Léa’s Story (1) – Projections et autres complications

Vous avez appris à débusquer une lectrice sur Meetic, vous avez découvert les paquets de mails que m’y avait envoyé une certaine Léa. Vous avez lu ma réponse puis mes tentatives périlleuses pour lui faire tout avouer sur sa nature de lectrice. Vous avez suivi de quelle manière je me suis amusé à lui rendre la pareille. Vous nous avez vus nous rapprocher et vous avez pu découvrir avec moi Léa sur sa webcam en photo et en vidéo, jusqu’à ce que nous organisions notre rencontre.

Passons maintenant de l’autre côté du miroir : voici la même histoire… mais racontée du point de vue de Léa !

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Prologue   

Je vais raconter l’histoire évoquée dans les posts relatifs à une certaine lectrice arrosée… mais en changeant la caméra d’épaule… L’exercice a déjà été réalisé ici, je n’inaugure rien de nouveau, si ce n’est pour moi. J’ai quelques remarques à faire avant de commencer parce que je pense que c’est plus simple si je les pose au préalable. Je ne milite pas pour la canonisation d’Anadema, d’autres causes me semblent bien plus importantes à soutenir. Je commence par là pour deux raisons.

D’abord, simplement indiquer que tous les propos à venir qui pourraient donner l’apparence d’une valorisation excessive du tenancier des lieux ne le sont pas par finalité (à savoir gratuitement l’encenser) mais parce que la consigne dont je dispose ici est la suivante : « donner MA version des faits ». Nul besoin de s’étonner que quelqu’un qui ait été capable de gentiment le « traquer » puisse être amené à tenir des propos gratifiants à son égard (se donner de la peine pour quelqu’un que l’on n’estime pas du tout relèverait d’un certain masochisme de ma part, voire même un degré de stupidité très avancé dont je me défends (au moins partiellement !)). Je n’ai pas envie d’amender la manière dont j’ai appréhendé les choses à l’époque des faits uniquement pour éviter le côté groupie (que je ne peux pas complètement contester cela dit). D’ailleurs, je n’ai NULLEMENT envie de rendre attirant Anadema, pétrie de jalousie que je suis (devenue… : pfff), ce qui aurait plutôt tendance à m’encourager, stratégiquement, à le dévaluer. Mais, encore une fois, je m’en tiens à la consigne et j’ai un (tout petit) peu d’éthique… même si en l’occurrence ça me dessert… ! Je vais juste essayer de rendre compte de ce que j’ai pensé et ressenti à l’époque des faits. Le point de vue subjectif est donc amplement revendiqué.

La seconde raison est que je n’ai pas envie qu’Anadema soit taxé de prétention en publiant mes digressions et qu’on lui reproche (sport emblématique sur ce blog, dans lequel ce ne sont pas forcément (j’ai bien dit « pas forcément » hein) les plus athlétiques qui pratiquent !) de se valoriser, être vaniteux ou je ne sais quoi encore (là, mes précautions commencent à ressembler aux annonces qui précèdent les films sur DVD donc j’arrête…).

Bref, entrée en matière un peu procédurale, j’en suis désolée… mais comme ça je n’y reviens pas… et je peux donc passer au fond !

Projections et autres complications   

Je ne sais pas du tout comment j’ai découvert le blog d’Anadema, très originalement « par hasard » (à mon avis la proportion de personnes l’ayant trouvé autrement doit avoisiner les 23,4%… Je me situe donc dans la majorité telle que je la visualise). Tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas tout de suite compris ce dont il était question. J’ai lu, ai trouvé le propos digeste, voire plutôt très bien écrit et la dimension sexuée des propos a dû faire le reste dans le travail d’ « addiction » qui a suivi. Je me souviens bien que le dernier post publié renvoyait à une fille En chair et (dans une moindre mesure) en os… ce qui situe les choses en termes de calendrier (même s’il me semble que ce post est resté longtemps, compte tenu de la relative mise en sommeil du blog à l’époque. Je crois que ce devait être en novembre 2006).
J’ai donc lu et me suis régalée ce qui n’a pas manqué de stimuler des visites ultérieures. Lorsque je suis retournée sur le blog, j’ai mesuré à quel point j’aimais ce que je lisais. La question peut se poser, effectivement (j’imagine des objections fictives, oui), de savoir si cela devait être attribué à ce que je lisais ou s’il n’était question que d’une comparaison méliorative par rapport à la faune de choses sans aucun intérêt que l’on voit foisonner sur le net. Je peux grossièrement répondre à cette fausse interrogation en indiquant qu’un mélange de ces deux explications devait probablement guider mon appréciation.

J’y allais de manière récurrente, ce qui se voyait encouragé par le nombre incalculable de posts qu’il me restait à lire… A titre de comparaison, je crois avoir ressenti à peu près la même chose que lorsque j’accroche sur une série télé, la seule différence étant le support, écrit en l’occurrence. Je me vois alors savourer le fait que je sais que ça va commencer, pour ensuite me dire « oh non, ça va bientôt être fini » et enfin espérer l’épisode suivant avec impatience. J’ai toujours tendance à anticiper les déplaisirs, ce qui a l’effet pervers de me les faire vivre plusieurs fois : bêtement mais sûrement. En atteste cette illustration on ne peut plus triviale : je mets plusieurs réveils pour me lever le matin, non pas parce que je ne suis pas capable de me lever, mais afin que les premiers m’indiquent qu’il me reste « peu » de temps avant la fin du monde (sous titre : la sortie du lit) et qui a, bien entendu, l’effet inverse de celui escompté en me rendant encore plus fébrile au réveil effectif puisque j’appréhende depuis des dizaines de minutes (je règle l’espacement des réveils selon mon degré de sadisme du moment)…
J’ai oublié de mentionner la deuxième consigne d’écriture que j’ai eue se résumant en gros à « ne pars pas à droite et à gauche ! » et là je sens que je m’en émancipe donc je redresse la barre… et je reprends.
Eh bien là, ça me faisait à peu près cet effet là : un grand plaisir à lire mêlé à une crainte (toute relative, il ne faut pas exagérer non plus : j’ai quand même une vie accessoirement) d’en voir la fin à un moment ou à un autre.

Pratiquement tout ce que je lisais me parlait, m’interpellait ou m’intéressait. Non pas dans le sens d’une affinité totale (loin de là d’ailleurs !) mais davantage au sens de registres de pensées voisins, par opposition à des manières d’appréhender les choses qui me semblent parfois relever de langues différenciées entre les gens. Par contre, il était davantage question d’attraction plus que d’empathie (dans la mesure où je ne serais absolument pas attirée par moi si je n’étais pas moi justement, j’aurais eu du mal à être attirée par quelqu’un auquel je m’identifie… enfin bref). En gros, j’avais l’impression – fondée ou non ce n’est pas le propos – de lire quelqu’un a qui j’aurais des choses à dire, sans avoir besoin d’ajouter des sous-titres pour être sûre que mes propos ne soient pas déformés ce qui me semble être un luxe énorme (et qu’il ne m’est malheureusement pas possible de m’accorder si souvent).

