y peut rien ! Faut-il le dire à son conjoint pour autant ? Pourtant, c’est déjà une infidélité (intellectuelle). Et potentiellement, elle est plus blessante – parce qu’elle concerne les sentiments – que le fait de céder à une pulsion physique qui n’en implique pas forcément. A partir de quand commet-on un adultère ? Trahit-on l’autre en ne lui faisant pas part de tout ce que l’on ressent ? Qu’est-ce que la trahison de manière générale ? A trop vouloir mettre l’acte physique et la « pénétration » au centre de tous les crimes, sans prendre la peine de relativiser la dimension de nos actes, on en arrive à avoir des américaines qui pensent rester vierges en ne pratiquant « que » la fellation et la sodomie. Bref, voilà quelques questions qu’il serait intéressant de développer et dont les réponses sont probablement multiples.

     
    @ Bisounours : pourquoi toujours voir le monde partagé entre deux choix uniques : qualité ou quantité. perfection ou « relations sans effort » ?

     
    @ L’idéaliste : Ne te jette pas du haut d’un pont ! Il n’est pas question de résignation mais plutôt d’épanouissement et de plaisir encore plus large dans lequel l’Amour a toujours sa place.

    Avant de te répondre, j’en profite pour montrer du doigt ton commentaire à tous ceux qui me soulent avec leurs « Annie n’a que 22 ans, c’est normal qu’elle n’ait pas encore grand-chose dans la tête » suivi en général d’un « Anadema, t’es un sale intolérant de porter un jugement sur une fille de 10 ans de moins que toi ». Je ne sais pas d’où sort cette idée qu’il faut avoir plus de 30 ans pour avoir quelque chose dans le crâne mais je trouve ça assez présomptueux et stupide. Donc, messieurs/dames les con-cernés, si vous n’avez jamais vu de votre vie quelqu’un de 21 ans capable d’un raisonnement intellectuel intéressant et subtil, penchez-vous sur celui de « L’idéaliste ».

    Je ne vais pas redévelopper sur tout ce qu’a pu démontrer brillamment Clown Triste. Je n’aurais personnellement pas songé à son hypothèse sur le fait que tu n’aies pas (encore) rencontré l’Amour. A toi de confirmer ou pas.

    Pour ce qui est des valeurs, tu as raison d’en avoir et je ne prône nullement l’anarchie sexuelle, la disparition du couple, l’absence de règles, le renoncement en certains de nos idéaux et le cumul de « petites histoires sans intérêt ». C’est voir les choses de manière manichéenne et penser que tout ce qui n’est pas amour n’est que sexe désimpliqué et sans intérêt. Qu’il y ait un paquet de gens qui tombent dans la surconsommation sans vraiment vivre les relations, c’est un fait et je suis le premier à m’y opposer. Alors ne m’englobe pas là dedans ! Ce que j’explique avoir découvert avec l’âge dans mon post, c’est que les relations n’étaient pas ou blanches ou noires mais revêtaient un bien plus grand nombre de teintes possibles. Pour faire une comparaison un peu audacieuse, lorsque l’on parle de cuisine au sens noble, ne nous montre-t-on pas des plats succulents et parfaits préparés par de grands chefs ? En pratique, ne manges-tu que dans des restaurants trois étoiles ? Et pour autant, cela t’empêche-t-il d’éprouver du plaisir à manger un Big Mac ? Cela trahit-il tout l’espoir que tu peux fonder dans le plaisir gustatif ? Il ne s’agit pas de réduire la relation à un produit de consommation mais de faire un parallèle dans la façon dont nous éprouvons les choses dans ses différentes nuances et intensités.

    Comme je l’ai expliqué, je pensais globalement la même chose que toi au même âge. Idem pour Clown triste. Il n’est pas assuré que tu suives par la suite notre « parcours idéologique » mais cela te donne une idée d’un chemin possible qui ne consiste pas en une résignation pas plus qu’en un renoncement. En quoi est-il inconciliable d’avoir envie de vivre une grande relation d’Amour à long terme et de s’octroyer des relations plus légères (sans être seulement d’un soir ni n’être qu’une consommation), du moment qu’elles restent plaisantes et enrichissantes ?

     
    @ Clown Triste : « merci d’accueillir ma longue tribune sur ton site »
    -> Tu plaisantes ??!!! C’est un honneur d’avoir un tel essai sur son blog !!!! 🙂

     
    @ Angelo : Que je fasse « toujours preuve de courtoisie », ça c’est à voir, lol ! « Péremptoire » ? J’aurais dit simplement méprisant (cf. commentaire n°11 pour ceux qui veulent suivre ! 🙂 ) . Le même type de mépris que l’on retrouve à nouveau dans ton « Je n’ai pas compris grand chose au message de Clown Triste », ce qui contribue à m’agacer et qui me donne assez peu d’espoir dans ta capacité à débattre (tant dans l’ouverture que le niveau), surtout à la quarantaine frisante.

     
    @ JUL : Je suis d’accord sur cette idée de consommation. Mais de la même façon que ce n’est pas parce que l’alcool devient autorisé quelque part qu’il faut devenir alcoolique, une plus grande liberté sexuelle ne devrait pas s’accompagner d’une consommation bestiale et égoïste des relations. C’est à soit de recentrer ses désirs et ses envies.

  33. C’est un peu facile, Anadema. Dès que le débat devient un peu vigoureux, tu le fuis. J’aborde pourtant le fond du problème, que tu éludes soigneusement. Devons-nous aller simplement où nos pulsions nous mènent, ou devons-nous essayer de nous conformer à une idée ambitieuse de nous-mêmes et de notre vie? Il est probable que tu ne juges pas cette question intéressante. Dis-le.

    Par ailleurs, ta façon d’éluder ta responsabilité quand tu trompes quelqu’un me laisse pantois. Certes, on ne peut pas s’empêcher d’avoir des pensées occasionnelles pour d’autres femmes. Mais on est responsable de ses actes; parce que ses actes, on peut les empêcher. Quand on trompe la personne avec qui l’on est, on prend le risque de la faire souffrir. C’est immoral, point barre. Tu essaies d’échapper à cette réalité par des raisonnements dilatoires, mais j’ai du mal à concevoir qu’ils puissent te convaincre toi-même.

    Il n’y avait rien de méprisant dans mon commentaire sur le message de Clown Triste. Je n’ai effectivement pas compris grand chose à où il voulait en venir. Parce qu’il ne le dit pas clairement.

  34. @Angelo :
    J’admets que mon message était un peu long, pour essayer non pas d’affirmer mes convictions de manière péremptoire mais d’inciter le lecteur à suivre un cheminement de pensée qui l’amène à examiner les siennes.

    L’essentiel de mon propos est d’inciter L’idéaliste (et quiconque le voudra bien) à s’interroger sur l’origine de ses convictions ou croyances en matière d’amour.

    Toi-même, tu l’incites à garder son idéal, « parce qu’il est beau ».
    Certes, le sens « du beau » est sans doute quelque chose de très humain et l’on comprend que nous aspirions à vivre et connaître de « belles choses ».
    Mais le fait qu’une idée soit belle ne garantit pas qu’elle soit juste, ni applicable dans le réel.
    Une belle idée, comme celle du Paradis auquel on accèderait après avoir mené une vie vertueuse aux yeux de l’Eglise parlant au nom de Dieu, peut également servir à mettre les gens dans un carcan qui les occupe suffisamment au quotidien pour les empêcher d’ouvrir les yeux et leur esprit sur le monde.

    D’accord, la recherche du « Grand Amour » n’est pas une religion. Mais elle est souvent basée sur des croyances et un ressenti très personnel qui se rapproche de la foi.

    J’incite donc les gens à réfléchir sur l’origine de ces croyances et de cette foi. Leur ont-elles été inculquées par la culture dans laquelle il baigne (la même qui affirme que « rien de ce qui a de la valeur ne s’obtient aisément », pour paraphraser Scrubs) ou bien sont-elles nées de leur expérience personnelle du monde ?

    En cherchant le Grand Amour décrit par la littérature, le cinéma, les séries télévisées, les blogs d’autofiction romantique et que-sais-je encore, ne risque-t-on pas de courir derrière une construction née de l’esprit d’autres gens, plutôt que ce qui nous convient ? Sans jamais que cette « belle idée » ne nous apporte autre chose qu’un plaisir intellectuel et l’impression d’être le noble fruit d’une évolution humaine de plus de deux mille ans…

    Je ne crache pas sur l’attrait pour les belles idées et l’exigence morale, l’envie de vivre de grandes choses et de fuir la médiocrité, d’être plus qu’un mammifère dirigé par ses pulsions. Mais j’invite chacun à s’interroger sur l’origine de ses convictions. Qui décide ce qui est beau et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral ou pas, ce qui rend heureux ou pas ? Soi ou les autres ?

    Par ailleurs, je conseille en matière d’amour et de sentiments, d’acquérir du savoir et des points de vue diver(gent)s, pour n’être pas uniquement alimenté par une seule vision de l’Amour. Pour ma part, je suis romantique par l’éducation et la sensibilité, mais aussi pragmatique et capable à présent de poser un regard de sociologue, de psychologue et de biologiste amateur sur la question. Et ça change tout.

    J’espère avoir été plus clair cette fois (estimez-vous heureux, vous avez évité l’ajout d’une tirade du type qui, ayant vu un film avec Hugh Grant domptant un tigre doublé par Julia Roberts, décidait qu’il vivrait la même chose ou rien et finissait seul, malheureux et sous les ponts).

    C.T.

  35. Je trouve que vous vous prenez trop la tête pour pas grand chose. Quelque sois l’âge, le sexe ou tout autre chose, tout le monde mérite le grand amour. L’amour que définis surement l’Idéaliste est surement « le grand amour ». Peut être pas celui qui dure toute une vie , mais celui qui dure plus qu’une relation de 4 a 6 ans. S’il croit a cette amour c’est surement car ses parents sont en couple depuis longtemps. Il vient forcément de la son exemple j’en suis sur au fond de moi (contrairement a mes parents).
    Quelque sois l’age qu’on a, on croit tous a l’amour au fond de nous. Même si c’est cacher…

    Je dirait Anadema et l’idéaliste ne vous prennez pas la tête avec vos cervaux en ébulitions.
    William Shakespeare un jour a dit: « L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme. »
    Moi je dirait pareil mais en disant que l’amour ne vient pas en trop réfléchissant, mais il se fait avec patience et tout en restant naturelle.
    Trop réfléchir sur l’amour ne sert a rien, il vient un jour et ne repars jamais. Il faut savoir être patient c’est tout.

    S’il vous plait ne cherchez pas la femme parfaite elle n’existe pas et c’est pareil au niveau de l’homme.
    Chercher l’amour qui dur, pas l’idéalisation du parfait petit bonheurs.

    Bon courage a vous tout de même. Surtout restez vous même et patienté.
    Cordialement.

  36. L’idéaliste – épisode 2

    Je vous remercie tous pour vos commentaires élogieux à mon égard, j’en suis flatté. J’ai un grand plaisir à participer à ce micro-débat sur l’amour et surtout les différentes visions de l’amour.

    @Clown Triste

    Ton analyse sur l’origine de mes idées est très intéressante. Nous sommes tous plus ou moins influencés par notre culture et en premier lieu par nos parents, ce qui semble logique. Sache cependant que cette influence a été relativement limitée sur moi, d’une part parce que j’en ai conscience et d’autre part, parce que j’ai toujours construit mon existence autour de mes lignes directrices. Je suis un peu le chevalier incorruptible qui part en avant, l’épée fendant l’air, combattre les forces du mal, luttant seul contre tous, qui donnerait sa vie cent fois pour libérer sa princesse prisonnière du dragon. Mais aujourd’hui, il semble que les princesses préfèrent les dragons. Elles apprécient être enfermées dans des donjons obscurs. Quel malheur de vivre dans une autre époque ! Et pendant ce temps, je suis perdu dans la forêt, la routine du feu de camp, de la lutte quotidienne contre les esprits malins, tout seul, sans aucune Cendrillon ni de Blanche Neige en vue. C’est normal, elles sont toutes parties dans le repère du cavalier sans tête, on dit que ses coups de fouets sont délicieux…

    …voici ce que donne une caricature de mon point de vue sur la situation. Peut-être trouveras-tu mon récit quelque peu puéril mais j’ai pensé qu’il illustrait bien ma vision assez pessimiste (il faut le dire) des rapports amoureux d’aujourd’hui. La faute encore à ma vision un peu trop manichéenne ? Mais pour répondre à tes doutes sur l’héritage culturel reçu, sois rassuré : ces idées sont bien les miennes.

    J’ai bien aimé l’histoire avec le tigre. Ma raison est-elle à ce point abusée par mes belles idées ? Je ne me borne pas à trouver la femme de ma vie du premier coup, heureusement. Et je suis encore jeune. Si j’ai eu tant de mal jusqu’ici avec le sexe opposé, ce n’est pas tellement à cause de ma vision idyllique de l’amour mais surtout parce qu’à 15 ans, j’avais déjà les exigences d’un trentenaire. J’entends par là que lorsque les autres cherchaient juste à expérimenter leurs premiers épisodes amoureux, j’avais déjà en tête l’image d’un vrai couple solide. Un décalage de maturité, et par conséquent un décalage d’idées. Voilà, je pense que c’est la principale raison de mes blocages, au risque de paraître légèrement prétentieux.