Pour autant, des points de divergence ou des choses moins reluisantes, il y en avait !
Je sais l’avoir trouvé par moment abusivement rigide et presque borné mais il me semblait que cela relevait davantage du mode de communication utilisé – les commentaires par exemple – qu’autre chose. Le fait d’avoir à répéter des choses aux lecteurs donne abusivement l’impression qu’il est têtu de même que d’insister sur certains éléments a tendance à faire oublier que ce n’est pas pour autant que les événements en question ont effectivement eu une importance énorme…
Il me semblait également parfois très naïf, notamment lorsqu’il semblait trouver que le simple fait pour une pouf’ avec laquelle il conversait de ne pas ponctuer ses phrases de lol pouvait attester de sa crédibilité de partenaire potentielle. De même, j’avais eu le sentiment qu’il portait, malheureusement, son intérêt sur des nanas qui jouaient simplement leur rôle de pouf’ enjouée, un minimum cérébrale (j’ai bien dit un minimum parce que franchement pour certaines… enfin ça en devenait même énervant à lire !). Et je ne dis pas cela par prétention, puisque je ne me dis pas forcément différente de ce que j’incrimine, soyons d’accord… ! Mais en tout cas, ça avait le don de m’insupporter. Pour dire les choses plus simplement – quitte à les dénaturer – j’avais le sentiment qu’il se laissait parfois impressionner par bien peu dès que la nana lui casait deux ou trois trucs pas complètement cons (et si le registre en jetait suffisamment, alors là ! C’était in the pocket). Et là je me disais : « pffff » (réflexion métaphysique récurrente qui va s’avérer être le fil conducteur de mon propos).
J’ai d’ailleurs un exemple très précis : dans un post relatif à Iséa. Cette petite mijaurée – je dis ça compte tenu du dénouement de cette « histoire » qui m’apparaissait ÉVIDENT depuis le début – indique fièrement « trop beaufs ces gens qui matent le Bigdil ! ». Wouhaou ! Ca c’est une prise de risques ! Et de la parole engagée ! Je ne connais aucune personne équilibrée regardant le Bigdil donc à part enfoncer des portes ouvertes, dire ça me semble être d’une banalité…). Qu’Anadema semble considérer ça comme révélateur du fait que cette *bip* ait de l’esprit, alors là ! J’ai à plusieurs reprises eu le même sentiment d’ailleurs : l’impression que la nana ne faisait que se situer sur le bon registre en développant des lieux communs et ça y était : elle était bonne à marier (je sais, j’exagère et c’est volontaire) ! Si en plus sa ma-de-moiseeeeeelle (je reste polie mais dans la vraie vie je dis autre chose) était parvenue à caser « très subtilement » des indications sur son apparence par un « mais je suis trop deg’ je comprends pas pourquoi tout le monde veut coucher avec moi… je ne suis pas qu’une fille de 1m70 pour 48 kg après tout et puis flûte ! [sauf que, comme par hasard, en réalité, les proportions s’inversent et ça donne un 1m48 pour 70kg… Hum ! ] Je ne vois pas le mal à mettre des strings qui sortent du jean ! Ca veut pas dire que je suis dispo’ pour tous les mecs qui m’approchent (…) et ben franchement le féminisme a encore de beaux jours devant lui [j’adore lorsque se mêle dans le lot une analyse sociologique dont la finesse n’a d’égal que la clairvoyance de la *bip* concernée] » alors là, c’était banco !
J’en ai depuis parlé avec lui et j’ai compris des choses mais en tout cas sur le coup ça m’énervait ! On pourrait – partiellement à juste titre – m’indiquer que cela n’était que la manifestation d’une certaine rivalité féminine et de ma jalousie (mal placée oui !) envers toutes celles qui avaient été ses prétendantes sauf que pour une bonne partie d’entre elles, j’avais une certaine sympathie et ne ressentais aucune espèce d’animosité (aussi peu crédible que ce soit, c’est vrai !).

Je crois pouvoir distinguer deux choses : d’une part les affinités intellectuelles que j’ai pu percevoir – justifiées ou non mais ça n’est pas encore le propos – et l’attraction mêlée d’émoustillement d’autre part que provoquait la lecture des histoires parfois croustillantes que je lisais.

J’ai dû imaginer à partir de là l’impression que j’étais exactement sur la même longueur d’ondes et qu’il ne le savait pas, simplement parce qu’il ne me connaissait pas ! La relation duale entre le lecteur et celui dont émanent les écrits aboutit parfois à une impression (unilatérale bien entendu !) de proximité et d’intimité qui se trouve exacerbée par certaines affinités communes (et surtout interprétées comme telles et c’est là le ressort du mécanisme). Je devais simplement être sujette à ce syndrome comme ça a déjà été le cas à la lecture de certains écrits totalement différents du support ici considéré. J’étais sensible aux délires, à certaines phrases tout spécialement (alors que d’autres pouvaient éventuellement me sembler totalement transparentes), à certains points de vue, à cette habileté à manipuler les mots. J’y voyais un très juste équilibre entre sensibilité clairement assumée (la sensibilité en soi n’est pas rare je pense, mais l’assumer, voire la revendiquer l’est un peu moins chez les hommes) et touche suffisante de charme sexué. La conjonction de ces deux choses me le rendait terriblement séduisant. Il peut le nier autant qu’il le souhaite (je ne le crois pas si naïf d’ailleurs, quoique…) mais ses propos (et là j’englobe les commentaires dans lesquels il s’adresse plus directement aux gens) étaient – tels que je les ressentais – teintés d’une légère teneur sexuée juste assez suffisante pour émoustiller très légèrement sans pour autant en devenir trop inscrits dans le registre explicite de la séduction. Je pense d’ailleurs qu’il en joue, plus ou moins consciemment même si c’est totalement gratuit et pas forcément motivé par des considérations « slipales » (pour un lexique des néologismes utilisés, simplement faire un effort d’imagination !). Il a tout à fait raison, et comme je le lui ai déjà indiqué, j’en jouerais bien plus si j’étais à sa place.

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Encore_une_lectrice (7) – L’heure du verdict

Je suis content que Léa ait répondu à mon SMS de bonne année et qu’elle s’y soit montrée si avenante. Envisager l’année comme meilleure sur la simple base de ma manifestation, quelle flatterie ! C’est en début de soirée le lendemain, 1er janvier, que Léa me retrouve sur MSN :

Drôle de voir aujourd’hui que deux ans plus tôt, j’en étais encore à rouspéter contre les commentaires. Finalement, il y a des choses qui ne changent pas ! Comme mon agacement sans cesse renouvelé contre la sottise et la bien-pensance, ou l’omniprésence de commentaires de lecteurs foncièrement allergiques à tout ce qui n’est pas langue de bois. Avec le temps, c’en est même devenu pour moi une piste pour vérifier des affinités intellectuelles, en me permettant d’avoir quelques concepts clés en main à lancer pour tester le niveau de discernement d’une personne et sa capacité à prendre du recul par rapport à elle-même (chose dont est incapable une effrayante majorité de gens) et à appréhender des situations dans leur globalité.

C’est sans doute un des avantages pour moi d’être contacté par une lectrice, car cela suppose qu’elle est un minimum en phase avec moi. Je suis donc ravi que Léa soit tout autant outrée que moi par certains des commentaires du post du moment. Cela dit, il faut peut-être que je prenne en compte la possibilité du syndrôme « groupie » si jamais elle me dit amen à tout et qu’elle force ses affinités avec moi. Si nous n’avons pas encore eu l’occasion d’avoir des conversations sérieuses sur MSN, les mails qu’elle m’avait envoyés sur Meetic ont tout pour me laisser croire que j’ai affaire à une fille intelligente avec laquelle je n’aurai pas besoin de sous-titrer mes paroles.

Après une petite heure passée au téléphone (1er janvier oblige), je retrouve Léa sur MSN et nous reprenons notre conversation. Conversation légère qui ne tourne autour d’aucun sujet en particulier et qui est plutôt faite de petits jeux taquins saupoudrés de traits de séduction.