    PS : merci pour les références du livre.

    @Angelo et @JUL

    Je vois qu’il est possible de rester enthousiaste passé 25 ans, ça me rassure. Merci.

    @Anadema

    J’attends avec impatience la nouvelle section sur l’infidélité car je n’ai pas encore bien saisi ton point de vue sur le sujet.

    Ton exemple avec la cuisine m’a bien fait rire – ne te vexe pas, c’était une image comme une autre mais dans mon cas ce n’était pas un bon exemple – je cite : « En pratique, ne manges-tu que dans des restaurants trois étoiles ? Et pour autant, cela t’empêche-t-il d’éprouver du plaisir à manger un Big Mac ? »
    Et bien oui, cela m’empêche d’éprouver du plaisir à manger un Big Mac, je ne consomme jamais ces horreurs dégoulinantes qui n’ont pas leur place dans le pays de la gastronomie : là aussi, j’ai mes principes ! Mais c’est avant tout une affaire de goût. (Mais non, je ne suis pas aussi psychorigide que vous ne le pensez… Juste un peu sur les bords, c’est tout.)

    Mais je ne ferme pas la porte à des relations plus légères, comme tu le dis, je suis même certain que ces expériences peuvent être enrichissantes. Mais je m’en lasserai rapidement.

    Note : dans le cadre de ma 2ème année de BTS, je prépare un dossier qui fera l’objet d’un exposé oral en cours de français. J’ai pris pour thème : « Ce que les sites de rencontres ont apporté aux relations amoureuses d’aujourd’hui », avec une comparaison avec les couples d’hier bien entendu. Beau sujet, n’est-ce pas ?

  37. Ouais enfin au final chacun fait ce qu’il veut, le tout c’est d’être honnête avec soi-même et les autres.

  38. @Clown Triste

    Je vois ce que tu veux dire, mais ça ne me convainc pas: vivre en société, c’est vivre dans un monde qui a été pensé par les autres, fondamentalement. Par des centaines de millions d’autres, des milliards, au fil des années et des siècles. Nous n’avons jamais aucune idée originale, nous refaisons des chemins parcourus par d’autres des millions de fois. Je ne crois donc pas que cette interrogation sur « d’où viennent mes idées » soit si importante, finalement. Bien sûr, nos idées nous viennent de nos parents, et de notre environnement. Nous les avons parfois reprises telles quelles, ou nous en avons pris le contre-pied. Mais nous n’avons rien inventé.

    Ceci dit, il est sain et naturel de chercher, à un moment de sa vie, à prendre ses distances avec les idées de ses parents. Je l’ai fait, comme tout le monde.

    Au final, quand je regarde autour de moi, je pense malgré tout – et j’ai beaucoup pesé le pour et le contre, le couple de mes parents a eu des hauts et des bas – que leur modèle est le meilleur et le plus élevé (c’est aussi, accessoirement, celui qui procure la plus grande longévité, statistiquement parlant, pour la petite histoire). Je ne me fais pas (plus) d’illusions excessives quant à ma capacité à imiter ce modèle. Mais il reste un horizon auquel je me mesure. Pas facile dans un monde où cet idéal est encore, certes, largement dominant dans les inconscients, mais très peu mis en pratique.

  39. @L’idéaliste (épisode 2)

    Cher Idéaliste,
    Pour tout dire, je te soupçonne d’être une version de moi-même surgie du passé pour t’amuser à me rappeler tout ce que j’ai pu être et croire par le passé. Se voir comme le « chevalier des temps modernes » qui n’est pas né à la bonne époque, crois-moi, je connais.
    Ceci dit, pour ma part, je n’avais pas vraiment une vision pessimiste des rapports amoureux. J’estimais juste que je jouais « à un autre niveau » et que je n’avais tout simplement pas les mêmes aspirations et les mêmes valeurs que mes contemporains (avec l’idée d’avoir raison, of course).
    Mais, en matière d’amour, mon imaginaire nourri de fictions romanesques, de contes anciens, de grands idéaux et de films « positifs » m’incitait à viser les cieux plutôt que de me contenter du concret fangeux de mes petits camarades (que j’observais d’un œil vaguement condescendant, avouons-le, même si je m’en serais sans doute défendu à l’époque).

    Qui ne rêve pas du Grand Amour, qu’évoque Simplet ?

    Bref, je te comprends. Mais, pardonne-moi si je reviens à la charge, ces fameuses lignes directrices autour desquelles tu as visiblement toujours construit ton existence, d’où te viennent-elles ?
    Il est bien évident que ce sont les tiennes, je ne t’imagine pas comme un garçon influençable qui change d’avis comme de chemise en fonction des idées à la mode. Et je sais très bien que c’est un combat que de maintenir des valeurs auxquelles on croit fermement face à la pression du monde tout autour.
    Que tu croies à ces idées et les aies adoptées ne fait pas de doute. Mais, comme elles ne sont pas nées de ta propre expérience du monde (ou alors tu as une enfance incroyablement riche d’expériences), je répète : d’où te viennent-elles ? Et sont-elles adaptées à toi, à ta vraie vie ?

    Tu te compares à un chevalier des temps anciens. Mais tu n’es PAS un chevalier des temps anciens. C’est donc une comparaison très révélatrice, je trouve. Ton comportement, ton raisonnement, tes idées et idéaux sont bâtis sur un modèle ancien, voire carrément inventé, si l’on se réfère à l’histoire de la chevalerie. Un modèle que tu ne connais qu’au travers de récits fictionnels (à moins que tu ne voyages réellement dans le temps).
    Je ne nie pas que c’est séduisant. Et je ne dis pas qu’il n’y a rien à piocher dans la fiction et les récits issus du passé.
    Mais ce sur quoi j’insiste, c’est sur le fait que cette figure du chevalier vertueux et honorable, inflexible et héroïque, à la recherche du Grand Amour d’une princesse prisonnière et qui n’attend que lui est FICTIONNELLE. Elle est basée sur la mise en avant de valeurs, de vertus et de comportements poussés à l’extrême qui fonctionnent dans un cadre fictif (ou au moins rapporté par un auteur qui cherche la beauté du verbe et de l’action plus que le réalisme).

    Certes, une telle figure peut avoir un rapport avec la réalité et nous aider à mieux aborder la vraie vie (c’est l’intérêt de la fiction que de nous aider à ressentir des choses sans les vivre personnellement, pour mieux nous préparer face aux surprises de l’existence). Mais elle peut tout aussi bien nous induire en erreur, nous raconter des craques, nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
    La fiction est un outil : entre certaines mains elle peut servir à émanciper et libérer les hommes, entre d’autres à les tromper et à les éloigner du bonheur.