Elle allume à nouveau sa webcam, ce qui a tôt fait de capter toute mon attention. D’autant plus que je peux compter sur son aptitude à se trémousser et à rendre la vidéo particulièrement vivante. Une petite fenêtre visuelle et je suis transporté… Ah que la webcam est addictive chez nous les hommes ! Comme j’accepte de jouer les médecins pour l’occasion, il prend à Léa le besoin de faire avec moi l’inventaire de ses grains de beauté. On ne rigole pas avec les mélanomes par les temps qui courent. Nos petits jeux érotiques softs nous emmènent ainsi jusqu’à plus de deux heures du matin lorsque nous évoquons la possibilité de nous rencontrer. Nous parlons du vendredi soir (5 janvier), dans quatre jours. Nous nous retrouverions place du Châtelet à 19h00 pour boire un verre ensemble. Elle me dit qu’elle me confirmera par téléphone, ce qui me permettra d’entendre sa voix. Comme j’aime bien ce qui est impérvu et spontané, même s’il est tard (plus de deux heures et demi maintenant), je lui propose de lui passer un coup de fil tout de suite ! Elle accepte, nous laissons MSN en suspens et je l’appelle sur son portable. Je ne sais plus de quoi nous avons parlé ni combien de temps a duré l’appel mais je sais que je l’ai trouvée aussi agréable que sur MSN, que j’ai trouvé sa voix charmante et féminine, que je l’ai sentie un peu intimidée mais sensible à mon humour. Je ne cesse d’être étonné de voir à quel point le temps passe vite sur MSN et qu’on se retrouve en un rien de temps à être resté six heures devant son écran, même si ça a pu être ponctué par d’autres activités. Je m’endors content par tous ces échanges, ce coup de fil et ces apparitions de culotte en webcam.

Nous nous retrouvons sur MSN trois jours plus tard, la veille de notre rencontre et nous tchattons pendant deux heures de manière aussi légère et sympathique que la dernière fois mais… sans webcam. Je lui dis que du coup, puisque je suis frustré, je lui réclamerai mon strip demain et sans webcam. Elle me répond : « et alors ! ça ne me gêne pas. et puis tu dis ça là mais ensuite ce sera courtois ». Oh ! Comme si j’étais du genre à ne pas aller au bout du jeu… Eh bien, nous verrons cela !

Une étudiante de 21 ans jolie et chaude qui apprécie mon blog, ça a franchement tout pour me plaire. Et je suis vraiment séduit à l’idée de la rencontrer, même si je n’ai jamais été très emballé à l’idée de rencontrer des lectrices de manière générale parce que je n’aime pas trop le décalage qu’il y a d’emblée sur ce que nous savons l’un de l’autre et que je méfie du risque d’idéalisation que peut induire la lecture d’un blog.

Vendredi, 18h45. Je suis dans le métro en route pour retrouver Léa. Comme je le fais en général, j’ai pris soin de ranger un minimum chez moi au cas où je me retrouverais à rentrer avec elle. On ne sait jamais. Comme cela m’arrive malheureusement trop souvent, je me rends compte que je vais avoir un peu de retard et je suis contraint d’envoyer un SMS à Léa pour la prévenir :

Franchement, rien de tel qu’un retard pour accentuer encore la pression : rencontrer une inconnue avec tout l’enjeu de séduction qu’il y a autour + se sentir en faute. Aïe… Sans parler du fait que j’ai l’impression de devoir me montrer à la « hauteur » de mon blog et de ne pas la décevoir. Je sors rapidement du métro et je monte les marches deux par deux pour essayer de grapiller quelques secondes sur mon retard. Je jette un oeil autour de moi pour voir si je la reconnais…

La rencontre, le pourquoi et le comment vous seront racontés par… Léa elle-même !

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Encore_une_lectrice (6) – Délibéré

Avant de reprendre le récit, pour retrouver le fil de l’histoire d’« Encore_une_lectrice », je vous propose deux solutions : vous pouvez vous (re)plonger dans les épisodes précédents pour découvrir toute l’histoire. Ou vous pouvez écouter le petit résumé audio (1 min 44 s) que je vous ai concocté spécialement pour l’occasion !

ARCHIVES DES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
  1 – Suspicion
2 – Pièces à conviction 1
3 – Pièces à conviction 2
4 – Interrogatoire
5 – L’arroseuse arrosée

RÉSUMÉ AUDIO DES ÉPISODES PRÉCÉDENTS


Synthèse vocale : Acapela Group – Musique : Steve Jablonsky

Je suis étonné que Léa ne se soit pas un peu énervée et qu’elle n’ait pas eu envie de m’envoyer au diable, malgré ma grossierté. Tomber sur un blaireau qui a menti sur sa fiche pour se choper des filles et qui visiblement ne cherche qu’un plan cul, ce n’est censé séduire personne. Maintenant que j’ai reconnu que je jouais les lourdauds, il me reste à essayer de comprendre pourquoi ça ne lui a pas donné envie de s’enfuir en courant et à lui dire que je suis bel et bien le blogueur qu’elle a essayé de contacter via Meetic, et pas le faussaire pour lequel je me fais passer depuis une heure :

Léa reconnaît être assez déboussolée par tous ces retournements de situation. Malgré tout, elle me dit que je pourrais avoir le droit à mon strip si je lui trouve une preuve irréfutable que je suis bien Anadema. Il se trouve que Léa m’avait écrit sur mon adresse email de blogueur quelques mois plus tôt (j’avais d’ailleurs moi-même mis quelques mois à lui répondre), cela va donc être très facile pour moi de lui prouver qui je suis. Elle me donne la date de l’envoi et l’adresse email, et je pars à la recherche de son mail pour lui en copier-coller quelques extraits et achever de la convaincre.

Du coup, je lui réclame mon strip, ce à quoi elle me répond : « mais dans ce cas juste un prémice puisqu’il va être l’heure (et aussi c’est le seul moyen dont je dispose pour te harponner pour le moment) ». Je suis prévenu : ce sera soft ! Pendant que nous continuons à discuter, elle tire un peu sur son pull et se rapproche de sa webcam pour me montrer un grain de beauté près de l’un de ses seins, ce qu’elle appelle son « arme secrète ». Puis elle me montre sa jolie taille et la façon appétissante avec laquelle son jean lui moule son petit cul cambré. Je me dis quand même que parfois, c’est drôlement bien d’être blogueur et que c’est fichtrement plus simple que d’être un célibataire anonyme sur un site de rencontres, noyé dans la masse, obligé de se débattre parmi des milliers d’autres hommes célibataires pour essayer de convaincre qu’on vaut la peine d’être rencontré…

Elle me donne son numéro de portable et nous nous quittons. Dans moins de cinq heures, c’est la nouvelle année ! Tout content, mon amour-propre et ma libido boostés au maximum, je pars rejoindre mes amis chez lesquels j’ai prévu de passer le réveillon. Voilà une rencontre virtuelle pour le moins inattendue : une jeune lectrice qui a l’air intelligente, charmante et chaude comme la braise, ça a tout pour me plaire. Un peu après minuit, je fais une petite surprise à Léa en lui envoyant un SMS pour lui souhaiter la bonne année :

 
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Le quotidien ordinaire d’une première semaine

Les premiers jours qui suivent une relation naissante sont ceux de la découverte et des échanges timides et balbutiants. On ne sait pas encore deviner l’autre, la période est celle de l’observation.

Annie et moi nous sommes embrassés le vendredi. Le week-end suivant, je ne suis pas disponible et nous ne nous revoyons pas. Le dimanche après-midi, elle m’envoie un SMS pour me proposer d’aller à un concert dans la semaine avec elle : « Coucou! Mercredi j’irais bien au concert d’un groupe que j’aime bien (xxxxxxxxxx) xxxx xxxxxxxxx, ça te dirait de venir? Ils ont un myspace si tu veux écouter! Plein de bisous! ». Moi qui ne suis déjà à la base pas très « concert », aller voir en plus un groupe que je ne connais pas du tout ne m’attire pas beaucoup. Mais je trouve la proposition et l’initiative mignonnes comme tout, du coup je suis un peu embêté. D’un côté, j’ai envie de passer un moment avec elle et de la laisser me faire découvrir des choses que je ne connais pas. D’un autre côté, je ne me sens pas suffisamment d’affinités avec elle pour faire un petit sacrifice et me forcer à faire des choses dont je n’ai pas particulièrement envie à la base. Face à ce dilemme, je lui répondrai demain et je tâcherai d’aller écouter son groupe entre temps.

En rallumant mon téléphone très tard le soir, je reçois un petit SMS d’Annie (image à gauche) en guise de marque d’affection. Voilà une petite attention inattendue et adorable comme tout !