    Certes, si les grandes figures amoureuses romanesques marchent si bien et nous plaisent tant depuis si longtemps, c’est sans doute qu’elles touchent une corde profonde et sensible chez les humains. Nous rêvons tous d’amour (oui, même nous les « vieux blasés de plus de 25 ans » qui écrivons dans les commentaires).
    Mais ce qui nous touche et nous fait rêver n’est pas forcément ce qui, dans la réalité, nous rendra plus sages, plus intelligents, plus heureux (cf. mon laïus sur les religions).

    Le récit, même historique, même autobiographique, n’est pas la vérité. Il s’éloigne même souvent du réel, afin d’être d’autant plus frappant et captivant. Gare, donc, à ne pas chercher à revivre uniquement ce que l’on imagine être « le vrai amour » au travers des mots talentueux d’écrivains cherchant à rendre, par la surenchère des superlatifs, la force des émotions qu’ils ont ressenti. Combien d’étreintes qualifiées de « fusion cosmique entre deux êtres », d’orgasmes qui te « foudroient jusqu’au plus profond de ton être, tel un instant d’éternité », d’enflammement des sens tels qu’on ne brûle éternellement de désir que pour l’être aimé, d’amours magnifiées au point qu’un battement de cil de la bien-aimée fait rayonner à jamais la joie dans le cœur d’un chevalier… et autres exagérations littéraires qui nous font courir après des chimères que jamais l’on ne retrouvera dans la vie, la vraie, celle qui vaut d’être vécue ailleurs qu’à l’intérieur de son crâne ?
    Tu mentionnes le fait qu’à 15 ans, tu avais, vis-à-vis de l’amour, les exigences d’un trentenaire. Un décalage de maturité et donc d’idées.
    Déjà, avis personnel, méfions-nous de la maturité comme un critère qualitatif. C’est tellement facile (et sans appel) de crier à l’immaturité pour qualifier un tempérament ou un comportement qui n’est pas le nôtre. C’est pour moi un mot à manier avec précaution, en sachant de quoi on parle.
    Mais la question que j’ai envie de te poser, c’est plutôt : est-ce une bonne chose d’avoir 15 ans et de vouloir vivre l’expérience amoureuse d’un trentenaire ? La maturité s’acquiert au fil du temps, en *vivant* des expériences et en se construisant. Si tel n’est pas le cas, il est bien possible que tu te retrouves trentenaire à avoir besoin de vivre des expériences qu’il aurait été préférable pour toi de vivre à 15 ans (ça sent le vécu !).
    En m’inspirant des propos d’Angelo, je dirais que le chemin de la maturation de l’enfance à l’adolescence puis à l’âge adulte a déjà été parcouru par des milliards de gens, des milliards de fois. Alors faut-il vraiment cracher dessus parce qu’on s’est mis en tête de belles idées (héritées d’autres gens) et qu’on refuse de passer par la voie « normale » de l’expérience personnelle et de développer sa propre vision de l’amour (sans doute moins chevaleresque et épique, mais basée sur le RÉEL) ?
    Tu t’en doutes, je vote « non ».

    Ne crois pas que je dénigre les valeurs que tu as faites tiennes ni que je t’attaque pour te faire changer d’avis de force. Mon intention serait plutôt de t’aider (humblement) à trouver tes propres réponses. Et ma crainte celle de te voir t’enfermer dans un système qui te séduit mais qui, à terme, te rendra malheureux parce qu’il ne tient pas compte de la réalité qui t’entoure (y compris celle des femmes que tu croiseras).

    Je ne suis pas fataliste et je n’affirme pas que tes idéaux sont sans valeur et qu’ils ne trouveront jamais de réponse dans ta vie. À vrai dire, je pense que si tu développais réellement les qualités physiques, psychologiques et humaines propres à un chevalier, à un authentique héros, tu attirerais sans doute l’attention de jeunes femmes très intéressantes (mais qui ne seraient probablement pas du genre à rester enfermées dans leur donjon à t’attendre – ce modèle là ne se fait plus trop).
    Je t’invite simplement à chercher à comprendre le monde tel qu’il est pour mieux y évoluer. La maturité passe aussi par la fin d’un « déni de réalité ». Amusons-nous à lancer de grandes phrases :
    L’enfant veut que le monde soit comme il le rêve, et refuse d’accepter le réel. L’adulte accepte le monde tel qu’il est et, sur ces bases, peut éventuellement contribuer à le changer.

    Tu évoques le fait que tu es encore jeune. C’est une chance. Ne prends donc pas trop d’avance sur ton âge et profites-en pour *vivre* les choses. Tu rêves d’un couple uni et solide, sur la durée ? Tu n’es pas naïf au point d’imaginer que c’est quelque chose d’aisé. Sans doute vois-tu de nombreux témoignages autour de toi de la difficulté de la vie à deux. Alors, aussi bien intentionné sois-tu, quelles sont (dans la réalité, pas dans la fiction) tes chances de réussir du premier coup quelque chose d’aussi difficile avec ta future princesse ?
    Certes, l’amour aide mais il n’y a que dans les récits qu’ « ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours » (l’une des phrases les plus trompeuses jamais écrites en fiction).

    Tu te demandes pourquoi les filles craquent pour les dragons et le Chevalier sans tête avec son fouet ? Et si tu en parlais avec elles ? Et si, au lieu de les honnir et de te lamenter, tu observais ces « monstres » pour tâcher de comprendre pourquoi ils plaisent tant (sûrement pas parce qu’ils leur font du mal, sauf masochisme rare) ? N’est-il pas envisageable de cumuler à la fois les qualités d’un preux paladin et celles d’un séduisant ruffian ?
    Cette expérience là, pas de mystère, elle s’acquiert avant tout sur le terrain (même s’il y a bien sûr des livres et autres sources d’informations pour te faire gagner du temps).

    Bref, sans te renier, va te frotter à l’amour dans le monde réel, même s’il n’est pas forcément à la hauteur d’idéaux fictionnels. Et si tu as besoin d’un coup de pouce, tu sais où me trouver 😉

    PS : je serais curieux de connaître le contenu de ton exposé sur « ce que les sites de rencontres ont apporté aux relations amoureuses d’aujourd’hui ». Mais, encore une fois, sur quelles expériences as-tu bien pu baser ton propos (si tu as interrogé des gens âgés sur la réalité de leur amour de jeunesse, ça a dû être riche d’enseignements, non ?)