Le lendemain, je fais finalement le choix de ne pas aller au concert. De toute façon, nous avons prévu de passer la soirée de mardi ensemble, ce n’est donc pas comme si je n’avais pas d’autres occasions de la voir. Je lui envoie ma réponse : « J’ai recu ton bisou en pleine nuit,en rallumant mon tél,c’était drolement bien! Alors pr le concert,je ne suis pas hyper chaud pcq je ne connais pas & j’ai ds l’idée kil est +sympa d’aller voir 1groupe k’on connait mieux. Par contre,jsuis allé écouter sur MySp. et j’avoue que ca a l’air pas mal! Bisous. ».

Sa réponse ne se fait pas attendre : « C’est comme ti veux! Je voulais t’inviter, comme ça meme si tu n’aimes pas, tu n’auras rien à regretter! Mais sinon pas de soucis on peut se voir demain soir et faire autre chose! ». Oh là là, en plus elle est gentille et elle voulait m’inviter… Me voilà avec encore plus de remords sur le dos ! Peut-être faut-il que je me laisse convaincre, après tout. Moi qui ne vais jamais voir de concerts, pour une fois ça me changerait et il y a quand même peu de chance pour que je le regrette. J’en reparlerai avec elle demain.

Mardi, elle accepte de venir passer la soirée chez moi plutôt que d’aller boire un verre quelque part. Nous avons prévu de nous regarder « The Fountain » qu’un ami m’a passé en DivX mais que je n’ai pas encore regardé. Elle, elle l’adore et a envie de le revoir avec moi. La soirée est agréable comme tout, ponctuée de bisous chastes, de DivX, de friandises sucrées et de petites caresses softs à travers les vêtements. Par contre, je réalise tardivement qu’elle n’a pas l’intention de rester passer la nuit avec moi. Moi qui y allais softement parce que je croyais avoir tout mon temps, je me suis mis le doigt… dans l’œil.

Le lendemain, puisque je me suis finalement laissé tenter, nous allons ensemble à son concert. C’est pour moi l’occasion de découvrir une des petites salles de Paris, son ambiance et son univers que je ne connais absolument pas. Tampon sur la main à l’entrée (bouaah, je n’ai pas eu ça depuis au moins mes 20 ans pour entrer dans une vieille boîte en province), nous pénétrons dans l’espace confiné. Il n’y a pas encore beaucoup de monde mais le son est déjà particulièrement fort (je regrette de ne pas avoir emmené de boules Quies). La moyenne d’âge est de toute évidence en dessous de trente ans, ce qui me surprend un peu. Tout ça me ramène quand même un peu à l’ambiance des discothèques, qui sont parmi les endroits que je peux haïr le plus. Mais l’ambiance est moins superficielle et il se dégage dans l’air un parfum de passion et de musique auquel je ne reste pas indifférent. Nous nous choisissons un endroit tranquille un peu en arrière où nous avons une vue dégagée sur la scène et où nous pouvons nous faire des bisous sans être dérangés. Si je n’irais pas tous les jours, l’expérience est intéressante et le moment sympathique : découvrir un nouvel endroit avec à son bras une nouvelle demoiselle, l’instant est plaisant. Nous ressortons un peu sourds, nous embrassons une dernière fois et rentrons chacun chez nous.

Vendredi midi, à l’approche du week-end (nous sommes donc le 30 mai, pour ceux qui suivent), je prends les devants pour proposer à Annie de nous voir samedi. Il ne s’agirait pas qu’elle me propose ce soir même, ce qui ne m’arrangerait pas vu que j’ai déjà prévu de rencontrer Célie. Et c’est sans compter sur le fait que je vais improviser dans l’après-midi un rendez-vous en début de soirée avec FemmeMariée. Jouant sur la nature de grande dormeuse d’Annie, je lui envoie un SMS :

Je suppose que c’est la première nuit que nous allons passer ensemble. Donc franchement, je me serais plutôt vu en train de passer la soirée au chaud avec Annie le nez dans sa culotte toute la soirée, plutôt que de l’entrecouper pour aller faire la queue au cinéma. Mais après tout, ça peut être sympa (et c’est un film que j’avais envie de voir), même si je redoute d’aller voir ce genre de film très attendu dès la première semaine d’exploitation, un samedi soir qui plus est. J’envoie un SMS à Annie :

Je me rends compte d’ailleurs que depuis que nous échangeons ensemble, nous avons eu très peu voire aucune allusion coquine. Moi qui suis habituellement friand de petits traits grivois, je suppose que c’est parce que j’ai senti que ce n’était pas nécessaire (pour ne pas dire : pas conseillé). Nos échanges sont à mille lieues de ce qu’ils sont avec FemmeMariée, par exemple, mais je crois que ce n’est tout simplement pas le genre d’Annie. Cela dit, je me trompe peut-être puisqu’elle a l’air d’avoir rebondi et d’être taquine. Et j’ai l’impression que son SMS est là pour me rappeler que les actes valent mieux que les promesses. Peut-être s’est-elle étonnée que je n’aie pas essayé d’aller plus loin avec elle mardi ? Peut-être a-t-elle été déçue que nous n’ayons pas fait l’amour ? Mais c’est sans compter sur le fait que je ne pensais pas qu’elle ne resterait pas…

Afin de rétablir mon honneur et ma virilité, et pour qu’elle n’aille surtout pas s’imaginer que c’est juste parce que je n’ai pas osé, je lui réponds du tac au tac par un SMS décomplexé (image à droite). Mais dommage : elle n’y donne pas suite… ce qui ne lui ressemble pas trop. Je me dis que je l’ai peut-être un peu choquée… Oh là là, pour si peu ?

Samedi en début de matinée puis en début d’après-midi, nous nous retrouvons sur MSN et nous convenons de nous retrouver assez tôt chez moi, vers 16h00. Voilà qui nous laisse une bonne partie de l’après-midi et toute la soirée pour être ensemble, soit un bon paquet de temps. Du coup, cela me fait moins regretter d’aller au cinéma, je trouve même que cela ponctuera agréablement notre soirée. Pour continuer de la tester un peu, je place à un endroit dans le tchat une petite allusion sexuelle qui lui est accessible mais elle fait plus ou moins semblant de ne pas la relever. Je crois en fait que ce n’est pas son genre ou que c’est trop direct pour elle… Dans la suite du tchat, je lui en place une seconde que je censure volontairement pour voir sa réaction :

Alors là, vraiment je suis un peu étonné. « Timide » d’une certaine manière, je veux bien. Mais pas au point de ne pas oser les allusions coquines, ce qui est plutôt de mon goût au contraire ! A l’inverse, je l’ai trouvée un peu timide mais pas non plus outre mesure. Bref, y aurait-il eu un petit quiproquo entre nous deux à ce sujet ?

Annie me retrouve chez moi et nous passons une agréable fin d’après-midi ensemble. Pendant que je lui prépare un cappuccino, je lui fais des petits clins d’œil coquins (ce qui pourrait être quelque chose du genre : « blabla blablabla blabla, puisque je ne t’ai pas encore vue toute nue… ») et je sens bien que cela la met mal à l’aise. Du coup, elle m’avoue en fait que ça la gêne de « parler de ça, alors qu’on ne l’a pas encore fait… ». Non, mais quelle enfant de chœur ! Et moi qui avait pris les signes qu’elle m’envoyait depuis peu comme une invitation à être un peu moins chaste dans mes actes et paroles ! Elle m’avouera d’ailleurs (bien plus tard) que mon SMS qui faisait allusion à ce que je regrettais de ne pas avoir fait mardi l’avait un peu embêtée et lui avait même fait se demander si je ne m’intéressais qu’à ses fesses… On est loin de mes interrogations sur un hypothétique reproche ! Comme quoi, je faisais bien de me laisser porter par l’ambiance soft, j’aurais pris le risque de la choquer. Mademoiselle Annie n’est pas habituée à « en parler avant »… Ah ? Oh ! Du coup, je fais exprès de la taquiner là dessus, ce qui lui recolle son sourire gêné.

Malgré sa prude timidité, elle a eu la bonne idée de venir avec une jolie petite jupe courte, ce qui me ravit particulièrement. Nous voilà allongés sur mon canapé à nous embrasser et à grignoter du chocolat. Comme nous avons toute la soirée devant nous, et que nous projetons en plus d’aller voir un film, je lui impose des règles précises : pas touche aux zones érogènes avant minuit. Je passe mes mains sur tout son corps, en contournant délicatement ses seins sans les toucher, en redescendant sur son ventre jusqu’à la naissance de son pubis, puis en remontant entre ses seins. Tandis que je l’effeuille et que je la chauffe progressivement, je sens son impatience et son envie de transgression grandir à mesure que je lui écarte les jambes et que je lui embrasse l’intérieur des cuisses. Je me délecte du parfum de son humidité mais je ne cède pas à ses caprices quand elle me demande de la déshabiller plus. Tout ça pour qu’Annie commence à se plaindre que je la frustre ! Au début, je prends ses plaintes pour partie de nos petits jeux mais je finis par me rendre compte que non, ça ne l’amuse pas tant que ça. Bouuh la vilaine fille ! Moi, j’aime bien faire durer le plaisir et le désir, en particulier quand on ne se connait pas encore et qu’on a tout à découvrir.

Nous tentons de nous calmer tout doucement à mesure que l’heure du départ pour le ciné se rapproche. Elle m’explique que si elle n’a rien par exemple contre le cunnilingus, ce n’est en revanche pas ce qu’elle aime le plus. Elle préfère de manière générale la pénétration, c’est ce qui lui donne vraiment du plaisir. Ah ben mince ! C’est la première fille que je rencontre qui n’est pas branchée cunni et qui préfère les préliminaires courts ! Je savais que ça existait mais je n’en avais à ma connaissance jamais rencontrée. C’est bête parce que moi, je suis justement très porté sur les préliminaires. Malgré tout, il s’avèrera que ça ne nous empêchera pas de très bien nous entendre au lit.

Frustré moi aussi et obsédé par son entrecuisse et par sa mini-jupe, nous partons au cinéma surexcités tous les deux. « Sex And The City » qu’ils disaient… Dommage, ça ne sera pas un film très chaud. Bigrement consensuel sur le fond, surtout avec un titre pareil et une telle réputation derrière. Ce que les airs lascifs d’Annie collée à moi au cinéma auront tôt fait de combler largement.

Bisous, câlins-bisous ou rien du tout ?

Le lendemain comme prévu, Annie me téléphone en fin d’après-midi et nous convenons de nous retrouver du côté de Saint-Michel à 21h00. Je dois dire que j’aime assez cette vive et spontanée progression des choses : mercredi, je tchatte avec elle. Jeudi, nous déjeunons ensemble. Et vendredi, je l’embrasse ? Je repense à mon « guide pour débutant(e) » écrit en 2005 (un autre temps) où j’y conseille le « bisou » à la seconde rencontre. Epoque où cette vive suggestion était pour moi le fruit de réflexions issues de nombreuses expériences et discussions sur le sujet, devenu une forme de théorie conclusive qui m’apparaît aujourd’hui comme beaucoup plus évidente. Ce qui ne signifie pas que je vais à mon rendez-vous les mains dans les poches : un premier bisou, c’est toujours un peu angoissant, non ? Même si les choses nous apparaissent acquises, elles le semblent toujours beaucoup moins une fois en situation. Et se déclarer, cela m’apparaît toujours comme un plongeon dans une eau froide du haut d’un haut rocher : le vertige me tétanise et noie mes envies sous un flot de pensées contradictoires.

Pendant mon trajet en métro, juste avant de la retrouver, j’envoie un SMS à Annie :

Je me demande si nous allons nous embrasser dès le moment de nous retrouver, en tout cas je l’envisage. Je n’ai plus envie d’attendre le dernier moment (dernier moment ou jamais !) comme j’ai pu le faire il y a quelques années, c’est vraiment trop bête. Je suis arrivé, je sors du métro et aperçois Annie. J’essaie d’être attentif à ce que je peux deviner chez elle au moment où je la retrouve mais je sens que c’est simplement une bise qu’elle attend. OK… plus tard, alors ! Elle me propose d’aller au Paradis du Fruit, et nous nous installons confortablement à une petite table près de la terrasse où nous sommes tranquilles. La nuit tombe, la fin du mois de mai est chaude et nous sommes biens. Nous discutons de choses et d’autres pendant que nous goûtons mutuellement nos cocktails. Je la trouve toujours aussi souriante et spontanée. Elle a un côté ingénu qui la rend attendrissante et craquante.

Une heure ou deux passent, lorsque je lui propose d’aller nous balader le long de la Seine pour profiter de la douceur printanière. Nous nous levons et partons marcher. Ca me laisse l’occasion de reluquer avec plus d’aisance sa silhouette et ses jolies fesses. Elle me raconte sa vie, ses déboires familiaux (c’est fou d’ailleurs à quel point nous avons tous très souvent des climats familiaux préoccupants), ses péripéties de provinciale exilée à Paris, et j’écoute tout ça avec mon insatiable curiosité. Je finis par jouer le jeu de l’horrifié qui n’attend qu’une chose : fuir par la première bouche de métro venue. Elle fait semblant d’être vexée et j’en profite pour me rapprocher d’elle pour la réconforter. Je lui lâche la taille et nous nous prenons par la main. C’est un peu plus loin que nous nous arrêtons pour nous embrasser. Sa timidité lui colle un sourire gêné.

Il est un peu plus de minuit lorsque nous rejoignons la station de métro Châtelet. Je lui demande si elle veut venir terminer la soirée chez moi. Elle hésite… et finalement me dit qu’elle va rentrer chez elle. Dommage ! Je me conforme à son choix et n’insiste pas. Nous nous embrassons une dernière fois et nous séparons. Les premiers bisous, c’est euphorisant. Je lui envoie un petit SMS (image à droite) pendant que j’attends mon métro. Toujours le dilemme féminin : faut-il coucher ou pas le premier soir ? Tiraillées entre le désir naturel d’un côté et les morales culturelles (serais-je une salope ?) et l’envie de se faire désirer de l’autre, les femmes hésitent. Je ne suis pas à quelques jours près, de toute manière. Se découvrir progressivement, ça fait partie du jeu et ça participe au plaisir.

Je suis encore dans le métro lorsqu’un peu plus tard, je reçois un SMS d’Annie (image à gauche) qui m’annonce qu’elle est arrivée chez elle. Nous avons eu le temps pendant la soirée de rediscuter du petit épisode d’Hiroshima. Sans lui dire que ça m’avait choqué, je lui ai expliqué où je voulais en venir (si j’avais su que ça ferait autant débat sur ce blog, j’aurais retenu ce qu’elle m’en a dit !). Je n’aurai donc pas l’occasion de voir ce soir l’étendue des dégâts chez elle, ce pour quoi je me serais volontiers porté volontaire.

Je suis vraiment ravi de cette rencontre qui s’est admirablement bien passée. Pour une première depuis des années (2005, tout de même !), cela me redonnerait presque une foi aveugle dans les sites de rencontres. « Presque », heureusement.