    @Angelo :
    Content d’avoir pu expliciter mon propos. Mais soyons clair : je n’ai pas dit qu’il convenait à chacun de réinventer le monde et la société. Ni que j’avais des idées incroyablement originales.
    Je dis simplement que, malgré les normes établies et la facilité qu’il y à parfois à les suivre pour s’intégrer, chacun d’entre nous devrait chercher son chemin personnel. Et, pour ce faire, prendre conscience du fait que beaucoup de nos convictions sont en fait des croyances issues de notre environnement et non de notre expérience. Une fois que l’on comprend ça, on peut potentiellement choisir un chemin différent, plus adapté à soi, à l’écart d’un modèle que l’on avait intégré sans se rendre que c’était un choix par défaut et qu’il était possible de faire autrement.

    Dans la mesure où tu as pris du recul, réfléchis à plusieurs hypothèses et opté en toute conscience et indépendance pour une façon de vivre l’amour et le couple semblable à celle que tu perçois chez tes parents (sans doute leur ressenti est-il différent, mais c’est un sujet délicat à aborder), ce n’est pas moi qui viendrai te critiquer.

    Bon chance, donc !

    C.T.

  40. @Clown Triste

    Inutile de te répéter, j’avais déjà lu avec attention ton précédent commentaire. L’idée générale que j’en ai extraite, c’est : mes idées sont issues d’un héritage de concepts fictifs et non de mon expérience puisque j’ai moi-même précisé que je n’en avait guère. J’ai dit que je n’avais pas d’expérience, ça ne m’empêche pas d’avoir des yeux et des oreilles, et j’observe très attentivement les vies de mes semblables. Mes opinions sont essentiellement basées sur ces observations. Et ces observations n’ont rien d’imaginaire, ce sont des faits ! Je le redis : des faits ! L’histoire du chevalier n’était qu’un exemple. Ce que j’ai voulu exprimer est une idée simple : il y a des femmes « bien » qui cherchent des hommes « bien ». Rien d’exceptionnel là-dedans ! Je pense qu’il est tout à fait possible de trouver ces femmes « bien ». Reste à savoir où elles se cachent. J’observe énormément les autres et leurs expériences amoureuses sont assez déconcertantes – du moins, je trouve. Et si j’observe ceux que j’estime, j’observe aussi ceux que je n’estime pas. Et j’enrage de voir des filles « supposées bien » se jeter aveuglément dans les bras de minables, baratineurs, trou duc’ en tous genre, frimeurs amateurs, dragueurs de pacotille, et j’en passe… Mais mis à part ces badboys à deux sous qui raflent trop souvent la (sou)mise, je garde espoir (pas pour longtemps) car je pense qu’il y en a quelques-unes qui savent garder la tête sur les épaules.

    Voilà concrètement mon ressenti. Merci pour tes encouragements.

  41. L’idéaliste, ayant a peu près ton age, je peux dire qu’en tant que fille, j’entends souvent ton discours. Mais j’entends aussi le discours inverse, celui du « bad boy » qui se plaint de ne pas savoir garder une fille, qu’elles préfèrent toujours les gentils garçons. Qui croire ?
    Pour ma part, j’ai vu les deux cotés du miroir. Le preux chevalier ( qui semble avoir une troublante ressemblance avec toi ) et sa Némésis. Je les ai beaucoup aimé tous les deux. J’ai subi le mauvais garçon, ses changements d’avis, le fait de me sentir délaissée, les disputes mais j’ai aussi subi le gentil et ses obligations de perfection, ses demandes constantes et l’impression de ne pas pouvoir évoluer.
    J’ai aimé les deux. Et de fait, je suis une grande romantique ( je suis une fille et j’ai 20 ans, je dois faire un parfait cliché ), je n’aurais pas envisagé de rester avec l’un ou l’autre autrement.
    Le problème étant que je ne sais pas moi même ou me placer. Suis-je la belle princesse a secourir qui adorera son sauveur pour toujours ou la tombeuse pour qui il faut constamment faire des efforts et qui n’hésitera pas a aller voir ailleurs ?
    Je me sens constamment tiraillée entre les deux modèles et j’ai envie d’être aimée, de construire quelque chose tout en ayant une conscience aiguë du fait que les relations ne sont pas faites pour durer et que même si j’y croyais très fort, la réalité finirait par se rappeler à moi.
    Bref, les garçons biens ne le sont pas autant qu’on pourrait le croire et les mauvais ont aussi leurs bons cotés. Les bons garçons ayant comme pire désavantage ne pas savoir protéger leurs intérêts.

  42. @L’idéaliste :

    J’aurais encore des tas de choses à répondre, mais j’ai conscience du fait qu’on ne peut qu’inciter quelqu’un à cheminer, pas faire le chemin à sa place, aussi bienveillant soit-on.

    Je suis content toutefois qu’Eminat soit venue apporter son témoignage, que j’espère parlant pour toi.

    De mon côté, je te dirais que ce que tu appelles « des faits » sont surtout « des faits à tes yeux ». C’est à dire que tu observes les choses au travers du filtre de ta grille de lecture personnelle et de tes expériences propres.
    Et quand des filles « supposées bien » tombent dans les bras de « badboys à deux sous », tu sembles prompt à les juger comme des gens peu dignes d’estimes, réduits à cette vision simpliste de leur personnalité.

    Je vais tenter de faire court, en n’abordant que deux points essentiels à la lecture de ta réponse :

    – D’abord, pour paraphraser ce cher David DeAngelo, je dirais une chose essentielle à mes yeux : « on ne choisit pas de tomber amoureux ». Le sentiment amoureux, l’attirance, ne sont pas le fruit d’un calcul, d’un raisonnement, d’une logique. Du genre « il a toutes les qualités sur ma liste, donc je tombe amoureuse ».
    On ne peut pas convaincre quelqu’un de nous aimer avec des arguments du genre « regarde, je fais ça, je pense ça, j’agis comme ça, je suis parfait(e) pour toi ».
    Ça paraît con et évident, mais quand on s’emporte en disant « mais pourquoi elle fond pour ce crétin alors que moi je suis un mec bien ?! », on raisonne en ignorant cette donnée essentielle. L’attirance est un ressenti, un mélange d’émotion puissant, pas un choix conscient.
    Une fois qu’on a compris ça, on peut éventuellement s’intéresser à ce qui déclenche l’attirance, histoire de résoudre en partie le mystère du sentiment amoureux et d’être plus pro-actif qu’attentiste.

    – Les garçons que tu qualifies de minables, dragueurs de pacotille, bad boys à deux sous, etc. ne sont-ils que cela ? S’ils plaisent aux filles, est-ce uniquement parce que celles-ci sont des imbéciles sans cervelle qui ne méritaient pas ton attention, finalement ? Ce serait bien pratique que ce soit le cas et c’est plus facile de penser ainsi que de se remettre en question (je le sais, j’ai fait pareil).
    C’est l’un des problèmes de l’intelligence, ça a tendance à nous rendre arrogants (regarde notre ami Anadema, parfois 😉

    Mais la vérité est que ces garçons ont d’autres facettes, qu’ils ont forcément des « bons côtés » et quelque chose d’attirant. Pourquoi ne pas l’admettre et chercher à comprendre ce qu’il y a de séduisant chez eux aux yeux des filles (pas toutes mongoloïdes ou masochistes) ? Peut-être même est-ce quelque chose que tu as, toi aussi, mais dont tu ignorais que ça plaisait et que tu ne mettais pas en avant ? Ou quelque chose que tu peux développer. Leur emprunter le meilleur et leur laisser le pire (le mensonge, la bêtise, etc.)
    Je crois que le témoignage d’Eminat illustre bien l’intérêt d’une telle démarche.

    Allez, hop, j’avais dit que je ferais court. Je m’arrête là.

    C.T.

  43. Pour ma part temp que j’ai des convictions j’y croit. On m’aime et si j’aime tout ce passe bien alors. C’est vrai que c’est dur de trouver un mec biens de nos jour (vu le bon nombre de blaireaux) mais les mecs biens sont tout aussi compliqué au niveau qu’il reflechisse trop. Moi je dirait Eminat trouve toi quelqu’un qui t’aime et qui te comprend et qui c’est ce qu’il veut. En gros: le pas trop con mais le pas trop inteligent… le moyen quoi ^^

  44. Simplet, rien a voir avec l’intelligence. J’ai toujours choisi mes partenaires avec soin de ce coté ( la bêtise et le manque de culture étant quelque chose me rebutant immanquablement ).
    Je pense que les deux exemples que j’avais pris me correspondaient plutôt bien sur ce point, le problème n’était malheureusement pas la.

  45. @Clown Triste:

    Dans le fond, nous ne donnons pas des conseils très différents à l\’Idéaliste. \ »Sans te renier, va te frotter à l’amour dans le monde réel\ », c\’est en gros ce que je disais.

    En revanche, son idéal ne me paraît pas plus fictionnel qu\’un autre. Et je crois que \ »chercher son chemin personnel\ », c\’est exactement ce qu\’il fait. Il ne laisse pas les événements et son entourage lui dicter ce qu\’il doit penser et ressentir. Je pense qu\’en cela il a raison. Ce que je reproche au parcours d\’Anadema, pour ce que j\’en comprends (cette réserve est humilité, pas mépris, je précise), c\’est surtout son excessive perméabilité à la morale du temps. Il est parti avec un idéal, avec des idées sur l\’amour, et finalement il s\’est laissé dicter celles de l\’époque, qui étaient différentes autrefois et changeront avec le temps, comme la mode. Je ne trouve pas que ce soit là \ »faire son chemin personnel\ ». Je trouve que c\’est au contraire se fondre dans la masse, se livrer au mouvement des flots, et se laisser imposer une morale différente de celle qu\’on professait initialement. C\’est se trahir soi-même à trop bon compte, à mon sens.

    Peut-être as-tu raison quand tu dis qu\’il vaut mieux éviter d\’être trop mature à 15 ans. Cela donne souvent des crises d\’ado vers la trentaine; c\’est un peu ce que vit Anadema, à mon point de vue. L\’adolescence est une période où on aime affronter de plein fouet les contradictions du monde, et se frotter au paradoxal. Avec sa conception floue de la fidélité, qui ressemble bien à une impasse (la justification par le mensonge légitime ne me paraît pas une solution très stable, au sens moléculaire du terme), il est en plein dans ce type de problématique adolescente.

    (Je m\’excuse auprès du maître des lieux de parler de lui à la troisième personne, mais comme apparemment je ne sais pas débattre…)

    (et merci pour l’avertissement à ceux qui ont oublié de copier le nom du légume…)

  46. Tu avoueras, Clown Triste, que ton pseudo n’aide pas forcément à faire passer ton discours, tant il suggère un « vieux sage désabusé et résigné » ! Héhé ! De même que « L’idéaliste » lui-même avoue par son pseudo le caractère utopique et donc irréaliste de ses désirs. Sans parler de « Simplet » qui s’obstine a vouloir faire des fautes… Depuis quand les gens veulent-ils publier des commentaires sous des pseudos qui les définissent dans les grandes lignes comme les sept nains ?!! 🙂

     
    @ Clown Triste : Personnellement, je n’avais pas trouvé ton commentaire « tigré » trop long, il ne faut pas tenir compte de cette tendance regrettable à vouloir tout condenser en moins de 5 lignes (ou 5 min max à la TV), cela va au détriment de la nuance et de la complexité des idées à développer. Et j’ai beaucoup aimé ton histoire de tigre, d’une part parce que c’était pertinent et d’autre part parce que c’était vraiment drôle. Et je raffole de ce genre de parallèles (en apparence) biscornus.

     
    @ L’idéaliste : Que tu ne te reconnaisses pas dans tes pairs qui veulent simplement de l’expérience et qui consomment les relations, c’est bien compréhensible. Et je ne crois pas que Clown Triste t’incite à renoncer en tes idéaux pour partir dans la fornication sans foi ni loi. Je n’ai pour ma part aucunement renoncé en une certaine idée que j’ai de l’amour, j’ai simplement ajouté de nombreuses nuances à ma conception des relations sentimentales et aux relations sexuelles. Ce qui ne signifie pas que je suis prêt à coucher avec n’importe qui et que je n’ai aucune estime pour ma(mes) partenaire(s). J’ai simplement arrêté de mettre du « sacré » et de la « perfection » partout où il y a de l’Amour (comme le cite Clown Triste : « ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours ») .

    En réalité, la perfection, c’est ennuyeux : c’est mieux quand Blanche-Neige nous fait un peu violence (en excitant notre jalousie, en nous bousculant, en nous obligeant à la reconquérir) et quand elle garde un certain nombre de qualités ET de défauts qui fondent son caractère. Sinon, autant épouser un cyborg. Et personnellement, Blanche Neige ne m’excite pas : je la trouve asexuée et cucul-la-praline, beaucoup trop naïve et gentille, ce qui pourrait finir par m’énerver.

    On peut donc imaginer, de la même façon, que son prince charmant puisse ne pas beaucoup attirer les filles non plus. Malgré tout l’idéal d’apparence qu’il représente. Entre l’idéal affirmé et la préférence réelle, il y a souvent une très nette différence. Imagine James Bond sensible, fidèle, prévenant, moins autoritaire et égalitariste avec sa femme. Ca en ferait certes le gendre idéal. Mais est-ce que ça ne lui retirerait pas beaucoup de son sex-appeal ?