Trop d’attente sur le panneau d’affichage lumineux. Je sors du métro pour terminer à pieds. Il fait encore chaud et une petite promenade me permettra de me laisser immergé un peu dans le doux enthousiasme que m’a laissé notre baiser. Je reçois un nouveau SMS d’Annie :

Quand même, j’aurais bien aimé qu’elle rentre avec moi. Nous aurions même pu dormir ensemble sans forcément faire l’amour. Ca peut être très amusant. Je ne le lui ai pas proposé, je n’avais pas envie d’être insistant là dessus, cela m’aurait paru lourd. Et puis, c’est une grande fille : c’est à elle de savoir ce qu’elle veut. Je rentre chez moi et pose mes affaires. J’allume une lumière tamisée et m’étends sur mon canapé. Je prends mon téléphone et envoie un SMS à Annie pour lui dire que je suis rentré :

Quelle délicate attention qui, si elle est virtuelle, n’en est pas moins délicieuse. Je lui réponds dans la foulée :

Histoire de bombasse et de bombe A (pour les cons)

Anadema, toujours prompt à la générosité, vous propose aujourd’hui un post spécial. Parce qu’il n’y a aucune raison pour que la partie la moins favorisée intellectuellement de son lectorat n’ait pas accès elle aussi à ses textes et à leur compréhension, et afin de lutter contre ce qui est une forme injuste de discrimination naturelle, Anadema, dans sa bienveillante condescendance, a souhaité offrir à ses lecteurs une seconde version – plus abordable – du post Histoire de bombasse et de bombe A, expurgée de concepts trop subtils et de discours trop directs. Anadema souhaite également s’excuser auprès de tous ceux qui se sont sentis comme les exclus du débat parce qu’ils n’avaient pas les outils de la compréhension. Et il espère que cette version accessible à tous sera digne de leur acuité.

Afin de faciliter encore la lecture, les mots présentant un astérisque ont une définition en bas de post et des repères-clés disséminés dans le texte permettent de reconnaître les concepts importants.

Annie et moi, on est content parce qu’on s’est dit ce qu’on pense de notre rencontre et c’est clair qu’il y a moyen avec elle. Alors on ne parle plus de quand on va se revoir, et on se met à se dire sur MSN tout ce qu’on aime comme musique et comme film. Lol ! Et on se dit plein de noms de groupes et de titres de films (et elle m’envoie presque dix MP3s !). Ca fait genre une heure qu’on tchatte comme ça et au moment où il est minuit, en fait je vois que je peux entrer sur AdopteUnMec. Ils abusent parce qu’il y avait marqué quarante minutes d’attente alors que j’ai attendu carrément plus ! Donc quand même, là je le dis à Annie sur MSN :

Du coup, je me dis qu’il faut aller voir sur AdopteUnMec parce que si elle me dit ça, c’est qu’il doit sûrement y avoir une raison. Eh bien oui, il y en avait bien une : Annie en fait me parlait sur le tchat d’AdopteUnMec et je ne l’avais pas vu lol !

Bon c’est vrai qu’on s’est pas mal moqué des wesh qui parlent comme aç et je faisais genre je suis vénère. Et ce n’est jamais bien de se moquer des autres. Surtout que s’ils parlent comme ça, c’est parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir des études, que leur famille était trop pauvre ou qu’ils ont habité dans des quartiers défavorisés*. Donc s’ils ne savent pas bien écrire, on ne peut pas leur en vouloir, peut-être que eux, ils auraient aimé être bons à l’école. Donc oui c’est vrai, on s’est moqué. Mais une fois de temps en temps ça ne fait pas de mal, et là ça nous a fait bien délirer. Ca défoule et puis c’est pour de faux. (> fiche philo n°1 : peux-t-on rire de tout ?). Et aussi, c’est histoire on se détend tous les deux car je rappelle qu’on est content car on s’est dit qu’on se plaisait juste avant. Entre nous, c’est juste du badinage*. Et bref, là dans tout ça, on est encore en train de tchater sur MSN en même temps qu’on tchate sur AdopteUnMec. On parle sur deux tchats différents et on a des tons différents vu qu’on fait les faux relous sur AdopteUnMec mais qu’on reste nous-mêmes sur MSN en étant normal. Et donc on se dit ça :

Alors en fait, quand j’ai dit en « 1940 ou en 1950 », je voulais m’amuser à lui dire que peut-être la bombe n’avait pas encore explosé chez elle (bon y’avait pas de bombe mais vous comprenez le truc !) et que donc ce n’était pas si grave lol. Je croyais pas qu’elle comprendrait pas. Mais c’est vrai qu’il était tard et tout, et après une journée de boulot, on n’a pas toujours envie de se prendre la tête et de devoir réfléchir à des trucs. Mais c’est vrai qu’avec l’impression que j’ai eu en la voyant le midi, j’ai remarqué qu’en fait elle doit être souvent hyper prise par son travail dans sa tête parce que ça n’a pas l’air d’être trop le genre à se prendre la tête avec tout un tas de pensées. Alors là avec Hiroshima, je vous dis pas ce que j’ai pensé !! Et vraiment ce n’est pas bien de penser des choses pareilles parce qu’on est tous différents et que ce n’est pas bien de juger les autres sur le physique ou sur le cerveau. (> fiche philo n°2 : y a-t-il des différences intellectuelles entre les gens ?). Et puis, même si c’est pas Einstein (et tant mieux, je veux pas d’une meuf avec une moustache mdr !!!!), elle est quand même hyper sympa et ce n’est pas de sa faute si elle n’a pas fait des masses d’études. (> fiche philo n°3 : y a-t-il une part d’inné dans l’intelligence ?).

Après faut être honnête, c’est vrai que dans un couple, faut quand même être un mimimum sur la même longueur d’ondes et être sur les mêmes délires et tout ça. Genre avoir un peu le même humour ou la même façon de voir la vie, ou même triper sur les mêmes trucs en général. Comme ça, ça permet de partager plein de choses, c’est vachement plus sympa (> fiche philo n°4 : L’amour est-il aveugle ?). Donc parce que là, je vois bien le genre de filles que c’est quand même, j’en ai rencontré pas mal des comme ça et en fait elle est hyper cool c’est pas trop le problème mais j’aime bien moi genre me taper des discut’ sympas avec ma p’tite meuf de temps en temps, et là je sais pas trop mais je le sens pas. (> fiche philo n°5 : Qu’est-ce que l’expérience ?). Alors c’est sûr, je vais pas me marier demain mais bon, même si ça dure pas des masses, ce serait cool que je la sente mieux que ça. Sinon je vais trop me faire iéch.

M’enfin bref, je viens juste de la rencontrer et tout, donc j’ai le temps de voir comment se présente l’affaire. Parce qu’elle est bien charmante et tout, et si je suis pas des masses convaincu par sa tête de linotte*, j’ai grave envie de la voir en culotte ! (> fiche philo n°6 : Le désir est-il coupable ?).

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Les mots les plus difficiles :

– Badinage : action de plaisanter avec enjouement* et légèreté.
– Défavorisé : privé d’un avantage, déshérité, pauvre.
– Ecervelé : qui est sans cervelle, sans jugement.
– Enjouement : disposition à la bonne humeur, à une gaieté aimable et souriante.
– Etourdiment : à la manière d’un étourdi, sans réflexion.
– Tête de linotte : personne écervelée*, agissant étourdiment* et à la légère.

© Le Petit Robert 2001

Histoire de bombasse et de bombe A

Pris dans l’enthousiasme de notre envie réciproque de nous revoir, notre conversation sur MSN devient légère et vire au zapping sommaire de nos goûts en musique et cinéma (elle m’envoie même une petite dizaine de MP3s). Du coup, Annie et moi ne parlons même plus ni de notre rencontre ni de notre prochain rendez-vous : les actes valent désormais mieux que les paroles. Au bout d’une heure, à minuit précisément, les portes s’ouvrent pour moi sur AdopteUnMec. C’est bien plus que les quarante minutes d’attente initialement annoncées. Il semble que ce ne soit plus les heures de pointe et que je sois désormais autorisé à me connecter. J’en profite pour l’annoncer à Annie :

Hein ? Je retourne voir ma page sur AdopteUnMec et je me rends compte qu’Annie est en train de m’y parler sur le tchat :

Je dois reconnaître qu’elle a de la répartie et qu’elle est sacrément douée ! Pendant que nous avons ce sympathique échange sur AdopteUnMec, nous poursuivons en parallèle notre conversation sur MSN :

Je dois avouer que cette histoire d’Hiroshima m’a assez choqué (en plus de me confirmer ce que j’avais tendance à craindre). Parce que ce n’était pas une manière pour moi d’essayer de la mettre en boîte : je voulais juste faire un trait d’esprit amusant en réponse au sien. Et je me souviens même avoir voulu écrire « en 1944 ou en 1945 ?! » et m’être dit, déjà, qu’elle risquait de prendre ça pour un piège, au cas où elle confondrait avec la date du débarquement… Du coup, mes dates rondes simplifiées 1940 et 1950 me paraissaient ne plus laisser de confusion possible, tant il me semblait que tout le monde savait situer le bombardement d’Hiroshima pendant la seconde guerre mondiale. Et même sans en connaître la date exacte, avec un peu de réflexion, il n’était pas bien difficile de voir où je voulais en venir. La conséquence de tout ça, c’est que ça m’oblige à adapter mon discours (cf. « Nagasaki ») et que ce n’est pas franchement stimulant.