    Je suis aussi allergique que toi aux « bad boys à deux sous » mais parmi tout ce qu’ils peuvent avoir d’attirant pour la gent féminine, il y a entre autres ça : ils débordent de confiance en eux et sont dominants. Ce sont des caractères de virilité qui séduisent particulièrement. Et même si ces imbéciles ne savent pas conjuguer le moindre verbe au présent de l’indicatif, ils n’en sont pas moins plus « mouillants » que le premier énarque venu.

     
    @ Clown Triste : Tu as débordé d’énergie pour casser le mythe de l’amour version conte de fées. Mais pour ne pas apparaître comme simplement résigné aux yeux de L’idéaliste, peut-être aurait-il fallu aussi appuyer les valeurs en lesquelles tu crois (toujours) ? En ce qui me concerne, je ne renie pas la vision de l’amour qu’a L’idéaliste, je lui ajoute simplement plus de souplesse. Non pas des concessions mais plutôt des ajouts et plus de réalisme.

     
    @ Eminat : Oui, ton commentaire apporte beaucoup de nuances justement sur cette idée de gentil/méchant garçon et le corollaire d’effets secondaires. Tu mets le doigt sur des choses importantes.

     
    @ Angelo : je ne me laisse aucunement dicter la morale du temps. J’ai simplement l’humilité de reconnaître que je puisse en être imprégné, parce que personne ne vit en dehors de son époque et personne ne pense en toute indépendance. Mais pour ce qui est de mon discours en détail, je n’ai pas l’impression, justement, qu’il soit particulièrement partagé en général quand je parle des relations sentimentales autour de moi. Tu parles de la morale du temps, mais de laquelle exactement ? Celle qui prônerait une plus grande liberté sexuelle ou celle qui conduit beaucoup à consommer le sexe plus qu’à vivre des relations humaines ? Ce sont deux choses différentes et je ne me reconnais que dans une.

  47. @Anadema: on touche là un sujet sensible. Pour moi, en résumé, la morale sexuelle et amoureuse du temps est la résultante instable de deux morales contradictoires, la chrétienne et la libertine, qui structurent également nos relations sociales. La chrétienne, c’est celle qui introduit, justement, ce que tu refuses, à savoir du sacré, dans la relation amoureuse et sexuelle. Elle en retire un idéal-type, celui d’une relation exclusive et unique entre deux êtres, du début de l’âge adulte à la mort. C’est le couple chrétien idéal.

    En face, il y a l’idéal que j’appelle « libertin » (sans être absolument certain de la pertinence historique de cette appellation). Cet idéal considère le sexe comme une fête de la matière, dépourvue de toute dimension sacrée. En conséquence, on peut – on doit, presque – le consommer avec le premier ou la première venue, le seul impératif étant celui de la jouissance et de l’expérience. Dans cette optique, puisque le sexe n’a rien de sacré, la notion d’infidélité n’a tout simplement pas de sens.

    Le modèle dominant encore dans nos inconscients, tu as raison, demeure à mon avis le modèle chrétien. Le sexe demeure imbibé d’irrationnel, de sacré, voire de transcendance. Ce qui fait qu’on a du mal à envisager sereinement l’infidélité de celui ou celle qu’on aime. Si le sexe n’avait plus pour nous aucune dimension sacrée, cela ne nous préoccuperait pas.

    Il n’y a pas – et en cela je nuance mon propos – de véritable morale amoureuse commune, aujourd’hui; juste un dégradé de nuances entre idéal chrétien et idéal libertin, fait de compromissions plus ou moins assumées entre les deux. Chacun se fait sa tambouille. Chacun se sent critiqué sur deux versants, par les plus « coincés » d’un côté, par les plus « dérégulés » de l’autre.

    Si je trouve que ton évolution te mène plutôt vers la morale commune, c’est que j’estime ta position plus proche de ce que je ressens comme le centre de gravité de l’époque: un compromis qui, sans nier le sacré du sexe, le dilue dans une multiplicité d’expériences, dans une inconstance assumée, strictement régulée, mais suivant un système de valeur évolutif.

    Ma position, c’est qu’il faut choisir: soit l’amour (sexué) est sacré, soit il ne l’est pas. S’il l’est – ce qui est mon opinion, du fait que le sexe donne la vie – il faut en tirer les conséquence, et tendre – dans la limite du faisable – vers l’idéal chrétien, avec des aménagements si nécessaire mais sans le dénaturer. S’il ne l’est pas, il n’y a aucune raison de se fixer des limites. Il est possible que, pour toi, il ne le soit presque plus; tu te fixes des limites, mais qui semblent de nature plus esthétiques que morales. En cela tu es cohérent. Il reste que, dans une société où le sacré du sexe prédomine encore, ton modèle est susceptible de faire souffrir, et que la solution du mensonge assumé ne me paraît pas digne.

    Il y aurait encore à débattre sur la notion de « sacré ». Je ne suis pas sûr de disposer du vocabulaire nécessaire: je ne ressens pas mon « sacré » comme celui de l’Eglise répressive d’autrefois. Mais c’est une autre histoire.

    Je ne suis pas sûr d’être vraiment très clair…

  48. Bonjour à tous,

    je suis tombé sur ce post et je m’excuse de déterrer ce billet mais j’ai été touché par la problématique soulevée ici. Il devient tellement rare de tomber sur des échanges courtois et développés sur la toile que j’en profite un peu.

    J’ai aujourd’hui 29 ans et je ne me pose pas (malheureusement?) toutes ce questions sur la fidélité car ce problème ne s’est jamais posé à moi jusqu’à maintenant. J’ai eu, ces 12 dernières années, deux histoires très importantes dans ma vie qui ont duré respectivement 4 et 6 ans, autrement dit suffisamment longtemps pour laisser une trace indélébile sur mon développement personnel.

    Contrairement à beaucoup de personnes ici, je n’ai jamais eu de problèmes d’infidélité, si ce n’est ma première relation à ses débuts (quelques malheureux échanges salivaires de mon ex-donzelle) qui m’a d’ailleurs permis de comprendre une chose essentielle: le dialogue. J’ai toujours discuté avec mes partenaires et la sexualité à toujours eu une place prépondérante dans l’équilibre de ces relations, au même niveau que l’intellect. Pendant les 6 dernières années de ma précédente relation, et les 4 de celle d’avant, mes exs et moi avons toujours discuté, cherché à comprendre nos envies, brisé des tabous et nous n’avons jamais eu la nécessité de chercher ailleurs (et il n’y a pas de naïveté dans ces propos, le respect et la franchise ont toujours été les composantes de base). Peut-être suis-je un spécimen en voie d’extinction mais je vous avoue être un peu triste, au même titre que « L’idéaliste » par ce que je lis ici.