Il est important de faire la distinction entre ce qui tient de l’érudition et ce qui tient de la culture générale basique. Parce qu’en deçà d’une certaine base, c’est la discussion elle-même qui est simplement impossible. Les lacunes et le manque de réflexion interdisent les conversations fines. Et le fait que je me sois retrouvé à hésiter sur le choix des dates sur MSN en dit long sur ce que je perçois déjà à travers elle.

Bien sûr, elle n’en est pas moins charmante et gentille. A défaut d’une pénétration d’esprit, peut-être est-ce par la pénétration de corps qu’Annie m’illuminera par son éloquence.

(à suivre)

Interdit d’Annie ?

Je reste assez épaté par la rapidité de cette rencontre que j’ai pu faire grâce à AdopteUnMec, lequel a initié la première de mes rencontres hors Meetic de ce type. Et gratuitement, qui plus est ! Voilà qui me fait revoir les préjugés que j’avais sur les sites gratuits que j’imaginais laids et inefficaces.

L’après-midi se passe et je repense à mon dejeuner en compagnie d’Annie. Moi qui m’étais imaginé qu’elle n’oserait pas montrer le bout de son nez avant des semaines lorsqu’elle m’avait avoué qu’elle n’avait jamais fait de rencontres par le biais d’Internet et qu’elle était plutôt frileuse à l’idée de rencontrer quelqu’un en vrai trop rapidement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me propose de nous voir le lendemain même, après un seul échange ! Quelles impressions m’a laissé cette rencontre ? Pour ce qui est des choses positives, je l’ai trouvée charmante et naturelle. Elle a de jolis cheveux blonds et fins, un sourire et un regard juvéniles, elle est plutôt mince comme j’aime. Son enthousiasme et sa spontanéité dégagent une certaine fraîcheur de vivre. Je n’ai pas véritablement de choses négatives à dire sur elle si ce n’est que je l’ai peut-être un peu surestimée intellectuellement en raison de sa qualité d’écriture. Peut-être qu’à force de voir des mots de quasi-illettrés sur les sites de rencontres, la moindre phrase ponctuée et accentuée m’apparaît comme un coup de génie ? Tout de même, elle est vraiment loin d’être bête : disons simplement que c’est une fille à l’intelligence ordinaire. Celle de monsieur et madame tout le monde, celle de la majorité. Alors forcément, ça risque de limiter un peu nos conversations. Mais cela me plairait quand même bien de la revoir : je l’ai trouvée vraiment gentille, sensible et délicate, elle dégage une sensualité féminine et un côté sucré qui me plaisent et qui éveillent mon désir.

Difficile en revanche pour moi de savoir ce qu’Annie, de son côté, a pensé de notre rencontre. Elle et moi ne nous sommes pas envoyé de SMS dans l’après-midi qui a suivi notre déjeuner ensemble, donc aucun moyen de ce côté d’avoir des indices. Le moment de vérité, ce sera donc quand nous nous recroiserons sur Internet. Je ne sais plus exactement si je lui ai envoyé ou pas un SMS en début de soirée pour lui dire que j’espérais la recroiser sur le site (je n’ai pas tout sauvegardé), mais elle m’a envoyé un SMS vers 22h00 pour me dire : « Je me connecterai vers 23h je pense :-) Tu seras encore là? ».

Lorsque je rentre chez moi le soir (assez tard), je tente de me connecter sur AdopteUnMec pour voir si Annie est en ligne. Mais impossible d’accéder à mon espace : je me retrouve bloqué à l’entrée avec quarante minutes d’attente annoncées ! Quoi ?! Quarante minutes ??!! Mais qu’est-ce que c’est que ça ???!!! Evidemment, j’ignorais tout à ce moment là de la restriction d’accès qu’impose AdopteUnMec sur certaines plages horaires afin d’empêcher un trop grand déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes connectés. Plutôt que d’accueillir un nombre bien trop excessif d’hommes qui n’auraient plus que peu de chances de se retrouver ajoutés dans le panier d’une demoiselle, le site de rencontres préfère barrer les hommes à l’entrée et les inviter à patienter. Si l’intention est louable, cela n’arrange franchement pas mes affaires : je comptais sur AdopteUnMec pour retrouver Annie sur le net et discuter à chaud de notre rencontre. Car je ne risque pas de la voir sur MSN, vu qu’elle m’a dit qu’elle ne se connectait « pas souvent ». Bref, cela m’embête pas mal : je ne voudrais pas qu’elle croit que je fais exprès de ne pas me connecter sur AdopteUnMec pour l’éviter, alors que c’est tout le contraire. Et je ne voudrais pas voir repoussé trop loin notre nouvel échange, au risque que l’enthousiasme de la rencontre retombe comme un soufflé, et que l’on reparte à zéro.

Je lui envoie un petit SMS pour la prévenir que je suis interdit d’AdopteUnMec, je n’ai plus qu’à attendre sa réponse. Je me connecte également sur MSN mais je n’ai pas d’alerte comme quoi quelqu’un m’a ajouté. Peut-être a-t-elle oublié de copier mon adresse sur le tchat d’hier ? Je tente tout de même d’ajouter l’adresse Hotmail qu’elle fait figurer sur son blog dont elle m’a donné l’adresse. Moins d’une minute plus tard, Annie apparaît sur MSN ! Ah ! Et elle m’envoie un message :

AdopteUnMec qui ne fonctionne pas, l’adresse MSN erronée… On n’était pas loin de jouer de malchance ! Maintenant que ces détails techniques sont réglés, passons aux choses sérieuses et voyons ce qu’elle a pu penser de notre rencontre et si surtout elle a envie que l’on se revoie :

Elle plaisante en me disant que si elle avait rempli la partie sexo, elle n’aurait eu que des charmes de gros pervers, ce à quoi je lui réponds que j’en suis peut-être un (mais pas gros, au moins !). Annie me raconte qu’il y a des mecs qui mettent des photos de – je cite – « ce qui leur sert de cerveau ». Il semble que la modération du site soit perfectible pour laisser des hommes réussir à afficher le contenu de leur caleçon ! Notre conversation part ensuite sur le cinéma et ses goûts. Elle m’envoie des liens vers des images de son film qu’elle trouve longuet mais splendide. Elle m’envoie aussi quelques morceaux de musique de groupes qui lui plaisent (et que je ne connais pas). La conversation est légère et agréable comme ça pendant une heure.