    Mes ruptures n’ont jamais eu pour cause l’infidélité mais le développement intellectuel qui prenait, chez l’un comme chez l’autre, une voie différente qui n’était plus compatible avec les attentes de chacun. Le pire étant que ces ruptures se faisait encore dans des sentiments forts, à contrario de beaucoup de gens qui m’entourent et des expériences dont on a pu me faire part. Je garde d’ailleurs contact avec ces femmes qui ont compté pour moi.

    A 29 ans, j’ai eu le privilège de vivre deux relations que certaines personnes mettent une vie à trouver, basées sur l’Amour (oui, avec un grand A) et sur une jouissance tant intellectuelle que physique. Si aujourd’hui je suis célibataire depuis 1 an (le temps qu’il faut pour se recentrer et grandir, encore) et que je rejoins Anadema sur la détresse provoquée par les sites de rencontre et ce sentiment de « différence » dont la source est toujours aussi difficile à exprimer (le mot souffrance en devient tabou), je ne m’abandonne toujours pas à ce que je considère (et c’est un avis personnel) comme de la facilité. Ne serait-ce que pour le minimum d’estime que j’ai envers moi-même et les convictions sentimentales que j’ai mis des années à me forger.

    Peut-être que je paierais ces convictions d’un célibat sans fin et d’une solitude souffreteuse mais j’aurais au moins vécu la sincérité d’une relation saine qui m’aura laissé quelques traces de bonheur dans un cerveau sans cesse malmené par des agressions intellectuelles. Et ce blog me rappelle, à moi le clown triste (car je ne suis pas un joyeux drille), la chance que j’ai eu.

    Je vous souhaite sincèrement de trouver le bonheur. Et à moi aussi tiens.

  49. @Un autre idéaliste

    Bonjour,

    Je voulais te répondre parce que je trouve vraiment joli et touchant ce que tu as écrit.
    Mais contrairement à toi, je ne pense pas qu’il y a une bonne façon d’aimer (dans laquelle on serait fidèle même si frustré ou malheureux), je crois qu’il y a DES façons d’aimer, et à chacun la sienne.
    Je ne fais ici aucunement la promotion de l’infidélité, je dis juste que c’est à chaque couple de trouver sa manière à lui de vivre sa sexualité, de s’épanouir et de s’aimer. L’essentiel, c’est de s’entendre clairement sur la relation que l’on souhaite entretenir avec l’autre. Enfin, pour moi, il n’y a pas de honte ou de malaise à ne pas être fidèle, il faut que l’on comprenne qu’il y a une différence entre ne pas être fidèle et tromper sa partenaire. Et après tout, cela ne veut rien dire être infidèle, car l’on peut l’être de corps mais ce qui compte avant tout, c’est être fidèle de coeur.
    Personnellement, je ne suis pas du genre infidèle, ce n’est pas ma façon à moi d’aimer, alors si tu sens bien dans ce type de relation tant mieux pour toi, mais ne crois pas qu’il y ait des façons morales de vivre sa relation. On parle d’amour là, ça n’a rien de moral, de rationnel, de cartésien, de cohérent, de logique ou de bien pensant, c’est un sentiment que l’on vit sans raison, alors il faut arrêter de l’intellectualiser ou de le moraliser.
    Je n’ai pas d’expérience de grande relation comme toi,vu mon âge mais je crois que tu devrais avoir un point de vue moins « rigide »(voir « condescendant ») sur ce genre de sujet.

    Ce n’est que mon avis, mais moi aussi, je te souhaite de trouver le bonheur.

    Sygn.

  50. En fait, quand on a un peu de vécu et un peu de recul, et qu’on accède à une certaine liberté intérieure, on finit par se rendre compte que toute idée, toute « conception » des choses peut être remise en cause, que la vie peut justifier les opinions les plus contraditoires et qu’elle prend d’ailleurs un malin plaisir à nous mettre face à des paradoxes, à nous confronter à nos contradictions multiples 🙂
    L’entre-deux dont tu parles, je le conçois très bien, simplement je vis les nuances des relations avec le sexe opposé sans avoir nécessairement l’envie d’y ajouter la dimension sexuelle. Ca reste l’exception. Je n’ai pas toujours eu cette vision des choses mais aujourd’hui pour moi (j’ai à peu près le même âge que toi), le sexe n’est pas un « plus » agréable à la relation, c’est un « plus » très particulier et privilégié, ce qui ne veut pas dire que j’ai forcément besoin pour le vivre de grands sentimenst ou d’engagement profond pour autant. mais il me faut autre chose que la simple perspective d’un « bon moment » (convivial, lol) ou l’envie de voir, pour que je ressente cette envie, l’envie de prendre l’autre et qu’il me prenne, l’envie de CETTE INTIMITE LA. Et ce partage ne présage pas forcément d’ailleurs d’une continuité ni du développement de sentiments amoureux profonds. Mais il faut quand même que je ressente un fort désir dans l’instant, une attirance puissante, et tout comme l’amour, cela n’est pas si banal ni courant que ça. Un moment de plaisir partagé peut très bien l’être autour d’un bon repas, au coin d’un feu, en buvant un verre ou autre, mais je me suis rendue compte que je ne pouvais pas banaliser la relation physique au point d’en faire un moyen quelconque d’échange parmi d’autres (on se fait un resto ? On va au ciné ? On fait l’amour ?). Ca reste un échange privilégié et intime que je n’ai envie de vivre qu’avec un nombre assez limité de personnes. Voilà pour ma petite réaction perso à ton post sur lequel j’ai échoué ce soir 🙂
    Bien à toi.
    M.

  51. *Ouvre la parenthèse*

    Vis-à-vis de la notion de fidélité, infidélité, libertinage et autre, je pense qu’elle n’est valable que lorsque les deux personnes sont d’accord mais également lorsqu’il n’y a pas de sentiment amoureux (sinon il y a risque de souffrance, de jalousie mais également d’affaiblissement des sentiments, rancœurs et autres désagréments).

    Ce qui m’intrigue dans les derniers messages que j’ai pu lire de ton blog, c’est l’enchevêtrement des relations, visiblement cela faisait 18 mois que tu étais avec Léa lorsque tu as rencontré Annie et compagnie. Dans mon esprit (peut-être limité au vu de tes critères) il me semble difficile de rester 18 mois avec quelqu’un sans avoir développé une affection se rapprochant de l’amour ce qui me pousse à m’interroger sur la nature de ton (de votre ?) libertinage avec ou sans consentement mutuel et des conséquences (ainsi que des causes) que cela a pu avoir au vu du ton employé par Léa lors de son excursion sur ton blog côté scène..

    *Ferme la parenthèse*

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