(à suivre)

Des sushis avec Annie

Notre conversation se termine à 23h00 pile, lorsqu’Annie part se coucher. On ne peut vraiment pas dire que ce soit une couche-tard ! Certes, si elle doit se lever très tôt le lendemain matin, c’est assez compréhensible. Mais du coup, émoustillé et pas prêt, moi, à aller me coucher (tout seul), je n’ai pas envie plus que ça d’en rester là. Conjuguant ma curiosité naturelle, ma propension à fouiner, et mes talents d’internaute averti, me voici parti sur Google à la recherche d’indiscrétions sur elle. Je vais la googler. Au cas où…

On n’imagine pas à quel point, grâce à Google, il est possible de trouver tout un tas d’informations sur quelqu’un avec vraiment peu d’éléments de départ. Mode d’emploi pour googler, donc : le pseudo sur AdopteUnMec d’Annie est celui qu’elle reprend dans l’adresse de son blog. Je peux en déduire que c’est un pseudo attitré. Sur son blog, elle indique son adresse MSN qui ressemble, elle, à un autre pseudo. Me voilà avec deux pseudos sur lesquels commencer mes recherches. Je teste avec les pseudos seuls, l’adresse email complète, avec ou sans son prénom puis avec des combinaisons de tout ça. Je tombe sur plusieurs profils sur divers forums qui de toute évidence lui correspondent. Je parcours les messages qu’elle a écrit et je trouve des informations, notamment sur ses passions, sa perception des choses et quelques unes de ses occupations égrenées ici et là au cours des six ou sept dernières années (eh oui, l’activité d’Internet, ça commence à remonter à loin !). De fil en aiguille, en trouvant de nouveaux mots-clés et de nouveaux liens, je finis par tomber sur deux choses un peu plus intéressantes : un skyblog abandonné qu’elle écrivait quand elle avait 19 ans, consacré à un groupe de musique qu’elle apprécie (ou appréciait) et un vieux journal intime qui remonte à l’année où j’ai commencé mon blog ! En 2003, elle avait… 18 ans. Aucun doute possible sur l’identité de leur auteur : il y a des photos sur le skyblog, et des détails extrêmement précis sur la page du journal intime.

Pour qui ne serait pas très familier d’Internet et pas très à l’aise avec l’outil informatique en général, tout ça pourrait ressembler à une enquête de police geek et pathologique. En réalité, c’est vraiment très simple. Et copier-coller une suite de mots-clés dans Google, ce n’est l’affaire que de quelques secondes, pour un résultat souvent fructueux. Pour un internaute expérimenté, ce genre de recherches tient même du réflexe pour ne pas dire du bon sens. Car il s’agit surtout de savoir lancer des recherches judicieuses et de savoir repérer les résultats pertinents. Faites donc attention à ce que vous laissez traîner sur vous sur Internet !

Sur le skyblog de mademoiselle Annie, je trouve quelques photos d’elle lorsqu’elle était encore teenager (elle me semble d’ailleurs un peu plus ordinaire que sur ses photos d’AdopteUnMec (quoique ça dépende des photos)) ainsi que des petits bouts de textes sur sa passion pour son groupe de musique. A défaut d’y trouver une grande littérature, son blog n’est heureusement pas dans l’inénarrable style « skyblog »… Ouf ! Sur son autre site, son journal intime, s’il y a très peu d’articles, c’est beaucoup plus intime et mignon : elle y parle de ses différentes histoires de coeur dans un ton juvénile. Je ne saurais ne pas vous en faire profiter avec quelques petits extraits (où je n’y ai changé que les prénoms) :

Ponctuation et orthographe d’origine. On peut donc dire qu’elle écrit de manière soignée. Ce genre d’enthousiasme subit pour des petites histoires de coeur, cela m’a rappelé quand j’avais cet âge. Moi aussi, je m’emballais à l’excès pour des histoires de filles. Et des petits détails sur le registre de l’affectif étaient à même de remplir de couleur ma journée entière si ce n’est ma semaine. Moi-même d’ailleurs, j’essayais de tenir un journal intime papier (Internet n’existait pas vraiment encore) et ce que j’y écrivais y était dans le même ton adolescent un peu futile. A cet âge, les premières émotions amoureuses révolutionnent la vie, la remplisse d’optimisme et de jovialité, tout y est vécu de manière profonde et intense. Une éternité que je n’ai pas été transporté comme ça.

Un dernier petit extrait dans le plus pur style ado :

Ahah ! Elle n’imagine certainement pas une seconde que je suis tombé sur ce journal. Peut-être même qu’elle en a vaguement oublié l’existence. Je me garderai bien en tout cas d’y faire allusion demain au déjeuner, je ne voudrais pas la mettre mal à l’aise (voire qu’elle croit que je suis un psychopathe qui l’a traquée sur le net…).

C’est à 12h15 précisément (jeudi 22 mai 2008) près d’une station de métro que nous avons rendez-vous ensemble. Pour une fois, je ne suis pas en retard. Mais cela fait longtemps que je n’ai pas fait de rencontres comme ça et je suis tout de même un peu nerveux. D’ailleurs, c’est une inquiétude concernée essentiellement par le physique. Le blabla et la séduction, au fond, c’est peu de choses. Beaucoup se joue sur le premier regard et les premières impressions. Ce n’est pas de ne pas savoir quoi lui dire qui m’inquiète mais plutôt la possibilité de ne pas lui plaire ou de la décevoir physiquement. Parce que dans le regard de l’autre, c’est notre estime de soi qui est remise en jeu. Je monte les marches et sors de ma station de métro. Je jette un oeil autour de moi pour voir si je l’aperçois. Je crois qu’elle est arrivée quelques minutes plus tard, retardée par son travail. Je l’ai reconnue facilement. Nous nous faisons la bise et partons en quête d’un restaurant. Je la trouve quand même un peu moins bien que sur ses photos d’AdopteUnMec mais elle est tout aussi souriante et spontanée. C’est une fille féminine et naturelle comme je me l’étais imaginé. Comme nous sommes à côté de son lieu de travail, elle connaît bien les environs et me propose un restaurant japonais pas trop éloigné.

C’est l’heure du déjeuner et le restaurant est assez rempli. Comme cela arrive souvent, la place que l’on nous propose par défaut est quasi collée à une autre table où deux jeunes femmes sont en train de manger. Détestant ce genre de promiscuité imposée, je demande s’il n’y a pas une table un peu plus isolée et on nous en propose finalement une de quatre sans personne autour. Ouf, c’est beaucoup mieux ! Bonjour l’intimité si lorsque je parle, ma voisine de droite est plus près de moi qu’Annie elle-même ! Et drôlement embarrassant si dès que nous parlons d’AdopteUnMec et de notre rencontre, nous récoltons deux spectatrices des tenants et des aboutissants.

Tandis que nous croquons nos pièces japonaises, nous parlons de diverses choses : sites de rencontres, passions, travail. Annie est aussi gentille que l’impression que j’en avais eu sur le tchat. Souriante et naturelle. Elle m’avoue être timide et être un peu troublée (par la situation de notre rencontre). Comme j’aime l’implication et les confidences, je trouve cela mignon comme tout. Je trouve qu’elle fait très jeune. Physiquement d’abord et mentalement ensuite. Si dans le premier cas c’est plutôt bien, dans le second ça me gêne un peu plus. Malgré ses 23 ans, elle a un côté un peu insouciant et naïf. Je ne la sens pas non plus particulièrement cérébrale. Bref, il n’est pas impossible que je me sois un peu laissé abuser par son écriture fine et correcte. L’habit ne fait pas le moine (ni la syntaxe l’académicien). Mais je n’en suis pas moins content de ma rencontre : je trouve à Annie un côté glamour et spontané qui lui donne du charme et qui me plaît. Ce n’est certainement pas la femme de ma vie, mais peut-être une jolie rencontre légère et éphémère ? En tout cas, je ne serais pas contre.

Après une petite heure passée ensemble, nous nous levons de table et payons chacun notre part. Nous sortons dans la rue et faisons une partie de notre chemin ensemble. Elle ne peut pas rester plus longtemps car elle reprend son travail tout de suite. Nous n’avons pas parlé de notre rencontre et je ne sais pas trop ce qu’elle a pu en penser de son côté, si je lui ai plu ou pas. Nous nous faisons la bise et nous saluons. Peut-être que j’ai plaisanté sur un « à plus tard, peut-être… » en jouant les malotrus en puissance. Elle m’a fait un dernier sourire qui m’a un peu donné le sentiment que nous nous reverrions et nous nous sommes quittés.